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  • MOURIR PEUT ATTENDRE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film MOURIR PEUT ATTENDRE . MOURIR PEUT ATTENDRE ❤️❤️❤️💛 Et le public aussi… Il aura tout de même fallu 18 mois de patience par rapport à la date initiale de sortie pour ENFIN découvrir ce dernier opus de l’ère Craig. Alors, je ne suis pas ce que l’on peut appeler un fan de la licence, même si je n’ai raté aucun opus, mais il est vrai que depuis que Daniel Craig a repris le rôle, mon intérêt a été accru. Du fait de la prestation de l’acteur, mais aussi car pour la première fois, il y avait une réelle continuité entre les épisodes. Ce qui a permis de nous offrir, à mon sens, les deux meilleurs films, Skyfall et Casino royale, malheureusement entachés par un insipide Quantum of Solace, et un très inégal Spectre. J’étais donc assez impatient de voir quel final allait être offert à ces cinq épisodes. Bon, force est de constater que mon avis est assez mitigé… Alors, oui, le film coche toutes les cases du cahier des charges d’un Bond. Déjà, le film offre une des meilleures scènes pré-générique (la première demi-heure est simplement PARFAITE). En deux temps, d’abord par une scène offrant une tension folle, puis une autre, plus classique, avec une scène d’action fidèle au genre et extrêmement maitrisée au niveau de la mise en scène. D’ailleurs, ça sera le cas pour toutes les scènes d’actions du film, à qui le réalisateur laisse le temps aux plans d’exister, sans utiliser les « sur-cuts » qu’on a tendance à voir dans les productions actuelles. Ça donne une vraie lisibilité aux séquences, amplifiée par le fait que très peu d’effets numériques sont utilisés, privilégiant les cascades… et forcément c’est d’autant plus impressionnant. De ce côté-là, c’est un sans-faute, on en prend plein les yeux. Comme depuis quinze ans, la prestation de Daniel Craig est parfaite. Il a une classe folle et amène énormément d’humanité au personnage, et en fait pour moi LE meilleur Bond. Le film prend d’énormes risques au niveau de la narration, chamboulant les codes. Mais même si certains s’insurgeront, c’est à mon sens clairement bienvenue, et dans la continuité de ce qui a été fait tout au long de ces cinq films. Les gadgets, raviront surement les fans de la première heure, car contrairement à ces dernières années, ils font vraiment parti du spectacle. Sans être dans le total fan service, c’est plutôt bien amené, comme certaines autres références aux anciens films. Ses James Bond girl, ne faisant pas état des habituelles simples potiches et autres conquêtes sexuelles de notre héros, risquent par contre d’en offusquer certains. Mais là aussi, c’est dans la continuité des précédents films, qui avaient bousculé les choses (Ne serait-ce que M qui était LA James bond girl de Skyfall). On aurait aimé plus de Paloma, interprétée par une Ana de Armas aussi pétillante qu'attachante, qui vole en quelques minutes un peu la vedette (mais je suspecte la production de vouloir lancer un spin-off avec le personnage…) et le personnage de Nomi est clairement un pied de nez à tout ce qui a pu être dit sur la succession de 007. Même si le film, comme ses prédécesseurs, est assez sombre, on peut être surpris de la présence d’autant d’humour. Et même si je suis LOIIIIIIIIIIN d’être fan de cette mode à gaver chaque blockbuster d'humour, souvent à l’intérêt douteux et portant préjudice aux films, ici les blagues sont souvent bien maitrisées et certaines punchlines fonctionnent très bien. Malheureusement, le film souffre de sérieux défauts… Même si certaines scènes marqueront immanquablement le spectateur, ce n’est clairement pas le cas de son scénario sans surprise, ni son méchant… Souvent, un grand Bond est synonyme d’un grand antagoniste, mais malheureusement, ici, même si Rami Malek est loin d’être ridicule, son personnage est très mal exploité et sortira vite de la mémoire du spectateur. Et le film est looooooooooong !!! Alors, oui même si la scène d’introduction est dingue, que le climax, ainsi que d’autres séquences font clairement le taf, bah… j’ai trouvé que ça manquait sérieusement de rythme et je me suis parfois ennuyé… Ce n’est clairement pas aidé par ce qui est LE gros problème du film : la relation entre Bond et Madeleine. Contrairement à certains, je ne dirais pas que ça vient du fait de l’interprétation de Léa Seydoux (qui s’en sort plutôt bien), mais plutôt à l'écriture, et une alchimie qui ne prend que très rarement. On est loin de la fusion avec Eva Green qui transperçait l’écran dans Casino royal. Et vu que cette relation est au centre du film, il perd énormément au niveau de l’émotion qu’il devrait dégager. Bref, un sentiment mitigé… Certes, il offre quelques grands moments et une magnifique porte de sortie au Bond de Craig, mais il est entaché par un scénario qui sera vite oublié… Sans être le grand film espéré, il restera tout de même un très bon divertissement. Partager

