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- Critique de TITANE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film TITANE . TITANE ❤️❤️❤️❤️ Après la très bonne surprise qu'avait été Grave, il y a quatre ans, j'étais impatient de voir si Julia Ducourneau allait récidiver. Puis nomination à Cannes, palme d'or, une partie du public crillant au scandale de voir ce genre de film sortir, l'autre au génie... Bref, ça a bien fait monter ma hype, jusqu'au moment de rentrer dans la salle ce soir, d'autant plus j'y suis allé sans rien savoir du film. Je vais d'ailleurs ne rien dire sur l'histoire, qui a merveilleusement été épargnée par la communication du film. Mais alors, rien ne m'avait préparé à ça !!! Par contre, je vais répondre aux deux questions qui font suite aux réactions des spectateurs après la Palme d'or. Est-ce que le film est choquant : OUI. Mais bon quand tu vas voir un film de genre interdit au moins de 16 ans, il ne faut pas s'attendre à voir des gens cueillir des pâquerettes. Et quand je vois la réaction de certains, pour le coup je m'attendais vraiment à pire, mais alors VRAIMENT. Alors oui, la première partie est violente, mais on est bien plus proche d'un Tarantino que d'un Saw ou un Hostel. Oui, le film est viscérale, souvent dérangeant et très malaisant. On sent l'influence de Cronenberg dans le cinéma de Ducourneau, avec son obsession pour le corps humain et la révélation de soi (mais je n'ai jamais entendu dire que les films de ce dernier sont une honte). Est-ce que c'est un grand film : OUI. Clairement, on a affaire à un film qui marquera l'histoire. Ducourneau avec son deuxième film, rentre par la grande porte dans la cours des grands cinéastes du cinéma de genre, auprès de Cronenberg, cité plus haut, mais aussi des Lynch, Aronofsky et autre Kubrick... Quel maîtrise !!! Julia enchaîne les plans chocs et c'est du grand art. Les plans sont léchés, la photographie magnifique et la musique enfonce littéralement le clou. D'un point de vu esthétique c'est une vraie claque qui laisse admiratif. On notera aussi la grande qualité des effets spéciaux. Elle installe une tension dingue qui m'a scotché à mon fauteuil. Le film est souvent étouffant mais arrive aussi par moment à faire entrer de la poésie et de la tendresse. Les ruptures de tons sont extrêmement maitrisées. Alors, je comprends que le film puisse laisser une partie du public en dehors, mais on ne peut être qu'admiratif par la qualité technique de son cinéma. La proposition est tellement radicale qu'elle ne peut que diviser. Mais si comme moi vous rentrez dedans, il y a des chances que en sortiez déboussolé, mais ému, avec cette sensation d'avoir vu quelque chose de grand et que ce film reste graver longtemps en vous... Et bien sûr, je ne peux pas ne pas parler du casting. Aghate Rousselle et Vincent Lindon sont saisissant (la métamorphose de se dernier est sidérante). La relation entre leurs deux personnages fait merveille. Car même si le film est souvent dérangeant, on a avant tout affaire à un drame poignant. Merci à Ducourneau pour ce film. Merci à Cannes d'avoir osé lui donner la Palme d'or. Merci pour le cinéma français qui prouve que quand on lui donne les moyens, il peut sortir de sa zone de confort. Merci pour le cinéma de genre, en espérant que ça ouvre enfin les portes à d'autres réalisateurs. Partager
- Critique de TOP FILMS 2025 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film TOP FILMS 2025 . TOP FILMS 2025 Chaque année, le cinéma reste pour moi bien plus qu’un simple loisir. Et malgré la crise du box-office, ma fréquentation, elle, n’aura pas faibli. Si les grosses productions semblent lasser le public et décevoir, cette situation a aussi permis de laisser davantage de place à des films plus modestes et souvent plus audacieux. Cette année aura été particulièrement riche en propositions singulières, en récits intimes, politiques ou sensoriels, portés par des cinéastes qui continuent de croire que le grand écran est avant tout un vecteur d’émotion. Voici donc mon Top 10 , ces films qui m’ont le plus touché et qui me donnent envie, encore un peu plus, de partager mes coups de cœur pour que cet art ne disparaisse jamais. 