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  • Zach Cregger fait s’évanouir les frontières entre drame et horreur.

    Découvrez notre critique détaillée du film ÉVANOUIS . Zach Cregger fait s’évanouir les frontières entre drame et horreur. ÉVANOUIS ❤️❤️❤️💛 Zach Cregger fait s’évanouir les frontières entre drame et horreur. Il y a trois ans, Zach Cregger surprenait tout le monde avec BARBARE, sorti directement sur Disney+. Si j’étais resté dubitatif face à son dernier acte, sa première partie m’avait marqué par sa maîtrise et sa façon de jouer avec les genres et les attentes du public. J’étais donc curieux de découvrir son nouveau film, dont les studios se sont disputé les droits. Une fois encore, Cregger réussit à surprendre en livrant un film horrifique qui échappe aux standards. L’intrigue débute dans une banlieue américaine : tous les enfants d’une même classe, sauf un, disparaissent mystérieusement de chez eux, à la même heure… Si le fantastique s’invite dès l’ouverture, le film démarre comme un drame. Plutôt que de plonger immédiatement dans l’horreur classique, le réalisateur s’intéresse aux conséquences de ce traumatisme sur les habitants. On retrouve ainsi une structure chorale, avec des chapitres dédiés à différents personnages, chacun apportant un point de vue unique et dévoilant peu à peu les mystères. Le parallèle avec les fusillades scolaires est évident, ce qui rend le titre original WEAPONS particulièrement pertinent au vu des thèmes abordés. La traduction française, ÉVANOUIS, perd un peu de cette portée symbolique. La première partie, à dominante dramatique, laisse toutefois planer l’ombre de l’horreur, ponctuée de quelques jumpscares bien dosés. Cregger prouve encore son talent pour installer une atmosphère et happer le spectateur par le mystère. Dans la seconde moitié, le film bascule davantage dans l’horreur, tout en déjouant une fois de plus les attentes avec un humour noir qui frôle parfois le burlesque. Ce choix audacieux divisera sans doute. Comme dans SINNERS sorti il y a quelques mois, les deux parties, radicalement différentes, explorent des émotions contrastées. Les spectateurs venus uniquement chercher des sensations fortes pourraient se sentir frustrés. En revanche, tout le monde s’accordera sur la qualité du casting. Les acteurs apportent une profondeur qui participe grandement à la réussite du film, avec une mention spéciale pour Julia Garner. Après OZARK, elle continue de s’imposer sur grand écran. Pour ma part, j’ai apprécié cette proposition qui ose sortir des sentiers battus. Et surtout, elle confirme que Zach Cregger est en train de s’affirmer comme un nouveau maître du genre. Partager

  • Rendez-moi Pixar !!!

    Découvrez notre critique détaillée du film ELIO . Rendez-moi Pixar !!! ELIO ❤️❤️💛 Rendez-moi Pixar !!! Le studio Pixar revient avec ELIO, un film original, ce qui mérite d’être salué à l’heure où les annonces de INDESTRUCTIBLES 3, TOY STORY 5 et COCO 2 envahissent les écrans. Mais cette originalité suffit-elle à retrouver la magie d’antan ? ELIO raconte l’histoire d’un jeune garçon, orphelin, élevé par sa tante, qui rêve de se faire enlever par des extraterrestres pour fuir un monde dans lequel il ne trouve plus sa place. L’idée est belle, puissante même : deuil, solitude, quête de sens, peur d’être seul dans l’univers… Les fondations sont solides, et j’espérais la double lecture qui a toujours fait la richesse des grands Pixar. Mais très vite, la déception s’installe. Les thématiques restent en surface. Le récit, au lieu de creuser ces sujets, se contente d’un enchaînement d’aventures colorées, dynamiques mais simplistes. La narration sacrifie l’émotion au profit de la légèreté, comme si le film ne s’adressait qu’à un jeune public. Alors attention, ce n’est pas un mauvais film pour autant. C’est visuellement abouti, avec des créatures mignonnes, des couleurs éclatantes dans tous les sens, et un rythme soutenu (parfois même au détriment de la narration). Les plus jeunes vont clairement passer un très bon moment. Il y a aussi quelques clins d’œil à RENCONTRES DU TROISIEME TYPE ou E.T. qui font plaisir et ancrent le film dans un héritage science-fiction/famille. Mais voilà, c’est à peu près tout. L’histoire est convenue, parfois même un peu niaise. Sans parler du fait qu’elle rappelle souvent LILO ET STITCH (un choix peu judicieux, surtout avec le remake live action qui vient de sortir). Au final, je suis resté totalement en dehors. J’ai même trouvé le temps long, avec un gros manque d’inventivité ou d’émotion, et un humour qui ne m’a arraché que quelques sourires. Sans être totalement raté, Pixar ne nous avait pas habitués à viser si bas. Le studio avait cette capacité rare à émouvoir petits et grands, à traiter des sujets profonds avec délicatesse, à nous faire rire et pleurer dans un même plan. Ici, on a juste une aventure anodine : jolie, mais bien fade. La sortie du dernier chef d’œuvre de Pixar, SOUL , semble bien éloignée et on pourrait presque faire un lien avec le rachat du studio par Disney, qui finit par uniformiser tout ce qu'il touche. Et j’ai tendance à me dire que peut-être que ce n’est pas moi qui ai perdu mon âme d’enfant, mais Pixar qui a un peu perdu la sienne… Partager