  • Le OFF 2025 baisse le rideau

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle BILAN FESTIVAL OFF 2025 Le OFF 2025 baisse le rideau BILAN FESTIVAL OFF 2025 Le OFF 2025 baisse le rideau Voilà, c’est déjà la fin de ce fabuleux Festival et donc le moment du bilan. Je voulais commencer par remercier tous ceux qui me suivent. Cette année a vraiment eu l’effet d’un tremplin, avec plus de 20 000 critiques lues sur le site. J’écris pour partager ma passion et aider les festivaliers à choisir des spectacles, et voir que de plus en plus de gens viennent consulter mes avis, avoir leurs retours, ainsi que ceux des artistes, ça motive énormément à continuer. Cette édition aura été assez folle : 52 spectacles vus sur plus de 1700 proposés, dont seulement 4 réelles déceptions (dont j’ai choisi de ne pas parler sur le site). J’ai vraiment eu la sensation que les spectateurs étaient présents en masse, avec de nombreuses salles combles. Il faudra attendre les chiffres officiels, mais j’ai le sentiment que c’était une très grosse année pour le OFF. Ça fait chaud au cœur de voir un public si nombreux, surtout quand on compare avec le monde du cinéma, où la situation est bien plus morose… comme en témoigne la fermeture, la semaine dernière, de trois salles dans ma ville… Mais ce que je retiendrai avant tout, ce sont mes deux immenses coups de cœur : MADE IN FRANCE , pour son écriture à la fois engagée et d’une drôlerie mordante, et sa mise en scène de haut vol. MARIUS , qui a réussi à me faire éclater de rire et verser des larmes, alors que je connais le film de Pagnol par cœur. Ça aura aussi été le plaisir de faire découvrir mon coup de cœur 2024 à des amis : ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE , un spectacle hybride qui aura fait salle comble tou le festival : succès mille fois mérité. De l’émotion et des larmes, j’en ai eu en pagaille cette saison : TOUT CONTRE LA TERRE , pour son histoire d’amour et son hommage vibrant aux agriculteurs. EMMA PICARD , avec une Marie Moriette magistrale, qui m’a touché en plein cœur. LE DESTIN SE MOQUE DES CHOIX , et son dernier acte ravageur . UN SOUPÇON D’AMITIÉ , pour son histoire poignante et une Ariane Brousse bouleversante. LE CHANT DES LIONS , une fresque historique qui m’a littéralement donné la chair de poule. Et puis il y a eu ces spectacles hors normes, qui m’ont laissé des images gravées à jamais : FACE AUX MURS , sans doute le spectacle de cirque le plus impressionnant que j’aie vu, où les prouesses des acrobates n’ont d’égal que le travail magistral sur les lumières. HAPPY APOCALYPSE , une proposition qui divisera peut-être, mais dont la scénographie sidérante pulvérise les frontières entre le IN et le OFF. Comme on dit souvent : « Quand on n’a pas les moyens, on a les idées » , et le OFF l’a une nouvelle fois prouvé avec une ingéniosité débordante : MADE IN FRANCE , que je citais déjà plus haut, avec sa batterie au cœur d’une mise en scène dynamique et ce décor en constante évolution. CLÉOPÂTRE , mis en scène par Éric Bouvron , qui nous embarque sans décor dans une chorégraphie tourbillonnante et inventive. DEMAIN TOUT LE MONDE AURA OUBLIÉ , qui enchaîne les idées à un rythme effréné. LE CHANT DES LIONS , et son immense travail sur le son avec ces bruitages créés en live par Mehdi Bourayou. KÉVIN , et sa conférence théâtralisée participative. Ce OFF 2025, c’est aussi la découverte d’une troupe fabuleuse, le Collectif l’Émeute , qui a réussi la prouesse de me faire redécouvrir deux classiques : LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD et L’ILLUSION COMIQUE . Avec un immense respect du texte, ils arrivent à moderniser ces œuvres grâce à leur mise en scène inventive et à l’énergie incroyable des comédiens. Et puis, bien sûr, tous ces immenses comédiens. Je ne pourrai pas tous les citer, mais comment