10 - THE UGLY STEPSISTER Tout le monde connaît le conte de Cendrillon. Ce film fait le pari improbable de raconter l’histoire du point de vue de l’une des « vilaines » belles-sœurs. Une petite perle qui mêle satire sociale et body horror. Un choix radical, mais finalement bien plus proche du conte originel que de la version Disney. Le film reste malin, sans jamais trahir le message féministe qu’il véhicule. Il marque aussi par sa mise en scène audacieuse, riche en plans mémorables, et par la révélation Lea Myren, qui s’investit corps et âme dans une composition impressionnante. 9 - DOSSIER 137 Dominik Moll aborde le sujet sensible des violences policières sans manichéisme. Sans apporter de solution toute faite, il s’intéresse aux failles d’un système qui broie autant qu’il protège. Certes très didactique, le film met le pouvoir de l’image au cœur du film (aussi bien médias que réseaux sociaux.). Il fait ressentir les doutes et les incertitudes de son enquêtrice, portée par une Léa Drucker une nouvelle fois remarquable de justesse. 8 - L’ÉPREUVE DU FEU Une vraie surprise que je n’avais pas vu venir, tant son pitch ne m’attirait pas : Hugo, 19 ans, passe comme chaque été ses vacances dans une maison familiale sur une île. Mais cette fois, tout a changé : transformé physiquement, il voit débarquer Queen, sa première petite amie, une esthéticienne aux airs de cagole. Et pourtant, le film brille par son écriture et sa manière d’aborder le premier amour, le regard des autres et les préjugés. Il impressionne surtout par son casting qui est un vivier de jeunes talents. Je retiendrai particulièrement Ana Verderose, dont c’est le premier rôle, et qui est clairement ma révélation de l’année : elle crève l’écran par sa palette de jeu folle qui apporte énormément de profondeur à un personnage qui semble superficiel au premier abord. 7 - VALEUR SENTIMENTALE Dans ce nouveau film, Joachim Trier livre un récit familial sur les non-dits et les secrets de famille, à travers un père qui tente de renouer avec ses filles en tournant un film dans la maison familiale. La mise en scène millimétrée transforme la maison en personnage à part entière, tandis que le cinéma devient le miroir des traumatismes enfouis. Porté par un trio d’acteurs qui ne forcent jamais les émotions, le film bouleverse par sa justesse et sa sensibilité. Depuis sa découverte, il n’a cessé de résonner en moi et de grimper dans mon classement au fil des mois. 6 - JE SUIS TOUJOURS LA Une chronique familiale au cœur de la dictature brésilienne des années 70. Un film d’une puissance émotionnelle rare, dont la première partie, baignée d’amour et de scènes de vie, entre en contraste brutal avec un second acte sombre et tragique. La mise en scène joue constamment avec les émotions du spectateur, à travers le cadre, la lumière, la musique et le hors-champ. Mais c’est surtout le formidable portrait d’une femme forte et déterminée, incarnée par une immense Fernanda Torres. 5 - SIRAT S’il est si haut dans mon classement, c’est simplement parce qu’il aura été ma séance la plus marquante de l’année. Un film qui prend toute son ampleur en salle : une expérience sensorielle éprouvante, portée par une musique puissante, un travail sonore saisissant et des scènes chocs. Un film radical, mal aimable, qui m’a littéralement cloué à mon fauteuil et dont il m’a fallu de longues minutes pour me remettre après le générique de fin. 4 - LIFE OF CHUCK Adapté d’une nouvelle de Stephen King, cet ovni cinématographique en trois actes explore différents genres, reliés par une même chose : la poésie. Un film à découvrir en en sachant le moins possible, mais une chose est sûre, ce Chuck va vous bouleverser. Malgré un thème central sombre, c’est une œuvre profondément lumineuse, une ode à la vie qui interroge nos regrets, nos priorités et le sens de notre existence. Un film qui mûrit avec le temps et pourrait bien devenir culte. 3 - À BICYCLETTE ! Ce docu-fiction est un véritable bijou d’humanité. Un père demande à son meilleur ami de l’accompagner pour refaire le voyage à vélo qu’avait entrepris son fils avant de se suicider. La frontière entre scènes écrites et moments captés sur le vif est presque imperceptible : tout sonne juste et donne au film une puissance émotionnelle rare. Mais ne vous y trompez pas, même si le sujet est lourd et viendra inévitablement chercher vos larmes, il est souvent très drôle (et m’a même offert ma plus grande barre de rire de l’année). Car avant tout, c’est une formidable histoire d’amitié : de celles qui se construisent aussi bien sur les moments de rire, de philosophie ou de disputes. 