  • Critique de L’ÉVÉNEMENT – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film L’ÉVÉNEMENT . L’ÉVÉNEMENT ❤️❤️❤️❤️ Vu hier, le film aura été un véritable choc que je ne suis pas sûr d’avoir eu le temps de digérer. En 1963, Anne est une étudiante promise à un bel avenir universitaire. Malheureusement, elle va tomber enceinte d’un enfant non-désiré et va devoir se battre contre les lois pour disposer de son corps et de son avenir, à une époque où l’avortement est tabou et surtout condamnable. Si je vous en parle, c’est que le film a été un coup de cœur (ÉNORME coup de cœur). Mais clairement, ce qui fait pour moi la grande force du film risque de diviser. A savoir sa radicalité, que ce soit dans son scénario et sa mise en scène. Audrey Diwan prend le parti de se focaliser sur sa protagoniste et sa course contre la montre. Combat qu’elle devra vivre seule, dans la honte, tant le sujet est tabou, au pire engendrant la haine de certains, au mieux la peur ou le déni des autres. Rarement la solitude n’aura été aussi bien retranscrite sur un écran. Le film prenant même parfois des allures de film de résistance avec ses rencontres discrètes pour trouver une aide ou juste parler de l’innommable, avec cette peur incessante d’être surpris par la mauvaise personne. D’ailleurs, le mot avortement ne sera jamais directement prononcé… Ce sentiment de solitude est intensifié par une mise en scène exemplaire, sans fioriture ni artifice, mais d’une grande efficacité. Le format 4/3 enferme le personnage d’Anne, souvent filmée de dos, caméra à l’épaule, avec un énorme jeu sur les focales et la profondeur de champs qui font qu’elle est souvent la seule chose net à l’écran. Ça et l’utilisation de nombreux plans séquences, font que le spectateur se retrouve en immersion avec elle, seul et oppressé avec cette peur du regard des autres. Alors, oui le film est dur, TRÈS DUR, et certaines scènes sont extrêmement éprouvantes, même si la réalisatrice a la dignité de ne jamais être dans le frontal et utilise énormément le hors champs (même si souvent ce qu'on ne voit pas est pire que ce que l'on voit). Et même si elle n’est pas graphique, l’horreur pour le spectateur est bien là. Même si la véritable horreur est de se dire que pour de nombreuses femmes c’était le quotidien. On pense à nos mères nos grands-mères qui forcément ont été un jour touchées de près ou de loin par ce fléau. Mais bien sûr, pour que le film fonctionne, il fallait une grande actrice, d’autant plus que le personnage d’Anne est de quasiment tous les plans. Et Anamaria Vartolomei est flamboyante, avec un jeu d’une justesse impressionnante, qui prend aux tripes, sans jamais être dans le patho. On a peur, on espère, on souffre avec elle. L’effet est au moins aussi saisissant que son interprétation. Elle est entourée de nombreux seconds rôles qui donneront une réelle épaisseur à l’histoire et sur le regard de la société de l’époque sur l’avortement. Le film à un côté intemporel dans ses décors ou bien ses costumes et on met un certain temps pour identifier réellement l’époque. Comme pour nous rappeler que cette histoire se passait, en France, il n’y a pas si longtemps que ça… Voir pire c’est toujours le vécu de nombreuses femmes dans le monde… Le film fait énormément écho avec une fabuleuse pièce de théâtre de Fanny Cabon, LES GARDIENNES, retraçant la vie de ses femmes de l’ombre et de leur combat. Un constat terrible de la situation des femmes de cette époque… Bref un TRÈS GRAND film qui perdrait énormément à être découvert sur une TV. Un film intense et bouleversant, dont je suis sorti groggy, les larmes aux yeux, des nœuds dans le ventre et qui va trotter longtemps dans ma tête. Un film essentiel, qui mériterai d’aller taquiner les Texans aux prochains Oscars… Partager

