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- Critique de THE CHEF – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film THE CHEF . THE CHEF ❤️❤️❤️❤️ Premier coup de cœur de l’année avec ce film Britannique aussi surprenant que mémorable. Après les grosses déceptions qu’ont été les adaptations de EN ATTENDANT BOJENGLES et ADIEU MONSIEUR HAFFMANN et deux bons films de grands réalisateurs, mais un poil en dessous de ce à quoi ils m’avaient habitué : LICORICE PIZZA et NIGHTMARE ALLEY (que je vous invite tout de même vivement à découvrir), voici ma première baffe de l’année. THE CHEF brille bien sûr par sa forme : un plan séquence admirablement maitrisé. Mais attention, je ne parle pas d’un plan séquence où les cuts sont camouflés comme dans 1917 (ce qui ne retire en rien que ce dernier soit un chef d’œuvre, et vu l’ampleur du projet, il ne pouvait en être autrement). On a affaire ici à un VRAI plan séquence, comme dans le thriller allemand VICTORIA (Vous n’avez pas vu VICTORIA ? Foncez découvrir cette petite pépite !!!). Le film a été fait d’une traite : deux jours de tournages avec et seulement quatre captations pour nous offrir quelque chose d’aussi rare que délicieux. Une vraie prouesse technique, qui a du demandé une préparation dantesque et où tout doit être millimétré et rien ne dois être laissé au hasard. D’autant plus que le plan séquence, n’est là pas juste pour dire « Tu as vu comment je suis doué ? », mais apporte vraiment quelque chose au film. On y suit une soirée dans un restaurant huppé, et en faisant virevolter sa caméra entre les différents protagonistes de l’histoire met le spectateur en immersion totale dans les coulisses d’un restaurant. Et surtout, ça apporte une tension folle, lui donnant souvent des airs de thriller. Car oui, la soirée que notre chef et son équipe vont vivre est assez cauchemardesque. Alors oui, peut-être trop même pour être totalement crédible, mais comme le fait que les plats présentés n’ont pas forcément l’air sortis d’un établissement de ce standing, en tant que spectateur, on s’en fiche car le spectacle proposé est lui un vrai régal. Mais, le succès du film ne serait pas total sans la prestation globale du casting assez folle. Car oui, quand tu t’engages dans un plan séquence de cette dimension, la moindre erreur peu plomber l’œuvre. Mais les acteurs sont vraiment au diapason et d’une justesse remarquable, tout en livrant une débauche d’énergie et quelques moments d’une grande intensité dramatique. Et même si notre Chef est interprété par un Stephen Graham impressionnant, celle qui à mon sens crève l’écran est son adjointe, jouée par une Vinette Robinson qui nous livre surement les passages les plus marquants de cette expérience. Car oui, THE CHEF, c’est vraiment une expérience cinématographique rare, qui perdra énormément de sa saveur sur une TV, comme tout film immersif. On en ressort vidé, comme si nous même avions participé à cette soirée un peu folle. Et quand tu penses que le Britannique Philip Barantini nous livre ici son premier film, ça laisse assez admiratif et curieux de voir ses prochaines réalisations. Partager
- Critique de THE FRENCH DISPATCH – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film THE FRENCH DISPATCH . THE FRENCH DISPATCH ❤️❤️❤️ THE FRENCH DISPATCH est le nouveau film de Wes Anderson, un réalisateur à l’univers reconnaissable au premier regard et si particulier. Les fans, dont je fais partie, retrouveront ce qu’ils aiment chez lui. La mise en scène stylisée et ultra léchée, avec des plans magnifiques, pensés dans le moindre détail. On retrouve son obsession pour la symétrie, le côté rétro avec les costumes, les décors, et des couleurs pastelles (même si ici une grande partie est en noir et blanc). On a le droit à ces personnages désaxés et maladroits Et puis il y a cet humour, avec son côté décalé, burlesque, très cartoon (voir bande dessinée avec ces nombreux plans fixes), jusque dans les décors avec leur côté « carton-pâte ». Visuellement c’est somptueux, bourré d’idées et il se dégage cette ambiance si particulière au réalisateur qui fonctionne toujours. Le film est divisé en trois parties indépendantes, et comme c’est souvent le cas avec les films à sketches, ils sont inégaux. Mais surtout, le fait de ne pas avoir le temps de développer ses personnages et ses enjeux (c’est pourtant souvent une des qualités du cinéma de Wes Anderson), et bien le film perd énormément en émotion et en profondeur. Pire, cette succession de