2 - LEFT-HANDED GIRL Voici mon IMMENSE coup de cœur de 2025. Un drame lumineux, éclatant de couleurs et d’humanité. La mise en scène et la photographie somptueuses exploitent les lumières nocturnes pour nous plonger dans l’effervescence de la nuit urbaine de la Tapei. Shih-Ching Tsou explore les failles de ses personnages sans jamais les juger et crée un attachement profond, notamment grâce au regard porté sur la gamine, véritable cœur émotionnel du film. Le film nous interroge sur les traditions, l’émancipation des femmes et la place accordée aux hommes, culminant dans une scène de repas mémorable. Un film qui fait un bien fou, dans la lignée de LITTLE MISS SUNSHINE . 1 - UNE BATAILLE APRES L’AUTRE Paul Thomas Anderson signe ici sans doute son œuvre la plus accessible : une comédie noire et satirique sur l’Amérique contemporaine. Le film est d’une maitrise absolue. C’est formellement un sans-faute. Que ce soit par sa mise en scène, son montage, les cadres ou cette musique omniprésente, PTA installe une ambiance oppressante d’une efficacité redoutable. PTA mélange tension, chaos et beauté plastique, allant jusqu’à réinventer la poursuite automobile avec une scène déjà mythique. Et comment ne pas saluer Sean Penn, magistral, incarnant l’un des antagonistes les plus marquants de ces dernières années. Il est possédé par son personnage, à la fois magnétique, détestable et vulnérable… Partager
- Critique de NOUS TROIS OU RIEN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film NOUS TROIS OU RIEN . NOUS TROIS OU RIEN ❤️❤️❤️❤️ Comme hier, on va rester en Iran, mais avec beaucoup plus de légèreté, parce que le cinéma, c’est aussi parfois juste prendre du plaisir… NOUS TROIS OU RIEN est loin d’être un chef d’œuvre, il est même plein de petits défauts, mais c’est le genre de film qui fait du bien et qui te fait ressortir de la séance avec le sourire aux lèvres. C’est un film de Keiron dans lequel il va nous raconter l’incroyable histoire de ses parents et de leur lutte contre la dictature Iranienne. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il le fait avec énormément de sincérité et l’amour qu’il porte à ses parents transparait à chaque plan. Il fait le choix gagnant d’apporter énormément d’humour et de décalage à l’histoire, sans jamais aller à l’encontre du propos. Ce qui fait que malgré le sujet lourd, on rit énormément. Il a un réel sens de la punchline et certains personnages, à l’instar d’un grand Darmon, sont hilarants. On alterne donc les moments de rire, de tension et d’autres d’une grande force émotionnelle. La mise en scène est soignée, proposant quelques bonnes idées et réussissant, malgré le décalage assumé, à garder une certaines justesse dans l’émotion transmise. Alors, oui, il y a tout de même quelques maladresses, comme dans la deuxième partie qui est moins aboutie, mais on lui pardonnera vu le bonheur que son film nous apporte. Partager
- Entre feu, cendres et déjà-vu…
Découvrez notre critique détaillée du film AVATAR – DE FEU ET DE CENDRES . AVATAR – DE FEU ET DE CENDRES ❤️❤️❤️ Entre feu, cendres et déjà-vu… James Cameron nous donne une nouvelle fois rendez-vous sur Pandora pour son troisième AVATAR. J’attendais impatiemment ce nouvel opus, ayant adoré le premier film, et même encore préféré le deuxième, que je considère comme l’un des plus grands blockbusters de ces dernières années, aux côtés de FURY ROAD. Je lui pardonnais d’ailleurs ses grosses facilités scénaristiques, comme la disparition subite de la plupart des personnages lors du climax, tant le dernier acte offrait une intensité visuelle et émotionnelle inouïe. Évidemment, d’un point de vue technique, c’est encore un sans-faute. James Cameron repousse une nouvelle fois les limites et prouve que la seule personne capable d’offrir des films plus impressionnants que lui est… James Cameron… Les images atteignent un niveau de détail hallucinant : textures de peau, expressions faciales, tout est d’un réalisme sidérant, au point d’en oublier qu’il s’agit d’images de synthèse. Je ne suis pas un grand fan de la 