  • Une absence qui remplit chaque plan…

    Découvrez notre critique détaillée du film LES ENFANTS VONT BIEN . Une absence qui remplit chaque plan… LES ENFANTS VONT BIEN ❤️❤️❤️💛 Une absence qui remplit chaque plan… Il y a deux ans, je découvrais Nathan Ambrosioni avec TONY EN FAMILLE, qui avait été une très belle surprise. Dans LES ENFANTS VONT BIEN, il retrouve Camille Cottin pour un nouveau drame familial. Une mère dépose ses deux enfants chez sa sœur avant de disparaître dans la nature. Avec un sujet aussi lourd, le réalisateur aurait facilement pu tomber dans la facilité ou l’excès mélodramatique. Pour son troisième film, à seulement 26 ans, il fait preuve d’une maturité impressionnante. Il évite le piège du pathos larmoyant et livre au contraire une œuvre d’une grande justesse émotionnelle. Il poursuit son travail sur la cellule familiale et transforme ce drame en un film intime, d’une sensibilité et d’une délicatesse rares. Certains lui reprocheront peut-être son rythme contemplatif, mais c’est précisément ce tempo qui fait la force du récit. Plutôt que de s’intéresser à la disparition, Ambrosioni oriente son récit vers les répercussions qu’un tel acte provoque sur l’entourage. Sans jamais forcer les émotions ni les grands discours, il réussit à capter un geste, un regard, pour exprimer le ressenti de ses personnages. Avec une mise en scène sobre, il joue avec les silences, les non-dits et le hors-champ pour montrer l’impact d’un tel abandon sur les enfants et sur leur tante, contrainte de devenir une mère de substitution dans un univers dont elle ignore les codes. Le film doit énormément à son casting. Camille Cottin livre une prestation tout en retenue, rendant son personnage profondément crédible. Par moments, l’ensemble prend des accents quasi documentaires, notamment lorsqu’il confronte le spectateur à l’absurdité du système. Les deux jeunes acteurs impressionnent également par le naturel de leur jeu, essentiel à la justesse du film. Loin du drame larmoyant ou spectaculaire, Ambrosioni signe un drame familial puissant, d’une délicatesse remarquable, dont le plan final reste longtemps ancré en mémoire. Partager

