top of page

515 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Critique de SANS JAMAIS NOUS CONNAÎTRE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film SANS JAMAIS NOUS CONNAÎTRE . SANS JAMAIS NOUS CONNAÎTRE ❤️❤️❤️💛 Adam vit à Londres dans une tour, dont la quasi-totalité des appartements sont libres, mis à part celui d’Harry, un voisin avec lequel il va entamer une relation. En parallèle, il se rendra dans sa maison d’enfance, où il découvrira ses parents qui semblent avoir le même âge que le jour de leur mort, 30 ans plus tôt… Bon, le pitch est assez improbable, mais si vous l’acceptez et que vous rentrez dedans, il vous plongera dans un récit mélancolique qui risque de vous marquer profondément. Rarement, la solitude n’a été aussi bien portée à l’écran et par certains aspects le film n’est pas sans rappeler un certain HER (immense chef-d’œuvre de SF). Andrew Haigh nous emmène dans un voyage intérieur sur le deuil et le lâcher prise, qui abordera énormément de thèmes, faisant que le spectateur arrive forcément à s’identifier à un moment où un autre. La romance tient une place centrale et son lot d’émotions, d’autant plus qu’Andrew Scott et Paul Mescal sont bouleversants. Mais pourtant, j’ai moins été sensible à cette partie du film et j’ai même trouvé qu’elle apportait quelques longueurs à l’ensemble. Car clairement, là où le film prend son envol et devient passionnant, c’est dans les échanges entre notre héros et ses parents. L’écriture est exemplaire et les dialogues sont d’une profondeur inouïe et en font pour moi la plus grande force émotionnelle du film. On notera aussi un sublime travail sur la lumière et les cadres apportant à l’œuvre une poésie et une délicatesse qui font mouche. Le cinéaste nous livre un moment onirique, une fable philosophique sur le poids des mots et des non-dits, mais surtout un film puissant qui touche en plein cœur… Partager

  • Cette surprise de la rentrée sortie des flammes

    Découvrez notre critique détaillée du film THE LOST BUS . THE LOST BUS ❤️❤️❤️💛 Cette surprise de la rentrée sortie des flammes Basé sur le tragique incendie de 2018 à Paradise, en Californie, qui a coûté la vie à 85 personnes, THE LOST BUS raconte l’histoire vraie de Kevin McKay, un chauffeur de bus scolaire qui se retrouve pris au piège avec vingt-deux enfants dans son véhicule, alors que les flammes dévorent tout sur leur passage. Après une courte introduction qui esquisse le quotidien modeste de Kevin, le film entre rapidement dans le vif du sujet : l’incendie. Paul Greengrass plonge rapidement le spectateur dans l’urgence absolue. La tension monte, implacable, au rythme des flammes qui engloutissent tout sur leur passage. Fidèle à sa mise en scène nerveuse et immersive, Greengrass use de la caméra à l’épaule et d’un montage haletant pour capturer le chaos. Certaines scènes proches du documentaire renforcent le sentiment d’urgence et d’impuissance. On ressent presque physiquement la chaleur, la panique et la désorientation qui s’emparent des personnages. Chaque plan semble capté sur le vif, chaque séquence respire la peur et le courage mêlés. Matthew McConaughey incarne avec sobriété un homme ordinaire confronté à l’extraordinaire, épaulé par America Ferrera, dont la sensibilité ajoute une dimension profondément humaine au récit. Là où beaucoup de films catastrophes privilégient le spectaculaire, THE LOST BUS choisit de rester au plus près de l’humain. Greengrass ne filme pas seulement le feu : il filme la peur, la solidarité et le courage collectif. Même si ce n’est pas le cœur du récit, le film interroge aussi sur la responsabilité humaine et le dérèglement climatique, à l’origine de ces catastrophes de plus en plus fréquentes. Certes, THE LOST BUS n’échappe pas à quelques faiblesses : des dialogues parfois convenus, quelques facilités scénaristiques ou une intensité émotionnelle parfois appuyée. Mais la tension constante du film l’emporte largement sur ces réserves et cloue le spectateur à son fauteuil… Et c’est là que vient un de mes plus gros souci avec le film. Sa sortie en streaming sur Apple TV réduit énormément la puissance visuelle et immersive que le film aurait eu sur grand écran. Car ses plans vertigineux, ses scènes de chaos d’un réalisme saisissant méritaient d’être vécus dans une salle obscure. Paul Greengrass nous offre ici un film catastrophe imparfait mais a l’efficacité redoutable et qui n’a pas à rougir face aux classiques du genre. Intense et bouleversant THE LOST BUS est à la fois un hommage aux héros du quotidien et plongée suffocante dans l’enfer des flammes. Partager

  • Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80

    Découvrez notre critique détaillée du film CITY OF DARKNESS . CITY OF DARKNESS ❤️❤️❤️💛 Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80 Soi Cheang m'avait bluffé l'année dernière avec son film LIMBO, et j'étais donc curieux de découvrir ce CITY OF DARKNESS. Même si les deux films sont radicalement différents, ils ont un point commun : la virtuosité du réalisateur, qui propose une nouvelle fois un film visuellement grandiose. Le film démarre comme un thriller, avec ce migrant clandestin qui fuit un puissant chef de gang et trouve refuge dans « La Citadelle », une zone de non-droit où la loi britannique des années 80 ne s'appliquait pas. Puis, le film bascule dans le drame familial, mais c’est avant tout un éblouissant film d'arts martiaux, comme le cinéma en propose rarement aujourd'hui. Même si le scénario semble déjà vu, le film réussit à captiver notre attention grâce à sa pléiade de personnages charismatiques. Et même s'il est souvent prévisible, il réserve quelques surprises. Surtout, il est visuellement extrêmement généreux et les combats offrent une jouissance ultime. On remarquera le travail étourdissant sur les décors, qui rappelle celui de LIMBO . Les décors sont constamment surchargés de détails, apportant une atmosphère poisseuse et sombre, transformant ce ghetto en un véritable labyrinthe. Le réalisateur intègre ces décors à merveille dans sa mise en scène. Les combats, chorégraphiés à la perfection, sont tous plus impressionnants les uns que les autres, exploitant ingénieusement toute la verticalité du décor et proposant des scènes à couper le souffle. Le montage, aussi nerveux que les combats, reste toujours clair et lisible. Le tout est sublimé par une photographie splendide et colorée, qui parvient à extraire une certaine poésie de ce bidonville. Placer l'action du film dans les années 80 n'est pas anodin, tant cela semble être un hommage au cinéma qui a fait la gloire de Hong Kong à cette époque. Alors, même si l'écriture reste assez classique, sur la forme, CITY OF DARKNESS n'en demeure pas moins une claque des plus impressionnantes. Partager