oublier : Julie Cavana , et sa palette de jeu folle dans TRÉSOR NATIONAL . Marie Moriette , qui m’a transpercé le cœur dans son seule-en-scène EMMA PICARD . Ariane Brousse , et l’intensité bouleversante de son jeu dans UN SOUPÇON D’AMITIÉ . Pamela Ravassard , aussi magnétique que la poésie de sa mise en scène de ZOOM . Maud Forget , bouleversante d’intériorité contenue dans la peau de la jeune accusée dans LE PROCÈS D’UNE VIE Côté comédiens : Romain Lagarde , qui réussit presque à faire oublier Raimu dans MARIUS . Teddy Melis , et la subtilité qu’il apporte à Panisse dans la même pièce. Michaël Hirsch , et ce lien si fort qu’il tisse avec son public. Grégory Nardella avec son jeu intense mêlant grotesque et tension dans une scène hilarante de NOTRE JEUNESSE Mais celui que je retiendrai plus que tout, c’est Axel Granberger , pour son interprétation hallucinante de ROBERTO ZUCCO , dans une pièce aussi viscérale que dérangeante. Bref, clairement l’une de mes plus belles saisons de ce fabuleux Festival, qui aura été une nouvelle fois un tourbillon d’émotions. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • LE SERPENT: critique et avis | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique de la série LE SERPENT LE SERPENT ❤️❤️❤️💛 En attendant désespérément l’ouverture des cinémas, voici une mini-série britannique qui vaut vraiment le détour. Basée sur une histoire vraie où la réalité dépasse la fiction, elle nous raconte l’histoire hallucinante d’un des plus grands tueurs en série français, Charles Sobhraj. La première scène est une interview ou une journaliste lui demande « Avez-vous commis un meurtre » et lui qui répond avec froideur « Les tribunaux ont décidé : NON. Et je ne peux plus être reconduit devant aucun tribunal »… Puis la série part 25 ans en arrière. On y suivra l’histoire de ce psychopathe, mais aussi un diplomate hollandais qui va faire de son enquête une obsession. « Le serpent » nous offre une plongée dans les années 70 et nous fait voyager (Thaïlande, Népal, Inde…). Et il faut avouer que ça fonctionne à merveille. Décors, costumes, lumières… jusqu’au format Super 8 qui démarre chaque séquence, chaque détail nous nous imprègne un peu plus de cette ambiance seventies. La réalisation est propre et efficace. D’incessants allers-retours dans le temps pourront perdre les moins attentifs, pourtant ils aident à la construction de l’histoire en apportant des détails au fur et à mesure sur cette histoire sordide. Mais surtout, ces scènes nous proposent souvent de revoir certaines scènes par le regard d’un autre personnage, nous offrant un nouveau point de vu (malin et efficace). Sans jamais être gore, la série est souvent très malaisante. Quand on finit par comprendre les enjeux, ça fait froid dans le dos. L’interprétation de Tahar Rahim est glaçante. Décidément, après sa nomination aux Golden Globes, il a la côte. Il incarne un personnage tout en retenu, manipulateur, méthodique et aussi charismatique que flippant et sadique. On est fasciné par ce psychopathe terrifiant qui envoute ses victimes, et par la même occasion le spectateur, pour mieux frapper. Jenna Coleman est aussi parfaite dans son rôle de compagne du serial killer offrant un personnage extrêmement ambigu, pour lequel on va avoir autant de compassion que de haine. La relation entre les deux est clairement réussie et prend même souvent le dessus sur l’enquête. Quelques défauts viennent tout de même entacher le tableau. Le casting est globalement très bon, mais certains seconds rôles sont en dessous. Même si on ne peut qu’être admiratif devant l’interprétation de Jenna Coleman, si vous regardez la série en VOST, son accent TRES british quand elle parle français, alors qu’elle est censé jouer une Québécoise, peut paraitre bizarre Il y a certaines facilités scénaristiques, qui viennent nous interroger sur « où s’arrête la réalité et où commence la fiction » (même si après m’être documenté sur le sujet, certains passages qui semblent complètement WTF ont vraiment eu lieu) Et surtout on aurait aimé que la série aborde le procès et n’aille pas aussi vite dans son final. Mais malgré tout, la série est captivante, nous emporte et nous tient en haleine par son histoire incroyable, et surtout par son personnage principal fascinant. Et même si elle n’égale pas la parfaite « NARCOS », elle vaut vraiment le coup qu’on s’y attarde. Partager