  • Une suite aussi divertissante que fainéante…

    Découvrez notre critique détaillée du film ZOOTOPIE 2 . Une suite aussi divertissante que fainéante… ZOOTOPIE 2 ❤️❤️❤️ Une suite aussi divertissante que fainéante… Il y a neuf ans sortait ZOOTOPIE, véritable surprise du côté de Disney : une claque visuelle, un univers bourré d’inventivité et un propos politique digne du meilleur Pixar. Alors, quand une suite a été annoncée, j’ai eu un peu peur. Disney a longtemps réservé ses suites à des direct-to-DVD, avant d’accoucher d’un LA REINE DES NEIGES 2 assez moyen, ou de bricoler ce qui aurait dû être une série pour en faire un VAIANA 2 mal ficelé mais forcément rentable… (Et oui, je mets de côté Pixar, qui reste malgré son rachat un studio à part entière.) Mais ce qui est certain avec ZOOTOPIE 2, c’est qu’on ne s’ennuie pas. Enfin… ils ne nous laissent pas le temps de nous ennuyer. Visuellement, c’est une dinguerie. On en prend plein les yeux, le travail sur les fourrures est bluffant, et surtout le film possède un sens du rythme impressionnant. Ça n’arrête pas une seconde : tout s’enchaîne avec une énergie folle, les séquences débordent de détails et d’easter eggs – allant des animés à… Kubrick ! Sur cet aspect, c’est une réussite totale. On passe son temps à scruter l’écran pour attraper les références au vol. Le film est également toujours aussi drôle, jouant avec les clichés de ses animaux pour en tirer des gags bien sentis. Mais si je disais plus haut que Disney ne nous laissait pas respirer, c’est aussi pour masquer le fait que ça sent clairement le réchauffé. La première évidence est le scénario : une enquête sur fond de discrimination et de racisme, exactement comme dans le premier film, avec un twist qu’on voit venir à des kilomètres. Remplacer les prédateurs par les reptiles ? Pourquoi pas. Mais encore aurait-il fallu les exploiter un minimum. Mis à part une scène très sympa dans un bar, ils restent aussi anecdotiques que le personnage de Gary. Ce qui est d’ailleurs le cas de la plupart des personnages secondaires, car là aussi le film souffre de la comparaison au premier film. Et c’est d’autant plus flagrant quand les anciens personnages font une apparition (souvent pour recycler d’anciens gags…). Quant au duo principal, même si c’est un plaisir de les retrouver, ils en sont toujours au même point : apprendre à accepter leurs différences pour mieux travailler ensemble… et s’aimer. Même si cela nous offre au passage une scène mémorable chez le psy, sans doute l’un des meilleurs moments du film. Alors, oui, j’ai vraiment pris du plaisir devant cette nouvelle aventure : c’est rythmé, drôle, visuellement somptueux, et sa morale sur le « vivre ensemble » fait toujours du bien. Mais je ne peux m’empêcher de penser que Disney a choisi la carte de la facilité pour nous offrir un film agréable mais que ne restera pas dans les annales. Le troisième opus est clairement annoncé dans la scène post-générique, avec l’introduction d’une nouvelle catégorie d’animaux. Reste à espérer que Disney ne se reposera pas encore une fois sur ses lauriers… Partager

  • Critique de DUNE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film DUNE . DUNE ❤️❤️❤️❤️💛 Ces derniers temps, j’ai souvent un souci avec les blockbusters. Entre ceux dont le « scénario » n’est que prétexte à cumuler les scènes en CGI, certes impressionnantes, mais donnant souvent l’impression de voir des cinématiques de jeux vidéos en tentant laborieusement de lier le tout avec une pseudo histoire. Puis il y a ceux qui font le travail niveau divertissement mais qui semblent tellement vu et revu. Mais parfois… Quand je suis sorti de Dune, j’étais un peu dans le même état que quand j’avais découvert au cinéma des films comme Matrix ou Le Seigneur des anneaux. J’étais conscient d’avoir assisté à une œuvre majeure qui va, je l’espère, impacter le cinéma à venir. Dune est donc l’adaptation d’un roman culte. En gros, c’est à la SF, ce que Le Seigneur des anneaux est au médiéval fantastique. N’ayant pas lu les livres et ayant un très vague souvenir du film de David Lynch (que je n’avais pas spécialement aimé, malgré mon admiration pour le cinéaste…), j’y suis allé avec un regard plutôt vierge. Alors, c’est de la SF, mais on est loin d’être dans du space opéra à la Star Wars, même si… Une planète désertique avec deux lunes, des guerriers qui se battent au sabre, une caste ayant des dons de télépathe… Bah dit donc Mr Lucas, on voit d’où vous est venue l’inspiration. Ce qui marque d’entrée, c’est la densité de l’univers. Denis Villeneuve prend son temps sur la première partie pour nous présenter le monde et il s’en sort très bien de ce côté. Même si j’imagine qu’il a dû faire des choix draconiens vis-à-vis des romans, l’histoire semble claire et les personnages, comme les enjeux, sont posés. Mais cette mise en place nécessaire risque de perdre une partie du public, d’autant plus que le cinéma de Villeneuve a un côté contemplatif… mais d’une beauté qui laisse admiratif. Car là où le film bluffe le plus, c’est par son côté visuel : c’est putain de beau !!! Chaque plan est léché, millimétré. Que ce soit les cadres retranscrivant parfaitement les échelles de grandeurs, notamment lors des scènes incluant les vaisseaux ou le ver des sables, mais aussi les jeux sur les éclairages et les ombres… Et il offre des plans longs permettant de nous en mettre plein les yeux tout en posant une atmosphère. Techniquement c’est vraiment du grand art, d’autant plus que les designs des vaisseaux et des costumes sont impressionnants. Le tout est sublimé par une partition musicale de Hans Zimmer exemplaire. Même si ce n’est pas le genre de BO qu’on écoutera en boucle, car il n’y a pas de réel thème musical, la musique accompagne parfaitement chaque scène en intensifiant le côté mystique et épique de l’ensemble. Niveau casting, forcément quand on voit la liste des acteurs, bah ça fait le travail. Même si beaucoup ont très peu de temps à l’écran, ils réussissent très vite à imposer leurs personnages. Le rapport mère-fils fonctionne à merveille et Rebecca Ferguson est envoutante. Si je devais émettre un bémol, ça serait au niveau de l’émotion. Malgré le fait que l’œuvre ait tout d’une tragédie Shakespearienne, j’ai finalement trouvé que ça en manquait. Alors c’est peut-être dû au côté très froid du film, que ce soit son ambiance, sa photographie ou ses personnages, mais j’aurai aimé être plus touché. Mais ça reste un détail, car ça a été une expérience cinématographique comme j’en ai rarement vécu, qu’il faut absolument voir en salle. Un film dont je suis ressorti avec plein d’images gravées, un univers que j’ai adoré découvrir et que je suis impatient de retrouver. Malheureusement, j’ai un peu peur qu’il ne soit pas assez grand public et qu’il ne rencontre pas le succès escompté (à l’image de « Blade Runner 2049 »). D’autant plus que Warner a décidé de le mettre en streaming sur HBO Max (sérieux, un film de cette ampleur sur un smartphone ???), donc ça va être la fête du piratage, ce qui pourrait mettre un terme à cette licence si prometteuse… Partager