3D, mais Cameron parvient à la rendre saisissante sans recourir à des artifices gratuits. Clairement, sur le plan du spectacle, il met à l’amende tous les blockbusters actuels. On en prend plein les yeux, et le film mérite largement de dépenser 25€ pour une séance IMAX pour ce show de 3h20. Pendant la première heure, j'ai même cru que le réalisateur allait récidiver pour la troisième fois. Ça commence même très fort avec la présentation de deux nouveaux peuples : les marchands de l’air et le clan des Cendres. L’arrivée des premiers offre des visuels d’une féerie absolument dingue, tandis que les seconds promettent un peuple antagoniste capable de redistribuer les cartes. Mais... Trop de choses sont venus gâcher mon plaisir… AVATAR 2 et 3 devaient à l’origine ne former qu’un seul film, et cela se ressent terriblement. Le film trouve vite ses limites. Les nouveaux peuples sont malheureusement sous-exploités pour se recentrer, une fois encore, sur le clan de l’eau. Les marchands de l’air sont évacués en un quart d’heure, et le clan des Cendres, pourtant prometteur, devient rapidement accessoire. Leur cheffe, Varang, impressionne par son charisme, mais son potentiel est totalement gâché et elle finit éclipsée par le Colonel. Ce qui faisait la force des deux premiers films, c’était la découverte des clans et de leurs coutumes. Ici, Cameron privilégie le rythme… au détriment de la magie. Il y a quelques semaines, je reprochais à ZOOTOPIE 2 de répéter ses enjeux sans faire évoluer ses personnages. C’est encore plus flagrant ici. À la fin de ce troisième opus, nous sommes quasiment au même point qu’à la fin du précédent, avec des personnages dont les arcs ont à peine avancé. Pire encore, le film recycle les mêmes scènes et situations de LA VOIE DE L'EAU : une chasse à la baleine, une poursuite sous-marine, des enfants qui se font si souvent enlever que cela en devient un running gag, le Colonel qui tente de se rapprocher de Spider, Lo’ak, dont l’arc repart de zéro, et cherche une nouvelle fois à réintégrer Payakan, la tulkun bannie… Quant au climax, il s’agit d’un maxi best-of des deux premiers films, allant jusqu’à répéter le même deus ex machina. Alors oui, le spectacle est là, il est somptueux et je ne peux pas dire que j’ai passé un mauvais moment. Mais le manque de surprise et cette sensation de redite sont tels qu’au final, le film me laisse un goût terriblement amer, et bien peu de moments me resteront réellement en mémoire. Partager
- Critique de DREAM SCENARIO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film DREAM SCENARIO . DREAM SCENARIO ❤️❤️❤️ Voici un film au high-concept assez génial et surtout très bien exploité. Paul, un professeur d’université ordinaire, voit sa vie chamboulée lorsqu’il se rend compte qu’il apparait dans les rêves de plus en plus de personnes. Je n’irai pas plus loin, et je vous déconseille d’ailleurs de regarder la bande annonce pour garder un maximum de surprise. Le film prouve une nouvelle fois le talent de A24 pour proposer des films qui sortent des standards. Il va prendre des tournures assez surprenantes, en jouant avec les genres et les émotions des spectateurs. Kristoffer Borgli nous propose une comédie grinçante mais aussi un miroir de notre société, avec des réflexions sur les réseaux sociaux, la pensée collective ou la cancel culture. Mais surtout, il offre à Nicolas Cage un rôle en or, cet acteur phare des années 90, qui c’était perdu dans les limbes nanardesques depuis une vingtaine d’années… Il joue ce loser maladroit avec une sincérité le rendant terriblement attachant. Il est au centre du film et le spectateur est perdu avec lui au milieu de cette histoire complètement folle. Le film ressemble parfois à un épisode XXL de BLACK MIRROR, et même si il s’essouffle un peu, il a la bonne idée de ne faire qu’1h40 pour nous proposer une comédie corrosive qui vaut amplement le détour. Partager
- Quand la famille devient miroir du cinéma