sketches, fait que l’on n’est moins emporté par l’histoire, et je dois avouer, que malgré les qualités de l’œuvre, j’ai parfois trouvé le temps long (ironique, quand on sait que le réalisateur à choisit comme lieu à son histoire la ville fictive d’Ennui-sur-blasé…) On a le droit à un casting fou avec une trentaine d’acteurs et actrices issus du gratin hollywoodien et français. C’est simple, je n’ai pas souvenir d’avoir déjà vu un casting aussi impressionnant. Mais là aussi, le souci est qu’à cumuler ses personnages, il ne prend pas le temps de les approfondir, certains faisant juste de la figuration. Et là encore l’émotion que les personnages dégagent en pâtit. Le film arrive tout de même à offrir quelques beaux moments, comme ce segment avec Benicio Del Toro et Léa Seydoux qui est certainement la meilleure partie du film. Bref, Est-ce que c’est un bon film : OUI, visuellement très riche, plein d’inventivité, d’énergie et d’humour… Est-ce que j’ai été déçu : OUI, car c’est à mon sens une œuvre mineure du réalisateur qui nous a souvent habitué à de Grands films. Partager
- Critique de EN CORPS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film EN CORPS . EN CORPS ❤️❤️❤️❤️ Décidément Klapisch n'a pas son pareil pour ce qui est de filmer les relations humaines. Après une ouverture somptueuse, qui nous plonge au coeur des coulisses d'un ballet, il va faire passer son film du drame à un véritable feelgood movie. Toute sa troupe d'acteurs est dirigée à la perfection et on y croit. On a l'impression d'être une petite souris qui partage ces moments avec des personnages dont l'osmose semble tellement naturel. Tu sens que tout le monde prend plaisir et joue avec sincérité et ils transmettent ça au spectateur qui ressort de la salle le sourire au lèvres. Car oui, cette histoire de résilience et de persévérance est traversée par une vague de positivisme. Et c'est souvent drôle, certaines scènes sont même hilarantes (de ce côté là Marmaï et Civil nous régalent). Klapisch nous livre un sublime hymne à la danse, qui est au centre de son film, et prouve qu'il en a encore sous le capot. Partager
- Voici mes films préférés de l'année 2025
Découvrez notre critique détaillée du film TOP FILMS 2025 . Voici mes films préférés de l'année 2025 TOP FILMS 2025 Voici mes films préférés de l'année 2025 Chaque année, le cinéma reste pour moi bien plus qu’un simple loisir. Et malgré la crise du box-office, ma fréquentation, elle, n’aura pas faibli. Si les grosses productions semblent lasser le public et décevoir, cette situation a aussi permis de laisser davantage de place à des films plus modestes et souvent plus audacieux. Cette année aura été particulièrement riche en propositions singulières, en récits intimes, politiques ou sensoriels, portés par des cinéastes qui continuent de croire que le grand écran est avant tout un vecteur d’émotion. Voici donc mon Top 10 , ces films qui m’ont le plus touché et qui me donnent envie, encore un peu plus, de partager mes coups de cœur pour que cet art ne disparaisse jamais. 10 - THE UGLY STEPSISTER Tout le monde connaît le conte de Cendrillon. Ce film fait le pari improbable de raconter l’histoire du point de vue de l’une des « vilaines » belles-sœurs. Une petite perle qui mêle satire sociale et body horror. Un choix radical, mais finalement bien plus proche du conte originel que de la version Disney. Le film reste malin, sans jamais trahir le message féministe qu’il véhicule. Il marque aussi par sa mise en scène audacieuse, riche en plans mémorables, et par la révélation Lea Myren, qui s’investit corps et âme dans une composition impressionnante. 9 - DOSSIER 137 Dominik Moll aborde le sujet sensible des violences policières sans manichéisme. Sans apporter de solution toute faite, il s’intéresse aux failles d’un système qui broie autant qu’il protège. Certes très didactique, le film met le pouvoir de l’image au cœur du film (aussi bien médias que réseaux sociaux.). Il fait ressentir les doutes et les incertitudes de son enquêtrice, portée par une Léa Drucker une nouvelle fois remarquable de justesse. 