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  • Critique de THE NIGHTINGALE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film THE NIGHTINGALE . THE NIGHTINGALE ❤️❤️❤️❤️ Le film prend place au début du dix-neuvième siècle, et abordera le colonialisme australien et le racisme, en en faisant bien plus qu’un prétexte pour placer son histoire. Notre héroïne, esclave partie en chasse de ses bourreaux, fera appel à un aborigène pour lui servir de guide dans la forêt tasmanienne. La relation entre ces deux personnages qui vont apprendre à se connaitre fait merveille et est au centre du film. Elle y sera même pour beaucoup dans sa réussite. Mais bien sûr le thème principal du film sera le deuil, admirablement traité à travers toutes ses phases, la colère, la culpabilité, la tristesse, le désir de vengeance… Le film ne fait jamais l’erreur de faire de son personnage une femme badass qui dézingue à tout va. Au contraire, ses réactions restent souvent humaines, on y croit et ça aide énormément à l’empathie qu’on ressent pour elle. Tout cela aidé par une interprétation de haut vol de l’actrice qui nous fait ressentir ses émotions. Au final le film ressemble bien plus à un Impitoyable ou un Délivrance qu’à un I spit on your grave. Bref, même si il ne plaira pas à tout le monde, je vous invite à découvrir ce film intense, tout en sachant que l’expérience sera extrêmement éprouvante. Partager

  • Une plongée suffocante et bouleversante au cœur d’un hôpital en crise.

    Découvrez notre critique détaillée du film L’INTÉRÊT D’ADAM . Une plongée suffocante et bouleversante au cœur d’un hôpital en crise. L’INTÉRÊT D’ADAM ❤️❤️❤️ Une plongée suffocante et bouleversante au cœur d’un hôpital en crise. Avec son deuxième film, Laura Wandel confirme qu’elle est bien plus qu’une promesse du cinéma social belge. Après UN MONDE, qui observait le harcèlement scolaire littéralement à hauteur d’enfant, elle déplace ici son regard vers l’hôpital et raconte l’histoire d’Adam, 4 ans, hospitalisé pour malnutrition sur décision de justice. Dans les deux cas, elle montre comment des cadres censés protéger l’enfant peuvent paradoxalement l’écraser ou le mettre en danger. La mise en scène, d’un naturalisme quasi documentaire, se transforme vite en véritable thriller. Collée à l’épaule de l’infirmière Lucy, caméra portée et plans-séquences plongent le spectateur dans une nuit étouffante, rythmée par des dilemmes moraux permanents : obéir au règlement ou tendre la main à une mère en détresse ? Cette immersion en quasi temps réel rend le récit oppressant et palpitant. En toile de fond, le film dresse aussi un portrait glaçant d’un système hospitalier épuisé : manque de moyens, pression sur les soignants, défiance des patients, sexisme ordinaire. Wandel capte cette réalité sans didactisme, à travers le vécu intime de ses personnages. Le récit repose entièrement sur le trio central. Léa Drucker impressionne dans le rôle de Lucy : sobre, précise, elle incarne une femme partagée entre le professionnalisme et l’élan de la compassion. Anamaria Vartolomei apporte toute la complexité nécessaire à cette mère fragile et obstinée, dont l’amour maternel se mêle au désespoir et à l’entêtement. Et comme dans UN MONDE, Wandel révèle un incroyable talent de direction d’acteurs enfants : le jeune Jules Delsart est bouleversant de naturel, rendant palpable l’innocence et la vulnérabilité de son personnage. La cinéaste filme sans juger, refusant tout pathos, et c’est précisément cette retenue qui donne à l’émotion sa puissance. Certains spectateurs pourront reprocher au film son intensité suffocante et ses situations parfois attendues, mais son format court (1h13) en fait une œuvre tendue et profondément humaine. Partager