  • Un malade imaginaire, mais des rires bien réels

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE MALADE IMAGINAIRE Un malade imaginaire, mais des rires bien réels LE MALADE IMAGINAIRE ❤️❤️❤️💛 Un malade imaginaire, mais des rires bien réels Sur scène, un unique élément de décor : un grand fauteuil doré trônant au centre. Pour le reste, tout repose sur la magie du texte de Molière, le talent des comédiens et la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre. Fidèle à son habitude, la troupe du Grenier de Babouchka s’empare d’un classique du théâtre avec une fidélité remarquable au texte original, tout en le rendant étonnamment accessible. Et une fois encore, même sans être un inconditionnel du théâtre classique, je me suis laissé emporter. L’humour acéré de cette comédie satirique et ses quiproquos savoureux jouent évidemment un grand rôle dans le plaisir du spectacle. Mais ce qui fait vraiment mouche, c’est le rythme effréné, la précision du timing comique, et un surjeu irrésistible qui déclenche les rires à la chaîne. Le phrasé reste d’époque, mais la mise en scène apporte une certaine modernité. Les gestuelles, les mimiques et les trouvailles visuelles des comédiens confèrent à l’ensemble un ton burlesque, parfois même une lecture nouvelle, comme en témoigne un final particulièrement bien pensé. Pour que cette mécanique fonctionne, il fallait un Argan de grande envergure et Daniel Leduc relève le défi avec brio : à la fois drôle, touchant, naïf, et parfois même enfantin, juché sur son trône comme un bébé dans sa chaise haute. Le reste de la troupe n’est pas en reste, mais il y a surtout Sophie Raynaud qui vole littéralement la vedette. Son énergie débordante et sa capacité à faire rire à chacune de ses apparitions forcent l’admiration. Une fois de plus, le Grenier de Babouchka réussit le pari délicat de revisiter un monument du théâtre tout en respectant son essence. Et le public, conquis, ne s’y trompe pas. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • NOS ANNÉES PARALLÈLES critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle NOS ANNÉES PARALLÈLES NOS ANNÉES PARALLÈLES ❤️❤️❤️❤️ Découvrir le spectacle annuel de Virginie Lemoine, c’est un peu comme manger un bonbon acidulé : tu ne sais jamais quel goût il va avoir, mais tu es certain que tu ne seras pas déçu. Et cette année, on peut dire qu’il était savoureux. Alors forcément du théâtre musical, avec mon amour pour le genre, je partais sur de bonnes bases. Pourtant ce genre de spectacle peut virer au carnage si quand le casting n’arrive pas à allier le jeu d’acteur et la justesse des chants. Mais là, en ce qui concerne le duo d'acteur, c’est un zéro faute qui permet de te concentrer juste sur les émotions que les deux artistes t’envoient. Et justement la pièce à ce côté « doux-amer » que j’affectionne tant. J’ai toujours été impressionné quand un spectacle arrive à te faire passer du rire aux larmes. Chose que réussit à faire Nos années parallèles avec tendresse et nostalgie en nous contant l’histoire et l’amour entre cette mère et son fils sur deux temporalités différentes. Un vrai hommage à toutes les mamans du monde. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • LA DÉLICATESSE critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA DÉLICATESSE LA DÉLICATESSE ❤️❤️❤️❤️💛 En dix minutes, on découvrira l’histoire d’amour entre Nathalie et François. Le talent de Sélène Assaf et Jean Franco fera qu’on y croit instantanément, mais un terrible accident viendra tout chambouler… S’en suivra un long chemin de résilience et une fable moderne sur le thème du deuil, traité de façon admirable et avec énormément de délicatesse… Rarement une pièce aura porté aussi bien son nom. Car oui, malgré le sujet lourd, le ton sera continuellement doux-amer et un vent de légèreté survolera le spectacle tout du long. Comme par exemple la mise en scène, avec ces personnages qui brisent constamment le quatrième mur, pour exprimer aux spectateurs ce qu’ils ressentent. Le choix que tous les hommes qui croiseront la vie de Nathalie soit interprétés par la même personne. Ou bien ce troisième comédien, un peu en retrait par rapport à l’histoire, mais avec un rôle pourtant central, que je vous laisserai découvrir. C’est bourré d’idées qui apportent énormément de tendresse à l’ensemble. Le texte est magnifique, alternant les moments drame, d’humour et de poésie. Ça joue avec nos émotions et ça le fait tellement bien… Aidé par l’interprétation du trio, toujours juste, qui fait qu’on s’attachera énormément aux personnages. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • BLUE EYE SAMURAI: critique et avis | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique de la série BLUE EYE SAMURAI BLUE EYE SAMURAI ❤️❤️❤️❤️💛 Cette série animée est sortie il y a déjà deux mois et j’ai bien failli passer à côté, ce qui aurait été une erreur, car on a affaire à une pépite qui est même certainement la plus belle chose qu’ait pondu Netflix en 2023 L’histoire se situe à l’ère d’Edo, alors que le Japon a décidé de fermer ses frontières et d’interdire au moindre étranger de poser les pieds sur son territoire. On y suit Mizu, un mystérieux samouraï métis aux yeux bleus, à la recherche des quatre uniques blancs présents au Japon au moment de sa naissance et susceptible d’être devenu son père en violant sa mère… Alors oui, ça semble être du déjà vu avec une énième histoire de vengeance, mais c’est sans compter sur l’écriture exemplaire de Michael Green, déjà aux manettes des scénarios de LOGAN et BLADE RUNNER 2049. L’histoire multiplie les sous-intrigues et nous plonge dans le Japon féodal du XVIIe sciècle, avec un travail évident de documentation pour nous offrir un regard réaliste sur l’époque qu’elle retranscrit. On est captivé par ses intrigues politiques, ses complots, ses trahisons, qui ne sont pas sans rappeler un certain GAME OF THRONES de ce point de vue-là. Les diverses machinations et les rebondissements (même si certains sont prévisibles) rendent l’ensemble passionnant. La série prend aussi un grand soin à l’écriture de ses personnages secondaires, avec notamment cette princesse Akimi, forcée d’épouser l’homme choisit par son père. Son évolution au fil des épisodes est exemplaire et elle réussit même parfois à voler la vedette. La place des femmes à l’époque est d’ailleurs centrale et très bien exploitée. Et mis à part son antagoniste principal terrifiant, une des forces de la série est justement de proposer des personnages ambigus et nuancés. Elle offre ainsi une galerie de personnages pour la plupart captivants. La série est extrêmement mature et propose un aspect très dur et cru de la position de la femme et du racisme de cette époque… Et même si c’est un animé, il n’est clairement pas destiné aux plus jeunes, d’autant plus qu’il propose certaines scènes de violences graphiques et sexuelles particulièrement crues… Mais même si on est ébloui par le fond, c’est surtout par la forme que la série impressionne. C’est une véritable claque visuelle que l’on doit au studio français Blue Spirit (cocorico !!!). On leur devait déjà le très bon MA VIE DE COURGETTE et certains épisodes de la série Marvel WHAT IF… ?, mais ici leur talent prend encore plus d’ampleur. La direction artistique est fabuleuse, avec un mélange 2D-3D admirable qui nous plonge dans l’époque, avec un souci du détail sur le moindre costume ou décor. Des décors qui s’apparentent souvent à des peintures japonaises du plus bel effet, avec un superbe travail sur les couleurs. D’autant plus que la mise en scène en met souvent plein les yeux, avec notamment des combats aux chorégraphies hallucinantes. Et même si souvent il y a un côté surenchère qui fait que ça perd en crédibilité, on lui pardonnera largement car le plaisir procuré est jouissif. Elle offre aussi quelques choix narratifs et visuels assez dingues comme le sublime épisode 5, qui à lui seul vaut le détour. Bref une énorme surprise, aussi bien narrative que visuelle, qui mérite amplement le succès qu’a rencontré ce petit bijou d’animation. Partager

  • Une ode à l’amour, l’amitié et aux artistes de l’ombre

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle FELICITÀ Une ode à l’amour, l’amitié et aux artistes de l’ombre FELICITÀ ❤️❤️❤️💛 Une ode à l’amour, l’amitié et aux artistes de l’ombre Dès l’ouverture, avec cette scène en forme de cœur et ce début en chanson, Felicità impose immédiatement son univers : une comédie douce-amère et musicale, portée par une énergie communicative , entre légèreté et désillusion. On suit un trio d’artistes qui célèbrent l’amour sur scène, mais dont les relations se fissurent dès que le rideau tombe. Le dispositif scénique, avec un décor amovible, permet de passer habilement de la scène aux coulisses, tandis que le travail sur les lumières