8 - L’ÉPREUVE DU FEU Une vraie surprise que je n’avais pas vu venir, tant son pitch ne m’attirait pas : Hugo, 19 ans, passe comme chaque été ses vacances dans une maison familiale sur une île. Mais cette fois, tout a changé : transformé physiquement, il voit débarquer Queen, sa première petite amie, une esthéticienne aux airs de cagole. Et pourtant, le film brille par son écriture et sa manière d’aborder le premier amour, le regard des autres et les préjugés. Il impressionne surtout par son casting qui est un vivier de jeunes talents. Je retiendrai particulièrement Ana Verderose, dont c’est le premier rôle, et qui est clairement ma révélation de l’année : elle crève l’écran par sa palette de jeu folle qui apporte énormément de profondeur à un personnage qui semble superficiel au premier abord. 7 - VALEUR SENTIMENTALE Dans ce nouveau film, Joachim Trier livre un récit familial sur les non-dits et les secrets de famille, à travers un père qui tente de renouer avec ses filles en tournant un film dans la maison familiale. La mise en scène millimétrée transforme la maison en personnage à part entière, tandis que le cinéma devient le miroir des traumatismes enfouis. Porté par un trio d’acteurs qui ne forcent jamais les émotions, le film bouleverse par sa justesse et sa sensibilité. Depuis sa découverte, il n’a cessé de résonner en moi et de grimper dans mon classement au fil des mois. 6 - JE SUIS TOUJOURS LA Une chronique familiale au cœur de la dictature brésilienne des années 70. Un film d’une puissance émotionnelle rare, dont la première partie, baignée d’amour et de scènes de vie, entre en contraste brutal avec un second acte sombre et tragique. La mise en scène joue constamment avec les émotions du spectateur, à travers le cadre, la lumière, la musique et le hors-champ. Mais c’est surtout le formidable portrait d’une femme forte et déterminée, incarnée par une immense Fernanda Torres. 5 - SIRAT S’il est si haut dans mon classement, c’est simplement parce qu’il aura été ma séance la plus marquante de l’année. Un film qui prend toute son ampleur en salle : une expérience sensorielle éprouvante, portée par une musique puissante, un travail sonore saisissant et des scènes chocs. Un film radical, mal aimable, qui m’a littéralement cloué à mon fauteuil et dont il m’a fallu de longues minutes pour me remettre après le générique de fin. 4 - LIFE OF CHUCK Adapté d’une nouvelle de Stephen King, cet ovni cinématographique en trois actes explore différents genres, reliés par une même chose : la poésie. Un film à découvrir en en sachant le moins possible, mais une chose est sûre, ce Chuck va vous bouleverser. Malgré un thème central sombre, c’est une œuvre profondément lumineuse, une ode à la vie qui interroge nos regrets, nos priorités et le sens de notre existence. Un film qui mûrit avec le temps et pourrait bien devenir culte. 3 - À BICYCLETTE ! Ce docu-fiction est un véritable bijou d’humanité. Un père demande à son meilleur ami de l’accompagner pour refaire le voyage à vélo qu’avait entrepris son fils avant de se suicider. La frontière entre scènes écrites et moments captés sur le vif est presque imperceptible : tout sonne juste et donne au film une puissance émotionnelle rare. Mais ne vous y trompez pas, même si le sujet est lourd et viendra inévitablement chercher vos larmes, il est souvent très drôle (et m’a même offert ma plus grande barre de rire de l’année). Car avant tout, c’est une formidable histoire d’amitié : de celles qui se construisent aussi bien sur les moments de rire, de philosophie ou de disputes. 2 - LEFT-HANDED GIRL Voici mon IMMENSE coup de cœur de 2025. Un drame lumineux, éclatant de couleurs et d’humanité. La mise en scène et la photographie somptueuses exploitent les lumières nocturnes pour nous plonger dans l’effervescence de la nuit urbaine de la Tapei. Shih-Ching Tsou explore les failles de ses personnages sans jamais les juger et crée un attachement profond, notamment grâce au regard porté sur la gamine, véritable cœur émotionnel du film. Le film nous interroge sur les traditions, l’émancipation des femmes et la place accordée aux hommes, culminant dans une scène de repas mémorable. Un film qui fait un bien fou, dans la lignée de LITTLE MISS SUNSHINE . 1 - UNE BATAILLE APRES L’AUTRE Paul Thomas Anderson signe ici sans doute son œuvre la plus accessible : une comédie noire et satirique sur l’Amérique contemporaine. Le film est d’une maitrise absolue. C’est formellement un sans-faute. Que ce soit par sa mise en scène, son montage, les cadres ou cette musique omniprésente, PTA installe une ambiance oppressante d’une efficacité redoutable. PTA mélange tension, chaos et beauté plastique, allant jusqu’à réinventer la poursuite automobile avec une scène déjà mythique. Et comment ne pas saluer Sean Penn, magistral, incarnant l’un des antagonistes les plus marquants de ces dernières années. Il est possédé par son personnage, à la fois magnétique, détestable et vulnérable… Partager