  • Critique de ELEMENTAIRE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film ELEMENTAIRE . ELEMENTAIRE ❤️❤️❤️ Depuis que Disney a racheté Pixar, ça devient compliqué pour le studio. Mis à part le fabuleux SOUL, on navigue souvent entre le moyen et l’oubliable… Et même s'il est loin d’être mauvais, ELEMENTAIRE ne va clairement pas arranger les choses. Le film a même des qualités indéniables. Comme souvent avec Pixar, l’univers repose sur un concept : ici, un monde où cohabitent les différents éléments. Et de ce côté-là, ça fonctionne très bien, avec pas mal d’imagination et d’humour. Que ce soit dans les interactions entre les éléments ou en mettant en parallèle cet univers avec notre société. De ce côté-là, c’est même une franche réussite… Sauf, que la découverte de ce monde passe vite en retrait pour se concentrer sur nos deux héros, et donc le feu et l’eau, en mettant les autres éléments au second plan. Après, visuellement, c’est assez somptueux avec des animations permanentes des personnages soulignant leur côté élémentaire, ou une représentation de l’eau bluffante de réalisme. La métaphore du film, même si elle n’est pas forcément subtile, est plutôt efficace, en mettant à hauteur d’enfant le racisme, l’immigration et le communautarisme. Le film réussit même à titiller nos larmes par moment. Par contre, pour ce qui est de l’histoire d’amour, qui est au centre du film, ça reste beaucoup classique et on voit où le film va nous mener. Elle propose tout de même quelques moments de poésie et on peut reconnaitre la réussite du personnage de Flack qui est immédiatement attachant. Le film souffre aussi d’un problème de rythme. Le fait qu’il n’y ait pas d’antagoniste y est peut-être pour quelque chose (mais ça n’a pas empêché VICE VERSA, SOUL ou WALL-E d'être des chefs d’œuvre…) Le soucis vient surtout du fait qu’une des intrigues principales du film se résume à trouver un moyen de réparer une fuite d’eau… pas très passionnant… Mais surtout, pour moi, le film souffre d’un gros défaut. A un moment, il va peut-être falloir arrêter de prendre des acteurs pour faire les doublages, alors que la France possède surement les artistes les plus doués dans ce domaine et dont c’est le métier. Alors, certains vont dire, « Oui, mais une tête d’affiche, ça attire le public »… Euh… On en parle de MARIO BROS et de ses 1.2 milliards de recette ? Parce que là, je n’ai rien contre Exarchopoulos et Lacoste en tant qu’acteurs (bien au contraire), mais pour ce qui est d’incarner un personnage d’un animé, c’est autre chose. Et clairement, ça ne joue pas en faveur du film et des émotions que dégagent ces deux personnages… Mais encore une fois, ce n’est pas un mauvais animé, mais Pixar nous a habitué à tellement mieux que j’en sors forcément un peu déçu. D’autant plus que le bide annoncé va surement conforter Disney+ à jeter en pâture les productions du studio sur sa plateforme de streaming… Partager

  • Un grand cru jurassien, à savourer sans modération.

    Découvrez notre critique détaillée du film VINGT DIEUX . VINGT DIEUX ❤️❤️❤️❤️ Un grand cru jurassien, à savourer sans modération. Totone, 18 ans, passe son temps à boire des bières avec ses potes dans les bals du Jura. Mais lorsque le destin le rattrape, il doit trouver un moyen de gagner de l’argent pour s’occuper de sa petite sœur de 7 ans. Il se décide alors de se lancer dans la fabrication du comté, avec l’ambition de décrocher la médaille d’or et le prix qui va avec… Des histoires de grand frère contraint de grandir trop vite pour prendre soin de sa jeune sœur, on en a déjà vues. Mais comme on dit : « Toutes les histoires ont déjà été racontées, ce qui compte, c’est la façon de le faire. » Et c’est là que l’amour de Louise Courvoisier pour sa région du Jura fait toute la différence, car il transpire littéralement à travers le film. Cela donne une vraie authenticité à son œuvre, sans jamais tomber dans le drame social naturaliste. Au contraire, le format cinémascope et les couleurs éclatantes apportent un côté romanesque à l’ensemble. Louise Courvoisier filme sa région natale avec un regard amoureux, une sensibilité qui se ressent à chaque instant. Chaque geste de fabrication du comté est capté avec une précision presque chorégraphique, mais sans jamais sombrer dans le documentaire. On se retrouve donc à triple récit initiatique. Bien sûr, celui d’un jeune homme confronté à ses responsabilités d’adulte pour élever sa petite sœur. Il y a aussi un côté « film de pote », avec ces jeunes, en mode débrouille, essaient de fabriquer le fromage parfait malgré leur totale inexpérience. Mais il y a aussi cette romance délicate, où Totone découvre l’amour et le sexe grâce à une jeune fermière. L’écriture est d’ailleurs assez maline et souvent, on semble deviner où veut aller le film, mais la réalisatrice arrive à nous surprendre en nous emmenant dans une direction inattendue. Mais surtout, il faut parler du gros atout du film : ses acteurs. Le choix d’un casting non-professionnel est un pari risqué, mais ici, il s’avère être un coup de maître. Les acteurs jouent avec un naturel déconcertant, rendant chaque situation crédible et poignante. Clément Faveau est clairement LA révélation du film. Il illumine l’écran par son naturel et son charisme brut. Il devrait sans difficulté se retrouver parmi les prétendants au César du meilleur espoir masculin. On espère que cette reconnaissance le poussera à mettre de côté sa carrière d’éleveur de poules pour se consacrer au cinéma, qui semble lui ouvrir un avenir des plus prometteurs. À ses côtés, Maïwène Barthelemy incarne un personnage féminin fort dans cet univers d’hommes. Elle campe son rôle avec une assurance rare, et son duo avec Faveau fonctionne à merveille. Ensemble, ils offrent une relation à la fois touchante, drôle et pleine de maladresse. Et enfin, il y a Luna Garret, la cerise sur le gâteau. Cette petite fille crève littéralement l’écran. Bien que son rôle soit secondaire, il est rare de voir une enfant jouer avec une telle justesse. Que ce soit à travers ses rares dialogues ou son regard, elle touche toujours juste et emporte le spectateur qui tombe instantanément sous son charme. Avec cette ode à la jeunesse jurassienne, Louise Courvoisier signe une véritable surprise en cette fin d’année, à la fois tendre et sincère… Partager