  • L’horreur hors champ, plus glaçante que jamais.

    Découvrez notre critique détaillée du film LA ZONE D’INTÉRÊT . L’horreur hors champ, plus glaçante que jamais. LA ZONE D’INTÉRÊT ❤️❤️❤️ L’horreur hors champ, plus glaçante que jamais. C’est toujours compliqué quand tu décides de filmer la Shoah, pour ce qui est de ce que l’on doit montrer ou non, et même Spielberg en avait fait les frais dans son chef d’œuvre LA LISTE DE SCHINDLER avec la fameuse scène de la douche… Pour son film, Jonathan Glazer fait le choix radical de ne rien montrer et d’utiliser l’hors-champ pour décrire l’holocauste et le résultat n’en sera que plus glaçant pour le spectateur, grâce à un énorme travail sur le son. On va suivre la vie de famille du commandant Rudolf Höss dans leur maison de rêve et son jardin d’Eden… collée au camp d’Auschwitz… Une famille qui semble vivre une vie des plus banales alors que l’horreur a lieu de l’autre côté du jardin. Une horreur qui sera constamment présente par une bande son sidérante, avec constamment en fond sonore, les cris des prisonniers, des coups de feu, les ronronnements des fours… Et le malaise s’installe chez le spectateur qui voit cette famille semblant en faire abstraction et vivre une vie idyllique… La mise en scène fait le choix judicieux de filmer ses personnages par des plans fixes souvent éloignés et des caméras placées toujours aux mêmes lieux donnant l’impression de les observer via des caméras de surveillances. Le résultat, même s’il est troublant, fonctionne très bien et permet de laisser un écart entre les protagonistes et le spectateur, et d’éviter de créer la moindre empathie. Mais plus que le commandant Höss, qui semble gérer la rentabilité d’une usine, c’est sa femme qui nous pétrifie le plus, incarnée par une Sandra Hüller qui prouve une nouvelle fois son immense talent en étant méconnaissable dans son jeu. Et pourtant… malgré toutes ces qualités que je lui reconnais, je dois bien avouer que j’ai fini par trouvé que le film finissait par être redondant. Il faut dire que la proposition est extrêmement radicale, et même si l’ambiance et le malaise installés sont implacables, le fait d’observer cette famille se fait au détriment d’un réel scénario. Mais ce qui est certain, c’est qu’il aura réussi à me marquer profondément et qu’il n’a pas fini de résonner en moi… Partager