- Critique de LE RÈGNE ANIMAL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LE RÈGNE ANIMAL . LE RÈGNE ANIMAL ❤️❤️❤️❤️ Dans un futur proche où une partie de la population se transforme en animaux, un père et son fils s’embarquent dans une quête qui bouleversera à jamais leurs existences. Voici donc un film de genre français, ce qui risque de faire peur à pas mal de spectateurs, mais vous auriez tort de passer à côté, car on a film fantastique qui n’a pas à rougir des productions hollywoodiennes tout en ayant sa propre personnalité. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’il ait fait partie de la shortlist des cinq films présélectionnés pour représenter la France aux Oscars. Techniquement, le film est extrêmement maitrisé et vraiment généreux en termes de créatures, d’autant plus qu’il rentre directement dans le sujet. Le film s’est donné les moyens de ses ambitions (15 millions de budget est plutôt conséquent pour une production de genre Française) et si il est loin des budgets astronomiques des grosses productions américaines, il exploite le moindre euro pour rendre les « bestioles » bluffantes de réalisme. Il y a un énorme travail sur les maquillages et les prothèses rendant chaque apparition de créature saisissante, ou flirtant parfois avec le body horror. Un peu comme THE CREATOR, la semaine dernière, le rendu réaliste du film met à l’amende pas mal de grosses productions qui bâclent leurs effets spéciaux à base de FX douteux… D’autant plus que le film est aidé par une photographie et une mise en scène souvent très inspirées, donnant des plans qui marque la rétine. La scène d’ouverture est de ce point de vue exemplaire, flirtant avec les codes du film catastrophe, mais je pense aussi à cette scène dans un champ visuellement éblouissante. Mais le film ne brille pas uniquement par la forme, mais aussi par le fond. La relation entre le père et son fils, mais surtout l’évolution de leurs personnages, sont exemplaires. Romain Duris, comme toujours, impressionne par son talent d’acteur et apporte énormément d’émotion au film. Mais la vraie découverte, c’est Paul Kircher. Même, si j’étais dubitatif sur les premières minutes, plus le film avançait, plus il a réussi à m’emporter pour être finalement LE grand atout du film. Sans jamais en faire des caisses, le duo arrive à profondément toucher le spectateur. Après, le film n’est pas exempt de défauts, mais je les lui pardonne, tant la proposition du film est généreuse. On pourra regretter que l’excellente Adèle Exarchopoulos n’ait ici qu’un rôle anecdotique, un peu comme tous les seconds rôles, mais c’est surement ce qui permet de se concentrer sur la relation père-fils qui est au cœur du film. De même il y a quelques facilités scénaristiques, ou bien un côté un peu manichéen, avec « ces gentilles créatures confrontées à de méchants humains »… Je pense que le film aurait surement gagné à nuancer son propos, avec par exemple un drame impliquant les créatures qui expliquerait la haine de certains humains, car au final l’allégorie sur le racisme est un peu basique… Mais LE RÈGNE ANIMAL est incontestablement un des meilleurs films français de l’année. Souvent je dis qu’on a le cinéma que l’on mérite, donc je vous invite vivement à découvrir au cinéma pour que plus de productions de ce type puissent voir le jour. Partager
- Critique de MON CRIME – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film MON CRIME . MON CRIME ❤️❤️💛 Dès le début du film, qui s’ouvre sur un levé de rideau, on comprend que le cinéma a rendez-vous avec le théâtre dans ce nouveau film d’Ozon. C’est une adaptation d’une pièce de 1934, mais même si on a affaire à une comédie populaire, elle se montre beaucoup plus maline qu’il n’y parait car elle met en miroir la société misogyne des années 30 avec notre époque, en résonnant avec l’air post-metoo. Les dialogues sont souvent savoureux, drôles et les comédiens prennent un plaisir communicatif à cabotiner avec un sur-jeu totalement assumé. Dans ce domaine, Isabelle Huppert est même assez exceptionnelle et arrive même à voler la vedette avec un second rôle jubilatoire. Après, je dois avouer que même si je n’ai pas passé un mauvais moment, le côté théâtre de boulevard caricatural et sur-joué au cinéma a tendance à me laisser un peu en dehors du film et de son propos… Partager
- Un film qui coche les cases… mais oublie pourquoi on les avait mises.