  • Critique de ABOUT KIM SOHEE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film ABOUT KIM SOHEE . ABOUT KIM SOHEE ❤️❤️❤️❤️ Ce film Coréen est basé sur un fait divers qui a bouleversé le pays et qui pour le coup m’a mis une jolie petite baffe… On y suit donc Kim Sohee, une étudiante, passionnée de danse, au caractère bien trempé et qui, en intégrant un stage, se verra pourtant broyée par un système ultra-libéral. Le film dresse un portrait glaçant de la société Coréenne où les libertés individuelles sont écrasées par l’aliénation au travail à laquelle sont soumis les citoyens. Que ce soit, dans le monde du travail, dans le milieu scolaire, la famille, c’est assez sidérant de voir la façon dont ils sont continuellement confrontés à un culte de la performance, à la compétition, et à la comparaison aux autres… Mais si le film est aussi fort, c’est surtout grâce à son écriture, qui nous offre presque deux films en un, avec deux point de vues différents, mais complémentaires, et rendant le message du film encore plus puissant. On passera ainsi, d’un drame social et d’un portrait humain, à un polar tout aussi passionnant. Par contre, on peut se questionner sur le nom du film pour les salles françaises : son titre original NEXT SOHEE prend tellement plus de sens… Ici, il n’y a aucune fioriture, et pourtant on sombre en même temps que l’héroïne. C’est d’une justesse et d’une subtilité qui impressionne. La mise en scène est très sobre, avec notamment très peu de passages musicaux mais qui viennent savamment souligner les propos du film. Un film sociétal implacable et qui laisse sans voix lors d’un dernier plan extrêmement fort de sens. Partager

  • Dubosc s’invite chez les frères Coen.

    Découvrez notre critique détaillée du film UN OURS DANS LE JURA . Dubosc s’invite chez les frères Coen. UN OURS DANS LE JURA ❤️❤️❤️💛 Dubosc s’invite chez les frères Coen. Après l’excellent Vingt Dieux, le Jura continue d’inspirer le cinéma français. Avec son troisième long-métrage, Franck Dubosc s’éloigne de ses habituels terrains de jeu pour nous offrir une comédie noire aux accents de polar, teintée de drame familial et de romance. Et il faut avouer, l’acteur-réalisateur s’en sort avec brio dans cet exercice d’équilibriste. Impossible de ne pas penser au cinéma des frères Coen, et en particulier à FARGO. UN OURS DANS LE JURA nous plonge dans une enquête policière enneigée, qui va cumuler les personnages excentriques. Des évènements imprévisibles vont s’enchaîner pour donner lieu à des moments tour à tour absurdes et brutaux. L’humour du film va assez loin dans la noirceur, flirtant avec le macabre et le subversif sans jamais sombrer dans la lourdeur. Cet humour jouissif est clairement un des points forts du film. Car même si le rythme est inégal, les dialogues sont souvent savoureux et il y a des moments de comique de situation mémorables qui provoquent de véritables éclats de rire. Le film est aidé par une belle galerie de personnages hauts en couleur qui vient enrichir le récit. Cette bande de pieds nickelés, multipliant les bourdes, est servie par un scénario qui leur laisse le temps d’exister. Sous des airs parfois caricaturaux, chacun se révèle étonnamment nuancé. Le couple Laure Calamy – Franck Dubosc fonctionne très bien, mêlant pathétique et tendresse. Benoît Poelvoorde est irrésistible dans son rôle de gendarme aussi maladroit dans son métier que dans son rôle de père. Certes, le film n’est pas exempt de défauts : quelques facilités scénaristiques et un dernier acte un peu moins abouti laissent un léger goût d’inachevé. Mais cela n’entame en rien le plaisir que procure cette comédie caustique, jubilatoire et délicieusement amorale. Pour ce début d’année, Franck Dubosc relève haut la main le défi et signe un film aussi audacieux que jubilatoire. Partager

  • Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination.