  • Critique de SOUND OF METAL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film SOUND OF METAL . SOUND OF METAL ❤️❤️❤️❤️ Darius Marder signe ici son premier film et on peut dire que c’est un coup de maître. On y suit un jeune musicien qui va apprendre qu’il sera bientôt sourd. Plus qu’un film sur le handicap et la musique, c’est un film sur la résilience, l’addiction, la renaissance mais aussi une histoire d’amour poignante. Même, si dans sa structure le film est assez classique, en reprenant les étapes du deuil (ici celui d’un sens) c’est surtout dans la façon de raconter son histoire que le réalisateur nous surprend. Mais avant tout, c’est une expérience sensorielle folle, car plus qu’un film, c'est clairement une œuvre qui s’écoute. Au même titre que The father, il y a quelques semaines, certaines scènes mettent le spectateur en immersion totale dans le ressenti de son personnage et la façon dont il perçoit les sons ambiants. Là où le premier utilisait le montage et les décors, ici c’est surtout grâce à un énorme travail sur le son. Le film basculera souvent entre le point de vue du héros et de son entourage. Le spectateur a souvent l’impression de perdre lui aussi l’ouïe. L’effet est saisissant et redoutablement efficace. Le son a une importance rare et en fait un vrai film de cinéma qui gagnera ENORMEMENT à être vu en salle obscure. A défaut, je vous conseille vivement de découvrir le film avec un casque audio afin de vivre au mieux cette expérience. Comme souvent dans ce genre de film, le succès repose sur les épaules de son acteur. Et Riz Ahmed nous offre une interprétation de haut vol et confère une grande humanité et une empathie profonde à son personnage. Même si le son est au centre du film, le ressenti du héros est aussi souvent appuyé par la façon dont le réalisateur filme au plus proche son héros. Le film étant assez avare en matière de dialogues, c'est souvent à l'aide d'un simple regard ou d’une mimique qu'il arrive à nous faire ressentir les émotions de son personnage. Rarement des silences ont exprimé autant de choses. Les émotions sont dosées et justes, ne faisant jamais tomber le film dans le patho. Malgré le peu de scènes qu’ils ont ensemble, la relation entre le couple est vraiment bien travaillée et on y croit. Le film est aussi une plongée et une sensibilisation sur la communauté des sourds et malentendants, et ce avec énormément de respect. Le film va jusqu’à offrir une VOST pour malentendants, incluant la description des sons ambiants (intensifiant l’immersion) mais aussi, chose assez rare pour être notée, les sous-titres des passages en français, offrant ainsi une accessibilité au plus grand nombre. Bref, encore un joli coup de cœur, une œuvre originale, intense, déstabilisante et qui je l’espère vous marquera autant qu’elle l’a fait avec moi. Partager

  • Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant.

    Découvrez notre critique détaillée du film BUGONIA . Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant. BUGONIA ❤️❤️❤️ Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant. Deux cousins conspirationnistes kidnappent une grande cheffe d’entreprise pharmaceutique. Ils vont la séquestrer et l'interroger , convaincus qu’elle est en réalité une extraterrestre envoyée sur Terre afin de détruire l’humanité. Voilà le point de départ délirant de BUGONIA. Pour leur quatrième collaboration, Yorgos Lanthimos et Emma Stone se réapproprient SAVE THE GREEN PLANET de Jang Joon-hwan (2003) et nous embarquent dans ce qui sera probablement l’un des films les plus fous de l’année. BUGONIA s’impose comme une farce satirique qui n’est pas sans rappeler EDDINGTON d’Ari Aster — ce qui n’a rien d’étonnant puisque ce dernier en est l’un des producteurs. Mais même si BUGONIA possède de nombreuses qualités, je pense que je n’étais clairement pas prêt pour une proposition aussi radicale. Le principal atout du film réside sans doute dans son duo d’acteurs. Le film repose énormément sur la qualité de leur jeu, sans laquelle le récit aurait pu sombrer dans le ridicule. Emma Stone incarne une femme d’affaires cynique et manipulatrice, qu’elle rend délicieusement détestable. Face à elle, Jesse Plemons campe un marginal pathétique, enfermé dans ses obsessions complotistes. Ensemble, ils forment un duo qui nous entraîne dans des scènes à la fois absurdes et provocantes, au risque de décontenancer le spectateur. Comme toujours chez Lanthimos, la mise en scène est d’une grande maîtrise. Même si le dispositif du huis clos la contraint, il parvient à en tirer une atmosphère anxiogène redoutable. L’utilisation du VistaVision offre des plans d’une ampleur somptueuse, magnifiés par un travail remarquable sur la lumière et la colorimétrie. Ce raffinement visuel contraste avec la violence et l’humour noir de cette satire sociale. Le tout est accompagné par une musique orchestrale qui colle parfaitement au côté théâtral de l’œuvre. Le film pose d’ailleurs un regard sombre sur l’état de notre société, soulignant les dérives idéologiques, la manipulation de masse et l’absurdité du monde contemporain. Il critique à travers un humour très sombre aussi bien le capitalisme que les théories du complot, tout en abordant l’écologie et l’avenir de l’humanité. Mais BUGONIA est empreint d’une noirceur, d’une violence et d’une froideur qui risquent de laisser certains spectateurs à distance. D’autant plus que nous assistons à un combat entre deux monstres, auprès desquels nous avons bien du mal à nous identifier. Le récit peine également à démarrer et souffre de quelques longueurs, même s’il s’emballe de manière spectaculaire dans son dernier acte. Mais là encore, même si son final est aussi malin que surprenant, il reste difficile de saisir clairement le message que Lanthimos veut réellement transmettre. Certains pourront aussi lui reprocher quelques facilités scénaristiques, pourtant totalement assumées par l’absurdité des situations. Avec BUGONIA, le réalisateur bouscule une nouvelle fois les codes, au risque de diviser le public, mais livre sans doute son film le plus abordable pour le grand public. Et même si je ne suis pas entré totalement dans le délire, sa proposition aura tout de même réussi à me fasciner. Partager