Découvrez notre critique détaillée du film DIX POUR CENT . Un film qui coche les cases… mais oublie pourquoi on les avait mises. DIX POUR CENT ❤️❤️💛 Un film qui coche les cases… mais oublie pourquoi on les avait mises. Il y a, dès les premières minutes, un vrai plaisir à replonger dans l’univers de Dix pour cent . Retrouver les agents de l’ASK, ces personnages qui ont largement contribué au succès de la série sur France Télévisions, fonctionne immédiatement. Le film joue d’ailleurs cette carte à fond, allant jusqu’à s’ouvrir sur un « résumé des épisodes précédents » inattendu. Pas forcément indispensable, mais suffisamment original pour arracher un sourire et installer d’emblée une forme de complicité avec le spectateur. Et il faut bien reconnaître que l’alchimie opère toujours. Les interactions restent vives, les dialogues conservent ce sens du rythme et ces punchlines percutantes qui faisaient le sel de la série . On retrouve aussi cette galerie de personnages attachants, portée par un casting toujours solide. De ce point de vue-là, la promesse est tenue. Mais très vite, le vernis se fissure. Car derrière ce plaisir des retrouvailles, le film peine à proposer autre chose qu’un exercice de nostalgie . Tout semble pensé pour flatter les fans, sans jamais réellement chercher à renouveler la formule. Résultat, on se retrouve face à une intrigue étonnamment classique, souvent prévisible, et ponctuée de situations déjà vues, parfois recyclées sans grande inspiration. Le passage au format cinéma n’aide pas. Là où la série prenait le temps de développer ses personnages et ses intrigues, le film condense tout, au point de donner une impression de précipitation permanente. Les événements s’enchaînent sans véritable respiration, sans avoir le temps d’être creusés, et les arcs narratifs restent en surface. Cette réduction du format limite clairement l’évolution des personnages, qui semblent figés dans ce que l’on connaît déjà d’eux . Plus regrettable encore, le film abandonne en grande partie ce qui faisait la singularité de la série : son regard satirique sur le monde du cinéma . Cette dimension, à la fois mordante et lucide, s’efface ici au profit d’un récit beaucoup plus lisse, presque consensuel. Quelques touches subsistent, mais elles n’ont plus la même portée. Le rythme lui-même se montre inégal. Entre des scènes qui s’enchaînent trop vite et d’autres qui s’étirent inutilement, le film souffre de véritables temps morts qui cassent sa dynamique. Et c’est dans son dernier acte qu’il trébuche définitivement . Là où la série brillait par sa capacité à naviguer entre humour et douceur amère, le film opte pour un happy end appuyé, presque absurde, qui trahit en partie l’esprit d’origine. Autre déséquilibre notable : malgré la richesse de son casting, le film mise très largement sur Camille Cottin et Laure Calamy, dont la carrière a explosé grâce à la série. Si leur présence reste évidemment un atout, ce choix se fait au détriment des autres personnages, relégués au second plan, ce qui crée un manque d’équilibre assez frustrant. Comme attendu, les caméos sont au rendez-vous. Certains s’intègrent plutôt bien à l’intrigue, notamment ceux de Vincent Macaigne et Laetitia Casta, qui occupent une place centrale. D’autres, en revanche, paraissent plus anecdotiques, à l’image de celui d’Eva Longoria, qui peine à marquer durablement. À l’inverse, la présence de George Clooney donne lieu à une scène de comédie irrésistible , l’un des rares moments où le film retrouve pleinement la vivacité et l’efficacité comique qui faisaient la force de la série. Au final, Dix pour cent : le film donne l’impression de cocher toutes les cases du retour attendu sans jamais réussir à dépasser ce statut . Il y a du plaisir, de l’attachement, quelques éclats, mais aussi une vraie frustration face à un potentiel largement sous-exploité. Une réunion sympathique, certes, mais qui rappelle surtout à quel point la série, elle, savait trouver le juste équilibre. Partager