    Découvrez notre critique détaillée du film CEUX QUI COMPTENT . Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination. CEUX QUI COMPTENT ❤️❤️❤️ Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination. Rose, mère d’une famille dysfonctionnelle, fait la rencontre de Jean, un marginal qui va lui tendre la main. Elle la saisit… et tout le reste avec. Le film commence comme une comédie jouant avec des situations parfois improbables pour provoquer le sourire. Mais ce ton léger ne dure pas : peu à peu, le récit glisse vers une tonalité douce-amère, où le rire laisse place à une émotion plus nuancée. Le film va ainsi jouer avec des ruptures de ton pour transformer le récit initial en un drame sincère, loin des effets dramatiques appuyés. Jean-Baptiste Leonetti fait passer la dramaturgie par les silences, les regards et les gestes. Notamment avec le personnage de Pierre Lotin, extrêmement mutique, qui fait souvent résonner ce que les autres n’expriment pas. Sa relation avec celui de Sandrine Kiberlain fonctionne comme un duo mal assorti, d’abord dissonant, mais qui finit par se compléter. Le film détourne les codes de la comédie romantique (rencontre improbable, frictions, rapprochement progressif) sans jamais basculer pleinement dans la romance. Il privilégie l’évolution humaine plutôt que le romantisme attendu. Le contraste entre Rose, solaire et expansive, et Jean, taciturne et retenu, contribue également à cette dynamique, créant un équilibre subtil entre énergie et intériorité. On peut toutefois regretter un rythme parfois trop lent, qui, bien qu’en accord avec cette approche intimiste, finit par freiner l’élan du récit. De même, certaines situations comiques, un peu trop artificielles, viennent par moments affaiblir l’émotion sincère que le film cherche à faire émerger. Ceux qui comptent s’impose finalement comme un portrait intime et profondément humain. Celui d’une mère courage, véritable force de la nature, prête à tout pour les siens. Mais aussi un film sur la résilience et l’entraide. Et rien que pour cela, on lui pardonne volontiers ses quelques faiblesses. Partager

  • Un grand cru jurassien, à savourer sans modération.

    Découvrez notre critique détaillée du film VINGT DIEUX . Un grand cru jurassien, à savourer sans modération. VINGT DIEUX ❤️❤️❤️❤️ Un grand cru jurassien, à savourer sans modération. Totone, 18 ans, passe son temps à boire des bières avec ses potes dans les bals du Jura. Mais lorsque le destin le rattrape, il doit trouver un moyen de gagner de l’argent pour s’occuper de sa petite sœur de 7 ans. Il se décide alors de se lancer dans la fabrication du comté, avec l’ambition de décrocher la médaille d’or et le prix qui va avec… Des histoires de grand frère contraint de grandir trop vite pour prendre soin de sa jeune sœur, on en a déjà vues. Mais comme on dit : « Toutes les histoires ont déjà été racontées, ce qui compte, c’est la façon de le faire. » Et c’est là que l’amour de Louise Courvoisier pour sa région du Jura fait toute la différence, car il transpire littéralement à travers le film. Cela donne une vraie authenticité à son œuvre, sans jamais tomber dans le drame social naturaliste. Au contraire, le format cinémascope et les couleurs éclatantes apportent un côté romanesque à l’ensemble. Louise Courvoisier filme sa région natale avec un regard amoureux, une sensibilité qui se ressent à chaque instant. Chaque geste de fabrication du comté est capté avec une précision presque chorégraphique, mais sans jamais sombrer dans le documentaire. On se retrouve donc à triple récit initiatique. Bien sûr, celui d’un jeune homme confronté à ses responsabilités d’adulte pour élever sa petite sœur. Il y a aussi un côté « film de pote », avec ces jeunes, en mode débrouille, essaient de fabriquer le fromage parfait malgré leur totale inexpérience. Mais il y a aussi cette romance délicate, où Totone découvre l’amour et le sexe grâce à une jeune fermière. L’écriture est d’ailleurs assez maline et souvent, on semble deviner où veut aller le film, mais la réalisatrice arrive à nous surprendre en nous emmenant dans une direction inattendue. Mais surtout, il faut parler du gros atout du film : ses acteurs. Le choix d’un casting non-professionnel est un pari risqué, mais ici, il s’avère être un coup de maître. Les acteurs jouent avec un naturel déconcertant, rendant chaque situation crédible et poignante. Clément Faveau est clairement LA révélation du film. Il illumine l’écran par son naturel et son charisme brut. Il devrait sans difficulté se retrouver parmi les prétendants au César du meilleur espoir masculin. On espère que cette reconnaissance le poussera à mettre de côté sa carrière d’éleveur de poules pour se consacrer au cinéma, qui semble lui ouvrir un avenir des plus prometteurs. À ses côtés, Maïwène Barthelemy incarne un personnage féminin fort dans cet univers d’hommes. Elle campe son rôle avec une assurance rare, et son duo avec Faveau fonctionne à merveille. Ensemble, ils offrent une relation à la fois touchante, drôle et pleine de maladresse. Et enfin, il y a Luna Garret, la cerise sur le gâteau. Cette petite fille crève littéralement l’écran. Bien que son rôle soit secondaire, il est rare de voir une enfant jouer avec une telle justesse. Que ce soit à travers ses rares dialogues ou son regard, elle touche toujours juste et emporte le spectateur qui tombe instantanément sous son charme. Avec cette ode à la jeunesse jurassienne, Louise Courvoisier signe une véritable surprise en cette fin d’année, à la fois tendre et sincère… Partager

  • Un thriller scolaire d’une redoutable tension.