  • La rom-com idéale… pour annuler un mariage.

    Découvrez notre critique détaillée du film THE DRAMA . La rom-com idéale… pour annuler un mariage. THE DRAMA ❤️❤️❤️❤️ La rom-com idéale… pour annuler un mariage. The Drama commence comme la promesse d’une comédie romantique portée par sans doute le couple le plus glamour de 2026 : Zendaya et Robert Pattinson. L’alchimie est immédiate, évidente, séduisante. On s’installe confortablement… avant de comprendre que le film est en train de nous piéger. Très vite, le vernis se fissure. La romance glisse vers quelque chose de plus trouble, flirtant avec le thriller paranoïaque, où chaque échange devient suspect et chaque silence pesant. Le film est constamment sur le fil du rasoir, installant une tension permanente et ce sentiment que tout peut basculer à chaque instant. L’humour noir sec et grinçant fait rire autant qu’il met mal à l’aise. La mise en scène accentue cette perte de repères : entre présent, souvenirs, récits et fantasmes, la réalité devient instable… Au cœur de cette tension se cache le fameux “secret”. On aurait pu attendre quelque chose de plus spectaculaire, mais le choix est finalement plus judicieux : plus simple, plus crédible, et surtout beaucoup plus dérangeant parce qu’il résonne avec des traumas très actuels. En filigrane, il pose une question perturbante : faut-il vraiment tout connaître de l’autre pour l’aimer, ou l’amour repose-t-il aussi sur ce que chacun choisit de taire ? Tout n’est pas parfaitement maîtrisé pour autant. Après un départ fulgurant, le film traverse un ventre mou où il tourne un peu en rond, étirant ses idées sans toujours faire progresser la tension. Et même si le dernier acte est d’une intensité remarquable, presque anthologique, on peut regretter une scène finale un peu facile qui tranche avec la subtilité du reste. Côté interprétation, Zendaya est troublante, impénétrable, fascinante. Pattinson, lui, livre un personnage à la fois irritant et captivant : son côté immature et stupide énerve autant que le soin qu’il porte à être décoiffé, contribuant à casser l’image du couple parfait. Au final, The Drama est un film imparfait mais marquant. Comme son précédent film, Dream Scenario , Kristoffer Borgli livre une œuvre surprenante, malaisante, portée par un humour caustique qui désamorce autant qu’il dérange. Et si vous êtes à deux semaines de votre mariage, en pleine montée de stress et de doutes existentiels… disons simplement que ce n’est peut-être pas le meilleur choix de séance. Partager