- Critique de OLD BOY – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film OLD BOY . OLD BOY ❤️❤️❤️❤️❤️ Ceux qui me connaisse savent à quel point j’accorde de l’importance à la mise en scène, que j’aime particulièrement les films coup de poing, et que j’ai une grande affection pour le cinéma Coréen. Ça tombe bien, le film d’aujourd’hui regroupe ces trois aspects. Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour et séquestré pendant 15 ans. Durant ce temps, il n’a pour seul lien avec l’extérieur qu’une TV sur laquelle il apprend le meurtre de sa femme. Il finit par être relâché et est contacté par celui qui l’avait enlevé. C’est un film de Park Chan-Wook. J’avais hésité à vous parler de JSA, son premier succès qui est moins populaire, mais j’ai fini par choisir celui-là car c’est tout simplement un de mes films préférés. Ce film est une leçon de mise en scène. Comme à chaque fois, Park Chan-Wook ne laisse rien au hasard. Chaque plan est millimétré, que ce soit le cadre, la lumière, les couleurs ou les mouvements de caméra, tout est là pour flatter la rétine. Le tout est mis en valeur par une BO remarquable qui reste en tête. On retiendra surtout ce plan séquence devenu mythique lors d’une baston dans un couloir. On a affaire ici à un thriller sombre et violent, qui comme souvent dans le cinéma Coréen mélange les genres, avec un humour noir, un côté burlesque, mais aussi une certaine poésie. Certaines scènes sont assez dures, mais la violence n’est pas gratuite et apporte réellement quelque chose au propos du film. Il y a un côté philosophique sur le bien et le mal, mais aussi sur la vengeance et ses conséquences. Il y a de nombreuses ruptures de ton, comme les passages avec le personnage de Mido, qui offrent des moments oniriques au milieu de cette débauche de violence. Le scénario est vraiment malin dans sa construction et propose un suspense qui tient en haleine tout du long. Il y a une tension continue, un rythme frénétique et ça enchaine les rebondissements, en faisant continuellement douter le spectateur. Ça va au bout des choses avec même un côté malaisant dans son twist final incroyable. Ici, il n’y a aucun manichéisme, avec cet anti-héros auquel on a du mal à s’identifier ou cet antagoniste dont on peut comprendre les agissements. Un grand chef d’œuvre, qui impressionne par sa forme, autant qu’il dérange et questionne par son fond… Partager
- Critique de MORSE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film MORSE . MORSE ❤️❤️❤️❤️ Oskar est un enfant marginal et martyrisé par ses camarades de classes. Il va rencontrer Eli, une adolescente mystérieuse avec laquelle il va se lier d’amitié. Le film revisite un des genres les plus populaire du cinéma d’horreur : le film de vampire (ce n’est pas un spoil, car très vite amené dans le récit). Mais il le ramène à hauteur d’enfant lui donnant une toute autre dimension et surtout une sensibilité inouïe. Le film est aux antipodes de ce à quoi nous habitue le cinéma fantastique. Clairement, si vous vous attendez à un BLADE ou un TWILIGHT, ou même à un film d’horreur, passez votre chemin, vous allez détester. La mise en scène est ici lente, froide et anti-spectaculaire. Les rares scènes violentes sont brutes, sans artifice et filmées avec un certain détachement. C’est une histoire sombre, mais il y a une grande sobriété qui amène une poésie et une tendresse infinie au récit. Le genre ici, n’est finalement qu’un prétexte pour aborder des thèmes beaucoup plus profonds, comme la solitude, le regard des autres, le harcèlement, mais c’est surtout une sublime histoire d’amour. Et si le récit est aussi puissant, c’est clairement grâce à l’alchimie naturelle qui se dégage de ses deux gamins qui apprennent à se découvrir. Un film d’une grande originalité, à la fois poétique et terrifiant, malaisant et bouleversant… Partager
- Bouleversant, étrange, et profondément humain.