    Découvrez notre critique détaillée du film LA SALLE DES PROFS . Un thriller scolaire d’une redoutable tension. LA SALLE DES PROFS ❤️❤️❤️❤️ Un thriller scolaire d’une redoutable tension. Clara Nowak, une jeune prof décide de mener son enquête, à la suite d’un vol au sein de l’établissement et des soupçons qui semblent accuser un élève. Cet incident pouvant sembler anodin va l’entrainer dans une spirale infernale ou un effet boule de neige entrainera de terribles conséquences… Le film démarre comme un drame sociétal assez classique, mais va se muer en un thriller paranoïaque diablement efficace. Il utilise énormément les codes du genre pour offrir une expérience d’une efficacité redoutable. Le format 4/3 étouffe les personnages avec des plans serrés, intensifiant le côté oppressant de l’œuvre, comme la photographie froide ou une partition musicale des plus anxiogène. Et comme souvent, la réussite d’un film repose sur son casting et Leonie Benesch impressionne par son jeu à fleur de peau. Elle livre une prestation tout en nuances et le spectateur se décompose avec elle au fil de l’intrigue… L’idéalisme et les valeurs du personnage vont voler en éclats face à un système vérolé de l’intérieur, dont les élèvent deviendront les dommages collatéraux… Et même si le côté thriller est la grande force du film, ce qui ce passe dans ce collège offre un parallèle avec notre société, en abordant des thèmes comme les préjugés, les dérives autoritaires, le racisme, les dynamiques de groupes, ou même l’influence des médias… Comme le dis notre protagoniste « Ce qui se passe dans la salle des profs, reste dans la salle des profs », mais je vous conseille justement d’aller y jeter un œil… Partager

  • The show must go off

    Découvrez notre critique détaillée du film THE LAST SHOWGIRL . The show must go off THE LAST SHOWGIRL ❤️❤️ The show must go off Shelly est une danseuse de cabaret vieillissante qui a consacré toute sa carrière à son spectacle de revue à Las Vegas. Mais lorsqu’elle apprend que ce dernier va être brutalement interrompu, son monde s’effondre. Bon, des films sur des artistes en fin de carrière confrontés à leur passé, on en a déjà vu beaucoup, et il faut donc réussir à se différencier pour sortir du lot. Et c’est bien le gros souci de THE LAST SHOWGIRL qui n’a ni l’inventivité d’un THE SUBSTANCE , ni le talent de Darren Aronofsky et son THE WRESTLER... Au final, on a souvent un temps d’avance sur un récit qui manque de surprises, et l’heure et demie semble s’éterniser. D’autant plus qu’au niveau de la mise en scène, Gia Coppola n’est pas des plus inspirées. Malgré une belle lumière naturelle et le choix judicieux de laisser le show hors champ, son film recycle les poncifs du cinéma d’auteur américain. Sans parler de cette caméra à l’épaule qui apporte pas mal de plans bizarrement flous, ou encore de ces plans clipesques de l’actrice sur fond de soleil couchant… Mais pour autant, même s’il est prévisible, le film n’est pas totalement mauvais. Il est notamment sauvé par ses personnages. Bien sûr, en tête, nous avons une Pamela Anderson impressionnante, qui livre un personnage ambivalent : une femme à la fois naïve, touchante et agaçante. Jamie Lee Curtis nous offre un personnage exubérant, digne du rôle de la mère qu’elle joue dans THE BEAR. Elle se paye même le luxe d’être au centre de la scène la plus marquante du film avec une danse saisissante sur TOTAL ECLIPSE OF THE HEART. On notera aussi un Dave Bautista surprenant, qui casse son image de gros dur et prouve qu’il a le talent nécessaire pour changer de registre, avec une prestation d’une grande justesse. Enfin, nous avons Billie Lourd dans le rôle de la fille délaissée durant la carrière de sa mère. Certainement le personnage le plus intéressant, mais malheureusement, le récit s’attarde trop peu sur elle, alors qu’il y avait justement là matière à approfondir et à rendre le film plus captivant. Donc, même si le film à pour lui ses personnages marquants, le film reste balisé de A à Z et trop noyé dans les références pour réussir à offrir une œuvre personnelle… Partager

  • Une des comédies les plus efficaces de ces dernières années.