  • Critique de LE CERCLE DES NEIGES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LE CERCLE DES NEIGES . LE CERCLE DES NEIGES ❤️❤️❤️❤️ Le film raconte l’histoire hallucinante d’un avion uruguayen s’écrasant au cœur de la cordière des Andes, laissant miraculeusement une partie de l’équipe de rugby qu’elle transporte rescapée. Laissés pour morts, ils vont devoir survivre face à une nature impitoyable… Il y avait déjà eu une adaptation dans les années 90 qui m’avait pas mal marqué. Et si on ajoute le fait que c’est une production Netflix, je dois bien avouer que je doutais sérieusement de l’utilité d’un tel remake. Et pourtant… Quelle claque !!! Le film brille en premier lieu par la mise en scène de Bayona, à qui l’on doit l’intéressant ORPHELINA, mais surtout la pépite QUELQUES MINUTES APRÈS MINUIT (et même son JURASSIC WORLD 2, si l’écriture du film est assez catastrophique, on peut au moins lui reconnaitre de proposer des choses intéressantes en termes de mise en scène). Les scènes catastrophes sont terrifiantes de réalisme (le crash de l’avion laisse sans voix), mais surtout il colle sa caméra au plus proche des protagonistes, intensifiant leurs émotions. On souffre littéralement avec eux, d’autant plus que rien ne leur sera épargné. D’ailleurs, même si le film est loin d’être gore, il n’en est pas moins une véritable épreuve psychologique pour le spectateur qui est régulièrement pris aux tripes. Mais si l’ambiance fonctionne aussi bien, c’est aussi dû au fait qu’il soit tourné en grande partie en décors naturel. Ça se ressent à l’écran, en donnant plus de véracité aux évènements, au point qu’on ressent presque le froid devant notre écran… Sans compter que ça offre quelques panoramas somptueux et on a une nouvelle fois un film qui aurait gagné à être vu en salle, ne serait-ce pour l’ambiance pesante qu’il installe. Le film des années 90, qui avait un côté hollywoodien, en faisant de certains de ses personnages des héros et sa musique épique. Ici c’est l’unité de groupe qui prime, et plus que les actions de certaines personnes, c’est continuellement le groupe qui est mis en avant, leur façon de se serrer les coudes pour survivre à cet enfer. En est en immersion totale avec le groupe de survivants, partageant leurs souffrances, les choix draconiens auxquels ils sont confrontés et quelques rares moments de bonnes humeurs, vite rattrapés par les terribles épreuves qu’ils traversent… On notera aussi les quelques flashbacks, souvent aussi discrets qu’efficaces. Sans parler du choix du narrateur qui est un coup de génie. Au final, l’hommage qu’offre Bayona aux victimes de cette tragédie est d’autant plus puissant. Très bonne surprise de ce début d’année… Partager