Découvrez notre critique détaillée du film VALEUR SENTIMENTALE . VALEUR SENTIMENTALE ❤️❤️❤️💛 Quand la famille devient miroir du cinéma À la mort de leur mère, Agnes et Nora voient réapparaître leur père, réalisateur de renom, longtemps absent. Ce dernier veut tourner son nouveau film dans la maison familiale et propose à Nora d’en tenir le rôle principal. Quatre ans après JULIE (EN 12 CHAPITRES), que j’avais particulièrement aimé, j’attendais beaucoup de ce nouveau film de Joachim Trier. Ici, nous sommes dans un récit familial où le réalisateur explore les blessures intimes d’une famille, les secrets enfouis et les non-dits, dans une mise en abyme où le cinéma devient miroir des vies et des traumatismes de ses personnages. Le réalisateur confirme son immense talent de direction d'acteurs. Renate Reinsve est une nouvelle fois magistrale, offrant une sensibilité bouleversante à cette actrice rongée par le doute. Stellan Skarsgård impressionne également, livrant peut-être son plus grand rôle, incarnant un personnage complexe, à la fois détestable et attachant. Mais la révélation du film est certainement Inga Ibsdotter Lilleaas, pour la puissance émotionnelle qu'elle dégage. Les rapports entre les personnages fonctionnent à merveille et souligne toute la complexité des liens familiaux. Trier ne cherche jamais à forcer l’émotion, privilégiant la pudeur et la subtilité des dialogues pour exprimer les sentiments humains. Et puis il y a la maison familiale. Plus qu’un décor, elle devient un personnage à part entière et la narratrice du récit, témoin des vies et des générations. Des moments qui offrent certaines des plus belles idées de mise en scène. Pour autant, si l’ensemble m’a profondément touché, je n’ai pas retrouvé l’intensité émotionnelle de JULIE (EN 12 CHAPITRES). Peut-être à cause de la thématique, qui a eu moins d’impact sur moi, ou d’une fin que j’ai anticipée malgré sa beauté formelle. Mais le film continue de résonner en moi, preuve qu’il a atteint quelque chose de fort. Au final, VALEUR SENTIMENTALE est sans doute le film qui m’aura le plus marqué cet été. Il confirme que Joachim Trier est l’un des cinéastes les plus sensibles et inspirés de sa génération, et me donne envie d’explorer encore davantage son œuvre. Partager
- Une suite aussi divertissante que fainéante…
Découvrez notre critique détaillée du film ZOOTOPIE 2 . ZOOTOPIE 2 ❤️❤️❤️ Une suite aussi divertissante que fainéante… Il y a neuf ans sortait ZOOTOPIE, véritable surprise du côté de Disney : une claque visuelle, un univers bourré d’inventivité et un propos politique digne du meilleur Pixar. Alors, quand une suite a été annoncée, j’ai eu un peu peur. Disney a longtemps réservé ses suites à des direct-to-DVD, avant d’accoucher d’un LA REINE DES NEIGES 2 assez moyen, ou de bricoler ce qui aurait dû être une série pour en faire un VAIANA 2 mal ficelé mais forcément rentable… (Et oui, je mets de côté Pixar, qui reste malgré son rachat un studio à part entière.) Mais ce qui est certain avec ZOOTOPIE 2, c’est qu’on ne s’ennuie pas. Enfin… ils ne nous laissent pas le temps de nous ennuyer. Visuellement, c’est une dinguerie. On en prend plein les yeux, le travail sur les fourrures est bluffant, et surtout le film possède un sens du rythme impressionnant. Ça n’arrête pas une seconde : tout s’enchaîne avec une énergie folle, les séquences débordent de détails et d’easter eggs – allant des animés à… Kubrick ! Sur cet aspect, c’est une réussite totale. On passe son temps à scruter l’écran pour attraper les références au vol. Le film est également toujours aussi drôle, jouant avec les clichés de ses animaux pour en tirer des gags bien sentis. Mais si je disais plus haut que Disney ne nous laissait pas respirer, c’est aussi pour masquer le fait que ça sent clairement le réchauffé. La première évidence est le scénario : une enquête sur fond de discrimination et de racisme, exactement comme dans le premier film, avec un twist qu’on voit venir à des kilomètres. Remplacer les prédateurs par les reptiles ? Pourquoi pas. Mais encore aurait-il fallu les exploiter un minimum. Mis à part une scène très sympa dans un bar, ils restent aussi anecdotiques que le personnage de Gary. Ce qui est d’ailleurs le cas de la plupart des personnages secondaires, car là aussi le film souffre de la comparaison au premier film. Et c’est d’autant plus flagrant quand les anciens personnages font une apparition (souvent pour recycler d’anciens gags…). Quant au duo principal, même si c’est un plaisir de les retrouver, ils en sont toujours au même point : apprendre à accepter leurs différences pour mieux travailler ensemble… et