    Découvrez notre critique détaillée du film DE LA COMÉDIE FRANÇAISE . Une des comédies les plus efficaces de ces dernières années. DE LA COMÉDIE FRANÇAISE ❤️❤️❤️❤️💛 Une des comédies les plus efficaces de ces dernières années. Difficile d’imaginer meilleur timing : alors que le Festival OFF d’Avignon touche à sa fin ce week-end, De la Comédie-Française arrive comme une prolongation idéale de cette parenthèse théâtrale. Une façon de rester encore un peu dans cet univers, mais cette fois-ci côté coulisses… et avec un éclat de rire permanent. Il y a des films qui n’ont besoin que de quelques minutes pour installer leur rythme et leur ton. De la Comédie-Française est de ceux-là . Véritable concentré d’énergie, cette comédie extrêmement rythmée enchaîne les situations avec une précision presque théâtrale, sans jamais laisser au spectateur le temps de souffler. Car ici, les blagues les plus courtes sont souvent les meilleures. Et c’est justement l’une des grandes qualités du film : son format très court. En évitant de s’étirer inutilement, il ne connaît quasiment aucun temps mort et va constamment à l’essentiel. Chaque scène apporte son lot de situations cocasses, de personnages hauts en couleur et de moments de pure comédie . On pourra évidemment reprocher au film de privilégier l’accumulation des situations au détriment d’un véritable fil dramatique plus développé. Mais qu’importe : l’efficacité comique est telle que le plaisir ne faiblit jamais . Le film est sans prétentions et maîtrise parfaitement son ambition : faire rire, et il le fait avec une redoutable efficacité. Pour ma part, c’est tout simplement la comédie qui m’aura le plus fait rire depuis de nombreuses années . Une vraie bouffée d’air frais, généreuse et profondément réjouissante. Une grande partie de cette réussite repose sur son casting, composé en grande partie de comédiens issus de la Comédie-Française. Ils y déploient tout leur talent, avec un plaisir communicatif, en incarnant des personnages immédiatement attachants et mémorables. Chacun apporte sa personnalité, son énergie et son sens du rythme, donnant au film cette impression permanente d’assister à une véritable vie de troupe. Mention spéciale au caméo jubilatoire de Benjamin Lavernhe , qui offre un moment d’anthologie et vaut presque à lui seul la découverte du film. Au-delà de la comédie pure, le film offre également une immersion savoureuse dans les coulisses de cette institution mythique qu’est la Comédie-Française. On découvre ses locaux, ses couloirs chargés d’histoire et surtout son emblématique salle Richelieu. Mais ce qui touche le plus, c’est l’esprit de troupe qui traverse tout le film. Cette idée que, malgré les doutes, le stress, les imprévus et les difficultés, un seul mot d’ordre : “on joue quoi qu’il arrive” . Une philosophie qui résume parfaitement la passion du théâtre : continuer à monter sur scène, envers et contre tout. Le film s’amuse également avec les clichés associés au monde des comédiens : leurs égos parfois démesurés, leurs fragilités, leurs questionnements, leurs angoisses avant une première représentation. Mais il le fait avec bienveillance, sans jamais tomber dans la caricature facile. Car De la Comédie-Française évite soigneusement l’humour lourd ou les gags faciles. Il privilégie le comique de situation, les décalages, les dialogues percutants et ces petits moments absurdes qui naissent naturellement des personnages et de leur environnement. Au final, le film offre une comédie terriblement efficace, à la fois légère, feel-good et jubilatoire . Un véritable hommage au théâtre, à ceux qui le font vivre, et surtout au plaisir simple mais essentiel de rire ensemble. Partager