  • Critique 18h30 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée de la série 18h30 18h30 ❤️❤️❤️❤️ 18h30, c’est l’heure à laquelle deux collègues de travail quittent leur bureau. Chaque épisode est un plan séquence de cinq minutes accompagnant nos deux personnages jusqu’à leur arrêt de bus, sur une année. Quelques minutes quotidiennes où ils apprendront à se connaitre. Quelques minutes quotidiennes où ils vont parler de tout et de rien. Quelques minutes quotidiennes où ils vont nous faire rentrer progressivement dans leur intimité. Quelques minutes quotidiennes où l’on partagera avec eux rires, débats, colères et confidences. Quelques minutes quotidiennes où l’on verra naître une réelle complicité. Quelques minutes quotidiennes où ces travelings arrières nous emmèneront avec eux sans savoir où ils vont. Quelques minutes quotidiennes où le ballet millimétré des figurants est digne d’une comédie musicale. Quelques minutes quotidiennes où l’on devient vite accro au point qu’on se rend compte qu’on vient d’enchainer tous les épisodes d’une traite. L’écriture est remarquable, malgré la durée des épisodes, l’évolution de leur relation est criante de vérité, notamment grâce au talent des deux acteurs qui rendent leurs personnages extrêmement attachants et à une caméra qui reste figée sur eux, nous donnant l’impression de partager leurs échanges. C’est feelgood, souvent drôle (se permettant parfois des moments totalement décalés), et parfois d’une profondeur bluffante, arrivant à nous toucher et nous chambouler en quelques secondes. Merci Lilian pour la découverte de cette véritable pépite que j’aurai dévoré en une soirée. Disponible intégralement sur Arte.TV, vous savez ce qu’il vous reste à faire… Partager

  • Critique de LE SUCCESSEUR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LE SUCCESSEUR . LE SUCCESSEUR ❤️❤️❤️❤️ Mais quel choc !!! Le film m’a roulé dessus, j’en suis ressorti KO et c’est clairement un IMMENSE coup de cœur de ce début d’année. Le plus frustrant, c’est que je vais essayer d’en dire un minimum pour vous laisser découvrir ce petit bijou… Pour faire court, Ellias, nouveau directeur d’une maison de haute couture française, apprend la mort de son père et va au Québec régler la succession. Un père avec lequel il a coupé les ponts il y a vingt ans et dont, à l’image du spectateur, il va découvrir sa vie là-bas, son entourage et le terrible héritage qu’il lui laisse… Xavier Legrand, après son excellent JUSQU’À LA GARDE, montre une nouvelle fois à quel point il maitrise la tension. Le film s’ouvre sur la spirale d’un défilé de mode, une spirale dans laquelle sera entrainé le protagoniste. Son film tisse ici diaboliquement sa toile avec une efficacité redoutable. Il n’épargne jamais le spectateur, ni son héros et l’électrochoc est d’autant plus puissant. La violence phycologique est implacable et vient attraper le spectateur aux tripes, sans jamais relâcher son étreinte. Marc-André Gondrin est grandiose et porte littéralement le film sur ses épaules en proposant des scènes d’émotions qui ravagent le spectateur. Le film est aidé par une très bonne mise en scène, faisant la part belle au hors champs et quelques très bonnes idées, comme les sublimes ellipses temporelles… Xavier Legrand nous offre un drame terrifiant et extrêmement maitrisé. En deux films le réalisateur n’a cessé de m’impressionner et il je suis déjà impatient de découvrir son prochain long métrage. J’aurai tellement de choses à dire, mais je préfère m’arrêter là et vous inciter à foncer le découvrir en salle, en vous ayant prévenu que vous risquez de vous prendre un uppercut qui laissera des traces… Partager