joue avec les temporalités et accompagne les basculements émotionnels. La pièce monte progressivement en intensité et trouve un équilibre maitrisé entre comédie et drame . La musique y occupe une place centrale : elle rythme le récit et vient souligner les émotions avec justesse. Le trio fonctionne particulièrement bien. Au cœur du spectacle, la relation du couple, traversée par des visions opposées sur la place de la musique dans leur vie, crée une tension dramatique efficace. Le troisième personnage apporte, lui, un souffle de légèreté bienvenu, avec des touches d’humour qui relancent constamment l’énergie de la pièce. Je retiendrai particulièrement Nelly Bêchétoille, véritable cœur émotionnel de la pièce . Elle impressionne par la justesse de son jeu et par la force émotionnelle qu’elle insuffle à son personnage, déchiré entre l’envie d’oser ses rêves et l’attachement profond au trio qu’ils forment. Au-delà de l’histoire intime, l’écriture propose une réflexion plus large sur la condition des artistes et la difficulté de percer dans le spectacle vivant . La pièce agit comme un hommage à tous ceux qui, loin de la lumière, continuent à se dépasser à chaque représentation pour offrir du bonheur au public. Et puis, il y a ces chansons italiennes, universelles, qui servent de catalyseur. Car « Tout le monde aime les chansons italiennes, même ceux qui ne les aiment pas. ». On ressort avec le baume au cœur et des mélodies plein la tête . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Libérer la parole pour briser ce silence...

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle VIVE Libérer la parole pour briser ce silence... VIVE ❤️❤️❤️ Libérer la parole pour briser ce silence... Dans ce procès, Anaïs dénonce les abus commis par son père. Cette violence scellée dans le silence pendant trop longtemps, par peur, mais aussi sous la pression de son entourage... Le public est invité à s'asseoir autour de l'espace de jeu, devenant ainsi le jury et rendant ce récit choral des plus immerssif. Ils se retrouvent ainsi au centre du procès mais aussi des multiples flash-backs relatant l'enfance d'Anaïs, et son parcours du combattant pour réussir à s'extraire de cette emprise. Les comédiens occupent constamment le plateau, changeant leurs costumes sur scène pour incarner les différents personnages. Cela apporte énormément de rythme au spectacle, amplifié par une bande son rock-electro. La pièce a pour but d'informer le public et principalement les jeunes. Mais j'aurais aimé que la pièce aille plus loin sur certains points, et qu'elle rentre plus dans l'émotionnel que le pédagogique. Mais il faut avouer que sur ce dernier point, elle atteint son but, notamment lors d'une plaidoirie glaçante. Avec son espace scénique quadri-frontal et épuré, la pièce trouverait facilement une place pour être jouée dans des lycées ou des collèges. Et ne serait-ce que pour son pouvoir de lever le voile sur un fléau qui est malheureusement encore bien trop présent, la pièce mérite qu'on s'y attarde... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle MA FOUDRE L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie MA FOUDRE ❤️❤️❤️💛 L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie Olive est une jeune femme atteinte de psychose érotomane : persuadée que son ostéopathe, Simon, est amoureux d’elle, elle bâtit un univers obsessionnel dans lequel chaque geste, mot ou silence devient une preuve de cet amour fantasmé. J’avais découvert le travail de Laura Mariani avec LE JOUR OÙ J’AI COMPRIS QUE LE CIEL ÉTAIT BLEU qui avait marqué mon OFF. Elle poursuit ici son travail les trouble psychiques et la différence. La pièce s’ouvre sur une scène de fête où le jeu des comédiens, d’un naturel saisissant, nous permet de nous identifier très vite aux personnages. Puis, lentement, le réel se fissure. L’histoire glisse dans un entre-deux troublant, le monde réel et celui qui habite Olive. La scénographie ingénieuse offre deux espace scéniques distincts. L’avant-scène représentant les scènes réalistes du quotidien, où l’entourage d’Olive sera confronté à sa folie. L’arrière-scène surélevée, représente son espace mental, ses fantasmes et hallucinations. Des panneaux translucides seront le symbole de cette réalité brouillée dans l’esprit du personnage. La mise en scène joue brillamment sur les glissements entre réel et imaginaire : scènes dialoguées hyperréalistes