  • Cette surprise de la rentrée sortie des flammes

    Découvrez notre critique détaillée du film THE LOST BUS . Cette surprise de la rentrée sortie des flammes THE LOST BUS ❤️❤️❤️💛 Cette surprise de la rentrée sortie des flammes Basé sur le tragique incendie de 2018 à Paradise, en Californie, qui a coûté la vie à 85 personnes, THE LOST BUS raconte l’histoire vraie de Kevin McKay, un chauffeur de bus scolaire qui se retrouve pris au piège avec vingt-deux enfants dans son véhicule, alors que les flammes dévorent tout sur leur passage. Après une courte introduction qui esquisse le quotidien modeste de Kevin, le film entre rapidement dans le vif du sujet : l’incendie. Paul Greengrass plonge rapidement le spectateur dans l’urgence absolue. La tension monte, implacable, au rythme des flammes qui engloutissent tout sur leur passage. Fidèle à sa mise en scène nerveuse et immersive, Greengrass use de la caméra à l’épaule et d’un montage haletant pour capturer le chaos. Certaines scènes proches du documentaire renforcent le sentiment d’urgence et d’impuissance. On ressent presque physiquement la chaleur, la panique et la désorientation qui s’emparent des personnages. Chaque plan semble capté sur le vif, chaque séquence respire la peur et le courage mêlés. Matthew McConaughey incarne avec sobriété un homme ordinaire confronté à l’extraordinaire, épaulé par America Ferrera, dont la sensibilité ajoute une dimension profondément humaine au récit. Là où beaucoup de films catastrophes privilégient le spectaculaire, THE LOST BUS choisit de rester au plus près de l’humain. Greengrass ne filme pas seulement le feu : il filme la peur, la solidarité et le courage collectif. Même si ce n’est pas le cœur du récit, le film interroge aussi sur la responsabilité humaine et le dérèglement climatique, à l’origine de ces catastrophes de plus en plus fréquentes. Certes, THE LOST BUS n’échappe pas à quelques faiblesses : des dialogues parfois convenus, quelques facilités scénaristiques ou une intensité émotionnelle parfois appuyée. Mais la tension constante du film l’emporte largement sur ces réserves et cloue le spectateur à son fauteuil… Et c’est là que vient un de mes plus gros souci avec le film. Sa sortie en streaming sur Apple TV réduit énormément la puissance visuelle et immersive que le film aurait eu sur grand écran. Car ses plans vertigineux, ses scènes de chaos d’un réalisme saisissant méritaient d’être vécus dans une salle obscure. Paul Greengrass nous offre ici un film catastrophe imparfait mais a l’efficacité redoutable et qui n’a pas à rougir face aux classiques du genre. Intense et bouleversant THE LOST BUS est à la fois un hommage aux héros du quotidien et plongée suffocante dans l’enfer des flammes. Partager

  • Une comédie qui fait mouche, et touche en plein cœur.

    Découvrez notre critique détaillée du film NOUS, LES LEROY . Une comédie qui fait mouche, et touche en plein cœur. NOUS, LES LEROY ❤️❤️❤️❤️ Une comédie qui fait mouche, et touche en plein cœur. La comédie douce-amère est un genre que j’apprécie particulièrement, aussi bien au théâtre qu’au cinéma, mais il est rare de réussir à trouver le parfait équilibre entre comédie et drame. Et pour son premier film, Florent Bernard n'est pas loin de transformer son coup d’essai en coup de maitre. Le film a pour principal atout une écriture millimétrée. On rit beaucoup, grâce des dialogues d’une efficacité redoutable, aidé par un casting aux petits oignons. Le moindre second rôle est un pur délice. Que ce soit le dessinateur arrogant, le serveur lourdingue, ou le gendarme compatissant, c’est un vrai bonheur de voir des acteurs aussi investis pour nous faire rire, et ça fonctionne. Alors, oui, le film a par moment des allures de film à sketches, mais on lui pardonne volontiers vue le plaisir qu’il nous procure. Mais plus que de réussir à nous faire rire, le film arrive particulièrement à nous toucher, en abordant des thèmes comme le couple, le temps qui passe ou la famille. Le spectateur se retrouve forcément, à un moment ou un autre, concerné par les aventures de cette famille, avec certaines situations qui résonneront forcément. D’autant plus qu’il fait ça sans jamais forcer le trait et surtout grâce à un duo d’acteur qui sont au sommet de leur art. Ça faisait longtemps qu’on ne les avait pas vu livrer une aussi belle prestation. Une Charlotte Gainsbourg sur le fil et d’une justesse incroyable et un José Garcia, à contre-emploi du rôle de pitre, qui lui va souvent très bien, et auquel il nous a souvent habitué. Même les ados, ne sont pas de simple faire valoir et ont vraiment quelque chose à apporter au récit. Alors, oui, la mise en scène est assez classique, même si le film propose une ouverture qui a elle seule vaut le détour, mais le film réussit à nous faire vivre une valse d’émotions qui en font une excellente surprise de ce début d’année. Partager

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