Découvrez notre critique détaillée du film SANS JAMAIS NOUS CONNAÎTRE . Bouleversant, étrange, et profondément humain. SANS JAMAIS NOUS CONNAÎTRE ❤️❤️❤️💛 Bouleversant, étrange, et profondément humain. Adam vit à Londres dans une tour, dont la quasi-totalité des appartements sont libres, mis à part celui d’Harry, un voisin avec lequel il va entamer une relation. En parallèle, il se rendra dans sa maison d’enfance, où il découvrira ses parents qui semblent avoir le même âge que le jour de leur mort, 30 ans plus tôt… Bon, le pitch est assez improbable, mais si vous l’acceptez et que vous rentrez dedans, il vous plongera dans un récit mélancolique qui risque de vous marquer profondément. Rarement, la solitude n’a été aussi bien portée à l’écran et par certains aspects le film n’est pas sans rappeler un certain HER (immense chef-d’œuvre de SF). Andrew Haigh nous emmène dans un voyage intérieur sur le deuil et le lâcher prise, qui abordera énormément de thèmes, faisant que le spectateur arrive forcément à s’identifier à un moment où un autre. La romance tient une place centrale et son lot d’émotions, d’autant plus qu’Andrew Scott et Paul Mescal sont bouleversants. Mais pourtant, j’ai moins été sensible à cette partie du film et j’ai même trouvé qu’elle apportait quelques longueurs à l’ensemble. Car clairement, là où le film prend son envol et devient passionnant, c’est dans les échanges entre notre héros et ses parents. L’écriture est exemplaire et les dialogues sont d’une profondeur inouïe et en font pour moi la plus grande force émotionnelle du film. On notera aussi un sublime travail sur la lumière et les cadres apportant à l’œuvre une poésie et une délicatesse qui font mouche. Le cinéaste nous livre un moment onirique, une fable philosophique sur le poids des mots et des non-dits, mais surtout un film puissant qui touche en plein cœur… Partager
- Plus intime, plus sombre, plus humain : Spider-Man tisse sa toile au sommet.
Découvrez notre critique détaillée du film SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY . Plus intime, plus sombre, plus humain : Spider-Man tisse sa toile au sommet. SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY ❤️❤️❤️❤️ Plus intime, plus sombre, plus humain : Spider-Man tisse sa toile au sommet. Même si je trouve que Tom Holland incarne aujourd’hui parfaitement le héros le plus populaire de Marvel, je dois bien avouer ne jamais avoir été réellement emporté par les précédents films . Les deux premiers se contentaient d’être tout juste divertissants, tandis que No Way Home m’était apparu comme une véritable purge, noyée sous un fan service aussi lourd que facile. Reste que ce dernier se concluait sur une idée brillante : faire disparaître Peter Parker de la mémoire du monde entier, offrant au personnage une page blanche aussi audacieuse que prometteuse. Brand New Day surprend alors en prenant un virage radical, pour finalement nous proposer un film étonnamment intime … mais aussi beaucoup plus sombre qu’à l’accoutumée. Car oui, les films Spider-Man ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils se recentrent sur Peter Parker : ses doutes, ses failles, sa culpabilité et surtout sa solitude. Et c’est précisément là que le film trouve sa plus grande force. Le long-métrage se libère également du multivers dans lequel Marvel semblait s’être enlisé, pour proposer un épisode beaucoup plus indépendant, et surtout particulièrement maîtrisé. La dramaturgie étonne par sa justesse, et l’impact émotionnel frappe par une puissance que l’on n’attendait plus forcément du MCU . Au cœur de ce récit, la relation entre Peter Parker et MJ s’impose comme l’un des piliers émotionnels du film . La où on aurait pu craindre qu’elle tombe dans la facilité, elle au contraire éblouissante de sincérité. Le lien qui unit Zendaya et Tom Holland transperce littéralement l’écran, et apporte une humanité bouleversante à l’ensemble. Le film surprend d’ailleurs