s’aimer. Même si cela nous offre au passage une scène mémorable chez le psy, sans doute l’un des meilleurs moments du film. Alors, oui, j’ai vraiment pris du plaisir devant cette nouvelle aventure : c’est rythmé, drôle, visuellement somptueux, et sa morale sur le « vivre ensemble » fait toujours du bien. Mais je ne peux m’empêcher de penser que Disney a choisi la carte de la facilité pour nous offrir un film agréable mais que ne restera pas dans les annales. Le troisième opus est clairement annoncé dans la scène post-générique, avec l’introduction d’une nouvelle catégorie d’animaux. Reste à espérer que Disney ne se reposera pas encore une fois sur ses lauriers… Partager
- Satire à balle réelle sur le cinéma français
Découvrez notre critique détaillée du film LE DEUXIÈME ACTE . LE DEUXIÈME ACTE ❤️❤️❤️❤️ Satire à balle réelle sur le cinéma français Quentin Dupieux est un réalisateur dont les œuvres divisent à chaque fois le public, et ce sera certainement une nouvelle fois ici. Il faut dire que son cinéma est extrêmement radical, et même s’il me laisse souvent sur le côté, son univers absurde me fascine. Et parfois il me choppe, comme ce fut récemment le cas avec INCROYABLE MAIS VRAI… ou ici, LE DEUXIÈME ACTE… Comme toujours, il est difficile de parler d’un de ses films sans trop en dévoiler, car il repose énormément sur leurs côtés high concept, donc je vais me limiter au synopsis officiel. Florence veut présenter David, l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume. Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy. Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part. Il nous propose ici son film le plus accessible, et peut être même le plus drôle, on rit même énormément… Avec un côté méta délirant et un cynisme assez jouissif, il va jouer avec le spectateur et critiquer le cinéma français, ainsi que ces acteurs. C’est son troisième film en un an et ce n’est peut-être pas anodin, car on a presque l’impression qu’avec celui-ci, il nous offre un triptyque sur l’art. Après le théâtre dans YANNICK et la peinture dans DAAAAAALI !, c’est donc au tour du cinéma de passer à la moulinette du réalisateur… Alors, ce n’est pas forcément toujours subtil, mais le film est souvent bien plus profond qu’il n’y parait… Tout y passera, de la cancel culture, au mouvement #metoo, en passant par l’IA ou l’ego et l’entre-soi des stars. Et c’est d’ailleurs quand les acteurs se moquent d’eux-mêmes avec une autodérision savoureuse que le film est le plus efficace. Garrel, Lindon, Quenard et Seydoux sont admirablement dirigés et prennent un véritable plaisir à jouer, dans tous les sens du terme... C’est un délice de les voir délivrer les tonnes de dialogues, car oui, le film est extrêmement bavard. Ça enchaine les joutes verbales et les dialogues ciselés… Mais, la cerise sur le gâteau, c’est la découverte de Manuel Guillot. Inconnu jusqu’alors, il n’a pas à rougir du quatuor de stars, et vient même voler la vedette en proposant sûrement les scènes les plus hilarantes du film. Et même si j’ai trouvé la fin moins aboutie, il n’en reste pas moins un grand moment de divertissement et à mon sens le meilleur film du réalisateur… Partager
- Critique de EN CORPS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film EN CORPS . EN CORPS ❤️❤️❤️❤️ Décidément Klapisch n'a pas son pareil pour ce qui est de filmer les relations humaines. Après une ouverture somptueuse, qui nous plonge au coeur des coulisses d'un ballet, il va faire passer son film du drame à un véritable feelgood movie. Toute sa troupe d'acteurs est dirigée à la perfection et on y croit. On a l'impression d'être une petite souris qui partage ces moments avec des personnages dont l'osmose semble tellement naturel. Tu sens que tout le monde prend plaisir et joue avec sincérité et ils transmettent ça au spectateur qui ressort de la salle le sourire au lèvres. Car oui, cette histoire de résilience et de persévérance est traversée par une vague de positivisme. Et c'est souvent drôle, certaines scènes sont même hilarantes (de ce côté là Marmaï et Civil nous régalent). Klapisch nous livre un sublime hymne à la danse, qui est au centre de son film, et prouve qu'il en a encore sous le capot. Partager
- Ce monstre de cinéma qui aurait mérité de prendre vie dans une salle obscure.