  • Le cinéma comme acte de résistance

    Découvrez notre critique détaillée du film UN SIMPLE ACCIDENT . UN SIMPLE ACCIDENT ❤️❤️❤️💛 Le cinéma comme acte de résistance Tourné clandestinement après son incarcération, UN SIMPLE ACCIDENT s’impose comme un film à la fois brûlot politique et réflexion morale. Jafar Panahi y dénonce la violence du régime iranien et la corruption systémique qui broie son pays. Mais il ne filme pas frontalement la répression : ce sont les voix brisées de ses personnages, leurs récits fragmentés et leurs silences qui en deviennent les témoins. Le récit, entre thriller et road movie teinté d’humour satirique, se déploie dans un quasi huis clos. L’action se concentre autour d’un van où se croisent des victimes en quête de vérité. C’est là que s’installe la tension dramatique, nourrie par un dilemme moral central : les protagonistes ont-ils réellement retrouvé leur bourreau, ou projettent-ils leurs traumas sur un innocent ? Panahi questionne ainsi la justice, la légitimité de la vengeance et la fragilité de la mémoire quand le doute demeure. Le réalisateur insuffle par moments un humour noir, presque burlesque, qui sert autant de respiration que de contrepoint à la gravité du propos. La mise en scène, d’une sobriété maîtrisée, fait un usage admirable du plan-séquence et du hors-champ, et conférent à l’ensemble une intensité dramatique constante. Le film monte en puissance jusqu’à un plan final glaçant, qui restera un des plus marquants de l’année. Et si son efficacité ne fait aucun doute, je reste dubitatif sur sa palme d'or. Là où l'année dernière le bijou LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE aurait d'autant plus mérité le sacre ultime. Mais, par son existence même, UN SIMPLE ACCIDENT est un acte de résistance qui mérite amplement d'être découvert. Partager

  • Critique de CHRONIQUES DE TÉHÉRAN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film CHRONIQUES DE TÉHÉRAN . CHRONIQUES DE TÉHÉRAN ❤️❤️❤️💛 Par leur film, Ali Asgari et Alireza Khatamini dénoncent les dérives sociétales imposées par le totalitarisme sévissant en Iran. Pour réussir à produire un tel film en Iran, ils ont contourné le système en réalisant neuf courts métrages, car la censure est beaucoup plus souple que pour celle d'un long métrage. Au final, ils les ont réunis en un film à sketches montrant le quotidien des Iraniens faces à l’absurdité des lois et le frein à leurs libertés que leur impose le système.. Le choix de mise en scène est radical, en proposant des vignettes, filmées frontalement, en caméra fixe. A chaque scène, le protagoniste sera seul à l’écran, son bourreau, restant constamment hors champs, symbolisant qu'il ne sont pas face à un interlocuteur précis, mais bien au système totalitaire... Par le naturel et la nuance de leurs jeux, ils réussissent à captiver notre attention. Les personnages seront aussi bien des hommes que des femmes, des adultes, des enfants ou des vieillards, pour appuyer le fait qu’un Iranien est privé de ses libertés tout au long de sa vie… Le film abordera divers sujets, de la place de la femme à celle de la religion, en passant par la privation de liberté et poussant le vice jusqu’à consacrer un sketch hilarant à la censure cinématographique. Car oui, les réalisateurs ont fait le choix gagnant de se servir de l’humour comme une arme afin de dépeindre l’absurdité des situations, avec notamment des dialogues savoureux. Et malgré les situations choquantes auxquelles les protagonistes sont confrontés et la froideur de leurs interlocuteurs, les situations font souvent sourire tant elles semblent surréalistes. Et même si les sketchs ne sont pas tous aussi savoureux, le film est court et on ne s’ennuie jamais devant cette œuvre aussi drôle que terrifiante… Partager