alternent avec des séquences hallucinées, parfois musicales, parfois poétiques, donnant corps à la psychose d’Olive. La musique jouée en direct, incarnation spectrale de la figure paternelle, intensifie la tension émotionnelle et devient peu à peu un personnage à part entière. Les sept comédiens portent le texte avec une justesse remarquable. Mais je retiendrai surtout Odile Lavie, dans le rôle d’Olive, dont l’interprétation fragile et intense donne au personnage une complexité bouleversante. MA FOUDRE fascine autant qu’elle dérange. Elle parle de la folie sans juger, mêle le malaise à la poésie, et nous emporte dans un vertige où l’amour devient orage. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • VIRIL(E.S) critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle VIRIL(E.S) VIRIL(E.S) ❤️❤️❤️❤️ C’est le portrait de cinq femmes qui ne cochent pas les cases des standards de la féminité que nous imposent la société. Du début à la fin, elles vont envoyer valser ces codes, sans le moindre jugement, ce qui rend le propos encore plus fort. Elles vont nous raconter leurs vécus, leurs intimités, leurs doutes, leurs colères ou bien le regard que porte sur elle notre société… Continuellement, elles brisent le quatrième mur, nous interrogeant d’autant plus en nous impliquant dans leurs conversations. Elles aborderont sans tabous des thèmes comme leur rapport à la drague, la pilosité ou leur soif de liberté. Elles livreront leur discours avec un débordement d’énergie, entrecoupé de quelques chansons renforçant leurs propos. Le choix de choisir un homme pour interpréter Garance, le personnage le plus « féminin », n’est pas anodin, car même s'il est à l’origine de pas mal de rire, ça renforce le propos de la pièce, en envoyant un peu plus valser les codes. Car même s'il est souvent provocateur, ce spectacle hors norme n’est jamais manichéen. A la limite du documentaire, la véracité du jeu des comédiennes réussi parfaitement à transmettre son message de tolérance et de liberté. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un petit miracle d’écriture

    Découvrez notre critique du film LES DIMANCHES . Un petit miracle d’écriture LES DIMANCHES ❤️❤️❤️💛 Un petit miracle d’écriture Ainara, 17 ans, provoque un véritable cataclysme au sein de sa famille lorsqu’elle décide soudainement d’entrer dans les ordres et d’intégrer un couvent. Les Dimanches est un drame sensible qui offre une réflexion profonde sur la religion et la quête d’identité. Il brille avant tout par son écriture et par la qualité impressionnante de ses dialogues. Le film aborde un sujet complexe sans jamais juger ses personnages, respectant chaque point de vue avec une rare intelligence. Si la religion est au centre du récit, le film s’intéresse surtout à ses répercussions sur la cellule familiale. C’est avant tout une chronique intime qui utilise la foi comme révélateur des fractures enfouies. D’un côté, un père inquiet, démuni face à un choix qu’il ne comprend pas mais qui souhaite malgré tout le bonheur de sa fille. De l’autre, une tante athée, prête à tout pour éviter à sa nièce de sacrifier sa jeunesse sur l’autel de la foi. Le film acquiert alors une dimension universelle : la peur de voir un proche emprunter un chemin qui nous échappe. Les Dimanches ne force jamais les émotions ni les conflits hystériques, et parvient pourtant à installer une tension presque silencieuse. La mise en scène reste d’une grande sobriété, préférant se concentrer sur les ressentis. Photographie aux tons doux, musique discrète : tout est pensé pour accompagner les émotions sans jamais les surligner lourdement. Si le film fonctionne avec autant de force, c’est avant tout grâce à la justesse remarquable de ses comédiennes. La jeune Blanca Soroa impressionne par sa retenue et par le mystère qu’elle entretient autour des motivations de son personnage. Mais je retiendrai surtout Patricia López Arnaiz, bouleversante dans le rôle de la tante, dont le jeu nuancé oscille entre inquiétude, incompréhension et amour inconditionnel. Leur relation, finement écrite, devient le véritable cœur émotionnel du film. Les Dimanches est un film fascinant, d’une justesse et d’une qualité d’écriture exemplaires. Sans jamais forcer le trait, il réussit à toucher profondément, jusqu’à un montage alterné final, bluffant de maîtrise. Partager

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