Découvrez notre critique détaillée du film FRANKENSTEIN . FRANKENSTEIN ❤️❤️❤️❤️ Ce monstre de cinéma qui aurait mérité de prendre vie dans une salle obscure. Deux ans après avoir adapté avec brio PINOCCHIO , Guillermo Del Toro s’attaque à un monument de la littérature avec FRANKENSTEIN. Un choix qui apparait comme une évidence, tant cette œuvre fantastique colle parfaitement à l’univers du réalisateur. Elle devient un formidable terrain de jeu, avec ce mélange de conte, d’horreur, de romantisme et de poésie qu’affectionne Del Toro. Rarement l’horreur n’aura été aussi belle à l’écran. Visuellement, le film est un régal. Les décors gothiques et les costumes somptueux plongent immédiatement dans l’ambiance du XIXᵉ siècle, tandis que le travail sur les couleurs, associant chaque personnage à une teinte particulière, transforme chaque plan en tableau. Les clair-obscurs rappellent l’œuvre de Caravage, et la musique d’Alexandre Desplat sublime la dualité entre horreur et beauté. Seul bémol : certains effets numériques, notamment sur les animaux, manquent de réalisme. Encore une fois, il y a une énorme frustration de ne pas pouvoir découvrir une telle œuvre dans une salle de cinéma. Mais FRANKENSTEIN ne se limite pas à sa beauté visuelle. Del Toro explore en profondeur les thèmes du roman : solitude, rejet, quête de savoir et responsabilité morale. Il multiplie les détails et les symboles, notamment sur la religion. Mais surtout, il nous livre une fable philosophique profonde où Dr Frankenstein et sa créature deviennent les deux faces d’une même pièce, chacun enfermé dans son isolement et confronté à sa monstruosité. Le réalisateur a toujours montré son amour pour les monstres et en fait le point d’orgue de son film rendant Victor Frankenstein bien plus monstrueux que sa créature. Et même s’il prend quelques libertés avec le roman, il réussit à offrir une véritable humanité à la créature. Le film doit aussi beaucoup à son casting. Oscar Isaac est habité par ce scientifique obsédé par ses ambitions, rongé par l’orgueil et les remords. Mais c’est Jacob Elordi, découvert dans EUPHORIA , qui impressionne le plus. L’acteur trouve ici son plus beau rôle, avec un jeu reposant énormément sur le corps et le regard rendant la créature à la fois fragile et terrifiante. Bien plus qu’un film d’horreur, le FRANKENSTEIN de Del Toro est une tragédie romantique sur la condition humaine et un des très grands films de l’année. Il signe non seulement une réinvention du mythe, mais une déclaration d’amour aux monstres et à l’humanité. Partager
- Critique UNORTHODOX – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée de la série UNORTHODOX UNORTHODOX ❤️❤️❤️❤️ Donc voici une bonne grosse baffe, rapide (4 épisodes) mais vraiment efficace. La série nous raconte l’histoire d’Esther, qui va fuir sa communauté juive ULTRA-orthodoxe en quête de liberté. Même si je suis on ne peut plus athée, j’ai toujours été intéressé par comprendre les différentes religions, qui l’air de rien font partie de n’importe quelle civilisation. Et une des grandes forces de la série est justement son côté « documentaire », avec une totale immersion dans une communauté aussi méconnue qu’extrémiste, à savoir les hassidiques de Williamburg. De nombreux flashbacks, vont nous aider à comprendre les règles qui rythment la vie de ses partisans, qui à l’instar des Mormons et autres Amishs de la religion chrétienne, vivent « sous une bulle » en marge de la société et du monde moderne. Esther décidera de quitter cette société qui multiplie les interdits et les obligations, et où le seul rôle de la femme se limite à enfanter à la chaine afin de compenser les pertes