régulièrement par ses nombreux twists, qui viennent relancer le récit à plusieurs reprises. Là où l’on pense parfois deviner sa trajectoire, il bifurque, déjoue les attentes et maintient une tension constante, jusqu’à un dernier acte qui ose prendre une direction inattendue . On dit souvent qu’un bon film de super-héros repose avant tout sur un bon antagoniste. Sans en révéler l’identité, celui-ci s’impose ici comme l’un des plus travaillés de l’univers Marvel, au point de presque voler la vedette . Certainement la plus grande réussite du film. Mais que les amateurs de spectacle se rassurent : malgré cette approche plus introspective, le film n’oublie jamais d’être un grand divertissement . Les scènes d’action sont jouissives, et Destin Daniel Cretton propose régulièrement des idées de mise en scène inventives, notamment dans l’utilisation des pouvoirs de son antagoniste. Le choix de ne pas céder entièrement au tout numérique, en privilégiant des effets pratiques, rend l’ensemble étonnamment palpable. À cela s’ajoute une excellente gestion de l’espace, qui rend chaque affrontement lisible et impactant . Et quel plaisir de retrouver Spider-Man au cœur de New York, renouant avec ces moments de voltige grisants entre les immeubles , tout en replaçant les habitants de la mégapole au centre du chaos. La ville redevient un véritable terrain de jeu… et d’enjeu. L’humour, souvent problématique dans les dernières productions Marvel, est ici bien mieux dosé. Certes, Spider-Man oblige, les blagues sont présentes, notamment en plein cœur de l’action, mais elles ne viennent jamais désamorcer une scène dramatique ou casser une émotion. Un équilibre parfaitement maitrisé qui devient même une grande force du film . Malgré toutes ses qualités, le film n’est pas exempt de défauts. On pourra lui reprocher un certain côté bavard, qui, paradoxalement, limite le nombre de grandes scènes d’action. Car si celles-ci sont spectaculaires, on aurait justement aimé qu’elles soient plus nombreuses. Reste que Brand New Day s’impose comme l’une des plus belles réussites récentes du MCU . Probablement son meilleur film depuis Avengers: Endgame , avec Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3 . Un film qui fait évoluer ses personnages, redonne du souffle à la franchise… et donne surtout envie de découvrir la suite. Partager
- Critique de LE LIVRE DES SOLUTIONS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LE LIVRE DES SOLUTIONS . LE LIVRE DES SOLUTIONS ❤️❤️💛 Voici donc le nouveau film de Michel Gondry, qui est tout simplement le réalisateur de mon film préféré : ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND, dont l’unique défaut est d’avoir un titre beaucoup trop long… Et c’est surement, l’origine du souci que j’ai avec son nouveau film, car j’en attendais visiblement beaucoup trop. Avec un titre et un pitch pareil, je m’attendais à beaucoup plus de magie, de poésie et à être emporté comme rarement… sauf que ça a été un peu la désillusion… Alors attention, même si je suis passé à côté il y a des bonnes choses : Niney est exemplaire, ainsi que le casting féminin, le film se montre parfois très drôle et certaines scènes fonctionnent vraiment (celle de l’orchestre est même un petit bijou). Puis, Michel Gondry fait un peu son propre portrait et il n'est pas tendre (et rien que ça c'est louable), même si ça fait que niveau attachement au héros, c'est compliqué. En fait, j'avais souvent l'impression d'être devant une succession de scénettes, qui manquaient de liants entre elles et ça finit par tourner un peu en rond. Idem, vu le sujet, j’espérais un hymne à l’artisanat du cinéma, mais même si il y a quelques bonnes idées, on est loin du FABELMANS de Spielberg… Le film a bien réussi à me rattraper par une idée ou une blague qui fait mouche, mais je dois tout de même avouer que j’ai souvent trouvé le temps long et que je n’ai jamais réussi réellement à rentrer dedans… Partager