  • Un film d’animation qui a du cœur

    Découvrez notre critique détaillée du film LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES . Un film d’animation qui a du cœur LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES ❤️❤️❤️❤️ Un film d’animation qui a du cœur J’étais assez curieux de voir ce que Michel Hazanavicius allait nous offrir avec son premier film d’animation, dont il a dessiné les personnages, et il s’avère que c’est une petite pépite. D’entrée, j’ai été touché par la voix si particulière et grave du narrateur : Jean-Louis Trintignant. Ça fait vraiment quelque chose de l’entendre à nouveau dans une salle de cinéma, deux ans après sa mort… Nous sommes en Pologne, pendant la Seconde Guerre mondiale. On y découvre un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne, parce que dans ce conte, les personnages n’ont pas de nom, comme pour rendre l’horreur du récit plus universelle. Ils vont recueillir un bébé jeté d’un des trains qui traversent régulièrement leur bois. Un « sans cœur », comme le nomme notre pauvre bûcheron, qui va bouleverser la vie du couple. Alors, pour être honnête, dans un premier temps, j’ai eu un peu de mal avec le style graphique du film, mais rapidement, la direction artistique a fini par m’emporter grâce à l’ambiance qu’elle réussit à installer et, surtout, sa gestion extrêmement maîtrisée des couleurs, des ombres et des lumières. Comme je le dis plus haut, Hazanavicius nous livre un conte extrêmement sombre, montrant le pire et le meilleur de l’être humain. Tout au long du film, des scènes d’une grande noirceur s’enchaînent avec d’autres d’une tendresse infinie. On navigue constamment entre l’horreur et la poésie, le tout sublimé par la magnifique musique d’Alexandre Desplat. Son film m’a d’ailleurs pas mal fait penser au chef-d’œuvre Le Tombeau des Lucioles, pour la gravité du propos et l’onirisme qui s’en dégage. Et si l’histoire réussit à aussi bien toucher le spectateur, c’est surtout grâce à la mise en scène du réalisateur. Une chose que j’aime dans le cinéma, c’est quand on utilise l’image comme moteur narratif, et ça, Hazanavicius le fait ici admirablement. Son film est peu bavard, et c’est souvent par sa mise en scène qu’il nous raconte les choses. Aussi bien les faits, avec des scènes parfois glaçantes, que les émotions de ses personnages, comme lors d’une scène de rencontre qui vient t’arracher les poils sans le moindre mot. Le réalisateur nous offre une œuvre profondément bouleversante, puissante et poétique, qui mérite amplement d’être découverte. Partager

  • Un film qui ose énormément… sans jamais réussir à m’embarquer.

    Découvrez notre critique détaillée du film 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS . Un film qui ose énormément… sans jamais réussir à m’embarquer. 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS ❤️❤️💛 Un film qui ose énormément… sans jamais réussir à m’embarquer. En juin dernier sortait 28 ANS PLUS TARD et, même si je suis plutôt amateur de la franchise, ce nouvel opus m’avait laissé dubitatif. J’avais pourtant adhéré à bien des choses : l’ambiance poisseuse, la mise en scène inventive de Danny Boyle, ou encore la prestation hallucinée de Ralph Fiennes, qui incarne sans doute l’un des personnages les plus marquants du cinéma de genre de ces dernières années. À ce niveau-là, difficile de nier la singularité et l’ambition du projet. Mais le film se perdait aussi dans de nombreuses facilités et incohérences scénaristiques, jusqu’à cette dernière scène complètement « what the fuck » introduisant un clan tout droit sorti d’ORANGE MÉCANIQUE, qui me laissait redouter le pire pour la suite. Contre toute attente, cette communauté sectaire est pourtant l’une des bonnes surprises de ce TEMPLE DES MORTS. Cette bande de fanatiques, où tout le monde s’appelle Jimmy et se passionne pour les Teletubbies, apporte une étrangeté dérangeante et est certainement un des éléments les plus audacieux du film. Et s’il est facile de reprocher à Hollywood d’enchaîner les œuvres formatées en évitant toute prise de risque, on peut au moins reconnaître à ce film de ne jamais chercher à caresser le spectateur dans le sens du poil. Il ose, parfois jusqu’à l’excès, en poussant systématiquement les curseurs un peu plus loin. Dans cet opus, les morts-vivants sont d’ailleurs relégués au second plan. L’intrigue se recentre davantage sur l’affrontement idéologique entre le chef de la secte et le docteur Kelsen, toujours incarné de manière flamboyante par Ralph Fiennes. C’est dans cette opposition, presque philosophique, que le film trouve selon moi ses moments les plus intéressants, même si cela crée un éloignement radical de l’horreur pure qui faisait l’ADN de la saga. Si la mise en scène se révèle moins inspirée que celle de Danny Boyle, elle n’en demeure pas moins ponctuée de scènes marquantes, à l’image de cette séquence surréaliste dont est issue l’affiche. Malheureusement, mon plaisir est une nouvelle fois gâché par l’écriture et un manque persistant de crédibilité, notamment autour de tout ce qui concerne l’Alpha. Certes, invoquer la crédibilité dans un film de zombies peut sembler absurde, mais certaines facilités m’ont totalement sorti du film à plusieurs reprises, ce qui, pour moi, empêche le film de transformer son audace en véritable réussite. Au final, LE TEMPLE DES MORTS, comme son prédécesseur, est loin d’être un mauvais film, ne serait-ce que pour sa prise de risque de sortir des standards habituels. Mais là où LES ÉCHOS DU PASSÉ m’avait justement fasciné la semaine dernière par sa proposition radicale et pleinement assumée, celui-ci n’aura cessé de me tenir à distance, me laissant au bout du compte un goût amer. Partager