de l’holocauste… Même si forcément les agissements de cette communauté choquent… clairement… la série ne tombe pas dans une facilité, en la diabolisant ou en la caricaturant. Esther, malgré sa fuite, gardera d’ailleurs un certain respect pour cette religion et un réel amour pour sa famille. De même, la série réussit à rendre son mari, parti en quête pour la récupérer, assez attachant et complexe dans son écriture. Autre réel point fort de la série, son actrice Shira Winger. Et ça la réalisatrice l’a bien compris, en multipliant les gros plans sur son actrice, qui dégage une palette d’émotion assez bluffante. Que ce soit les scènes où Esther subie ces rites religieux d’un autre temps, mais aussi celles où elle découvre pour la première fois des libertés qui nous semblent tellement anodines sont saisissantes (comme cette scène de la plage qui laisse sans voix…). Après, la série n’est pas exempte de défauts. Comme par exemple le côté chasse à l’homme de l’histoire, qui malgré un travail notable sur ses personnages, est finalement assez secondaire. Mais aussi, la vie berlinoise de notre héroïne, avec ce côté « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Mais peu importe, au final ça reste le principal qui l’emporte, à savoir ce véritable hymne à la liberté et les émotions qu’elle nous apporte. Clairement un gros coup de cœur et une des séries 2020 à découvrir Partager
- Le meilleur twist que Shyamalan pourrait nous offrir : réussir à refaire un bon film…
Découvrez notre critique détaillée du film TRAP . TRAP ❤️ Le meilleur twist que Shyamalan pourrait nous offrir : réussir à refaire un bon film… Mais quel enfer, ce film ! Décidément, plus les années passent, plus il devient évident que Sixième Sens et Incassable étaient des coups de chance. Depuis, Shyamalan n’a cessé d’enchaîner, au mieux, des films moyens et, bien souvent, des purges comme PHÉNOMÈNES, LE DERNIER MAÎTRE DE L'AIR, AFTER EARTH, OLD, ou bien celui qui nous intéresse aujourd’hui : TRAP… Rien ne va dans ce film. Il est censé raconter la chute d’un psychopathe piégé par la police, mais c’est le spectateur qui se retrouve pris au piège pendant toute la durée du film… Bon, on passera vite fait sur un détail, mais dans le monde de Shyamalan, pendant un concert, il y a plus de monde qui se balade dans les couloirs à acheter des frites et des T-shirts que de gens qui regardent le show… Mais si seulement il n’y avait que ça… C’est un festival de scènes plus débiles les unes que les autres, d’incohérences, de facilités scénaristiques et de personnages secondaires au QI d’une huître. Tout n’est que prétextes stupides pour que notre protagoniste passe à travers les mailles du filet. On se demanderait presque si ce n’est pas un personnage caché de la trilogie du réalisateur sur les super-héros (son pouvoir : avoir une chance inouïe). On passe notre temps à être affligé par la débilité du scénario, ce qui a au moins eu le mérite de me faire rire tant ça va loin dans le n’importe quoi… Puis vient le moment où le film pourrait s’arrêter, mais NON !!! Il décide de lancer son fameux twist pour que le film parte dans une deuxième partie qui ferait passer la première pour du Godard… Et là, il n’y a même plus de mots pour décrire le naufrage. Et le film n’est même pas sauvé par l’acting, car entre Josh Hartnett qui réussit l’exploit d’avoir un jeu d’acteur à la hauteur de son charisme, et le réalisateur qui nous inflige sa fille… (Euh, on avait dit que depuis le flop AFTER EARTH, on arrêtait de faire jouer les gamins…). Alors, niveau mise en scène, ce n’est pas mauvais, mais par pitié, il faut qu’il arrête d’écrire ses films !!! Partager