  • Critique de RODRIGO SOROGOYEN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film RODRIGO SOROGOYEN . RODRIGO SOROGOYEN Il y a quelques semaines, je suis allé voir le dernier film de Sorogoyen, AS BESTAS. Vu qu’il fera certainement parti de mon top 10, j’aurais certainement pu vous en parler ici, mais entre ma motivation souvent aléatoire pour écrire et le Festival d’Avignon, je ne l’ai pas fait. Mais vu que mon cinéma a décidé de faire une rétrospective sur ce cinéaste, pourquoi pas faire comme eux et vous inciter à découvrir toute sa filmographie. D’autant plus que je l’ai découvert grâce à la gérante de mon cinéma qui m’avait conseillé MADRE, qui aura été une véritable baffe et au point de devenir un de mes films préférés. QUE DIOS NOS PERDONE est un polar noir, EL REINO un film sur la corruption politique, MADRE un drame poignant et AS BESTAS un thriller malaisant. On pourrait aussi parler de sa série ANTISISTURBIOS suivant un groupe de CRS… (il me reste à rattraper STOCKHOLM) Mais même si les sujets de ses films sont extrêmement variés, ils se rejoignent en disséquant les travers de la société, tout en réinventant les genres grâce au talent fou de cet immense réalisateur. Sa mise en scène laisse admiratif et propose des plans millimétrés à la photographie léchée qui font qu’énormément d’images impriment la rétine. Des plans souvent magnifiés par l'utilisation récurrente du grand angle, offrant des plans extérieurs de toute beauté ou intensifiant souvent le sentiment d'isolement des ses protagonistes torturés. Car une force de son cinéma est certainement l'écriture de ses personnages qui est extrêmement travaillée. On aura souvent affaire à des anti-héros dont les choix mettront parfois un décalage entre eux et le spectateur mais dont la profondeur d'écriture fera souvent qu'ils arriveront à rester attachants. D'autant plus que Sorogoyen s'avère être un directeur d'acteurs d'exception. Alors oui, il sait s’entourer (Antonio de la Torre, Marina Fois, Denis Ménochet…), mais il en tire souvent le maximum. Et si ça fonctionne aussi bien, c’est aussi parce que ses personnages sont souvent proches du spectateur, l’aidant fortement à s’identifier à eux. Mais surtout, Sorogoyen s’impose comme un maître absolu du suspense. Il trouvera toujours le moyen de surprendre le spectateur (le changement de trajectoire de AS BESTAS est à ce titre exemplaire). Car même s'il explore des genres radicalement différents dans ses films, ils se rejoindront par la tension qu'il y apporte. Il la poussera même parfois à son paroxysme, jusqu’à être irrespirable. La scène d’ouverture de MADRE est un chef d’œuvre à elle seule, mais je pourrai aussi citer la partie de Trivial Poursuit d’ANTISISTURBIOS, ou la scène du bar dans AS BESTAS. Une autre de ses signatures est l'utilisation des plans séquences. Ils ne seront jamais accessoires, et tous plus bluffant les uns que les autres. Ne cherchant jamais à en mettre plein les yeux, on met parfois même du temps à réaliser qu'on est face à l'un d'eux. Mais leur choix sera toujours justifié, en intensifiant souvent la tension d'une scène, mais aussi en permettant à ses acteurs de délivrer tout leur potentiel. En quelques films Sorogoyen est devenu un de ces réalisateurs dont le simple nom suffit à me faire déplacer au cinéma, sans même connaître le synopsis. Et j'attends d'ailleurs avec impatience, dans un mois, sa nouvelle série Apagon. Bref, je vous invite fortement à découvrir son œuvre, et si possible au cinéma, tant ce sont des films d'ambiance qui prennent toute leur ampleur en salle obscure. Partager