  • Une suite aussi divertissante que fainéante…

    Découvrez notre critique détaillée du film ZOOTOPIE 2 . Une suite aussi divertissante que fainéante… ZOOTOPIE 2 ❤️❤️❤️ Une suite aussi divertissante que fainéante… Il y a neuf ans sortait ZOOTOPIE, véritable surprise du côté de Disney : une claque visuelle, un univers bourré d’inventivité et un propos politique digne du meilleur Pixar. Alors, quand une suite a été annoncée, j’ai eu un peu peur. Disney a longtemps réservé ses suites à des direct-to-DVD, avant d’accoucher d’un LA REINE DES NEIGES 2 assez moyen, ou de bricoler ce qui aurait dû être une série pour en faire un VAIANA 2 mal ficelé mais forcément rentable… (Et oui, je mets de côté Pixar, qui reste malgré son rachat un studio à part entière.) Mais ce qui est certain avec ZOOTOPIE 2, c’est qu’on ne s’ennuie pas. Enfin… ils ne nous laissent pas le temps de nous ennuyer. Visuellement, c’est une dinguerie. On en prend plein les yeux, le travail sur les fourrures est bluffant, et surtout le film possède un sens du rythme impressionnant. Ça n’arrête pas une seconde : tout s’enchaîne avec une énergie folle, les séquences débordent de détails et d’easter eggs – allant des animés à… Kubrick ! Sur cet aspect, c’est une réussite totale. On passe son temps à scruter l’écran pour attraper les références au vol. Le film est également toujours aussi drôle, jouant avec les clichés de ses animaux pour en tirer des gags bien sentis. Mais si je disais plus haut que Disney ne nous laissait pas respirer, c’est aussi pour masquer le fait que ça sent clairement le réchauffé. La première évidence est le scénario : une enquête sur fond de discrimination et de racisme, exactement comme dans le premier film, avec un twist qu’on voit venir à des kilomètres. Remplacer les prédateurs par les reptiles ? Pourquoi pas. Mais encore aurait-il fallu les exploiter un minimum. Mis à part une scène très sympa dans un bar, ils restent aussi anecdotiques que le personnage de Gary. Ce qui est d’ailleurs le cas de la plupart des personnages secondaires, car là aussi le film souffre de la comparaison au premier film. Et c’est d’autant plus flagrant quand les anciens personnages font une apparition (souvent pour recycler d’anciens gags…). Quant au duo principal, même si c’est un plaisir de les retrouver, ils en sont toujours au même point : apprendre à accepter leurs différences pour mieux travailler ensemble… et s’aimer. Même si cela nous offre au passage une scène mémorable chez le psy, sans doute l’un des meilleurs moments du film. Alors, oui, j’ai vraiment pris du plaisir devant cette nouvelle aventure : c’est rythmé, drôle, visuellement somptueux, et sa morale sur le « vivre ensemble » fait toujours du bien. Mais je ne peux m’empêcher de penser que Disney a choisi la carte de la facilité pour nous offrir un film agréable mais que ne restera pas dans les annales. Le troisième opus est clairement annoncé dans la scène post-générique, avec l’introduction d’une nouvelle catégorie d’animaux. Reste à espérer que Disney ne se reposera pas encore une fois sur ses lauriers… Partager

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