  • Une expérience cinématographique unique et radicale

    Découvrez notre critique détaillée du film THE SUBSTANCE . THE SUBSTANCE ❤️❤️❤️❤️ Une expérience cinématographique unique et radicale Ex-star du cinéma, une actrice de 50 ans, mise sur la touche, décide de prendre une mystérieuse substance permettant de créer une meilleure version d’elle-même : plus jeune, plus belle, plus parfaite. Évidemment, cela implique de respecter des règles strictes, et quand celles-ci ne sont pas suivies, les conséquences peuvent être désastreuses. Souvent, je parle « d’expérience cinématographique », ces films conçus pour être vus en salle, où ils gagnent une puissance inégalable sur petit écran. Clairement, THE SUBSTANCE en est l’exemple parfait, et il serait regrettable de ne pas le découvrir au cinéma. Coralie Fargeat livre ici un film aussi audacieux que viscéral. Elle a apporté un soin particulier à chaque scène pour qu’elle explose littéralement dans l'obscurité de la salle. Chaque détail compte, que ce soit la maîtrise du cadre, les couleurs, le montage, et surtout le travail sur le son, qui transforme l’ensemble en un rouleau compresseur émotionnel. Visuellement, le rendu est époustouflant. Le spectacle offert est saisissant, et j’ai rarement cligné des yeux aussi peu lors d’une séance cinéma. Mais attention, le film est ultra radical et n’est pas à mettre entre toutes les mains. On est ici face à un film d’horreur, plus précisément du body horror. Ce n’est pas une succession de meurtres sanglants ; on se rapproche plutôt de LA MOUCHE. Le film multiplie d'ailleurs les références : Cronenberg, mais aussi Carpenter, Kubrick, et même LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY. Cela n’empêche cependant pas la réalisatrice de créer son propre univers. Les effets spéciaux sont remarquables, avec une grande utilisation d'effets pratiques. Et si, comme moi, vous avez la phobie des aiguilles et autres piqûres, le film peut se révéler particulièrement éprouvant. Dès la scène d’ouverture, où l’on voit le temps passer sur une étoile du Walk of Fame d’Hollywood, j’ai été happé et rarement relâché. Le thème de l’érosion de la beauté et du passage du temps est évidemment central. Même s’il s’agit d’un film d’horreur, il y a une véritable profondeur, en abordant la pression subie par les actrices pour rester éternellement belles, ainsi que l’obsession de notre société pour l’image et l’apparence, exacerbée par les réseaux sociaux et les tendances de la mode. Pour traiter ce sujet, la réalisatrice a choisi l’humour, car, étonnamment, le film est très drôle, devenant souvent une comédie satirique. Même si ce n’est pas toujours subtil et que la caricature (totalement assumée) est poussée à l’extrême, l’humour noir fonctionne à merveille. On pourrait reprocher à Coralie Fargeat une certaine tendance à l’excès, autant dans la forme que dans le fond. Que ce soit dans sa façon d’aller à fond dans le male gaze lorsqu’elle filme le corps de Margaret Qualley sur le plateau, ou dans le portrait divinement odieux de Dennis Quaid, mais cela ne va jamais à l’encontre du propos du film. Même dans le dernier acte, où elle pousse les curseurs à fond, risquant de perdre une partie du public, le film bascule alors dans un burlesque complètement fou et jubilatoire, culminant avec un dernier plan aussi audacieux que marquant. Et comment ne pas parler de Demi Moore, qui se livre corps et âme dans ce rôle, offrant probablement la meilleure prestation de sa carrière. Elle se met littéralement à nu devant la caméra, dans un rôle qui semble taillé sur mesure pour elle. Le film exploite son histoire personnelle et son image publique, ajoutant une couche supplémentaire de complexité et d'émotion. Bien qu'elle ait peu de dialogues, elle parvient à toucher le public, notamment lors d’une scène de maquillage bluffante : une séquence silencieuse mais incroyablement puissante, capturant toute la fragilité et la force de son personnage sans un mot. C’est d’ailleurs l’un des grands atouts du film : il n’oublie jamais de faire du cinéma. Souvent, sans dialogue, mais uniquement à travers l’image et le son, la réalisatrice parvient à transmettre des émotions et à délivrer son message. Vous l’aurez compris, j’ai adoré THE SUBSTANCE, et je vous invite vivement à le découvrir en salle, car il y gagne considérablement en puissance. Alors, est-ce le meilleur film de l’année ? Je ne pense pas. Est-ce le meilleur film d’horreur des dernières années ? Très certainement, et bien plus encore. Est-ce l’expérience cinématographique la plus marquante que j’ai vécue cette année ? Absolument, et de loin ! Partager

Abonnez-vous à notre liste de diffusion

Merci de vous être abonné !

bottom of page