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  • TITANIC : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film TITANIC . TITANIC ❤️❤️❤️❤️❤️ Ce week-end, j’ai eu la chance de pouvoir faire découvrir ce grand classique du cinéma à ma nièce, qui, malgré ses 24 ans, avait trouvé le moyen de passer à côté. Et à en voir les étoiles dans ses yeux à la sortie de la salle, elle a bien fait d’attendre les meilleures conditions pour découvrir ce chef d’œuvre. Il y a certains films qui prennent toute leur ampleur dans une salle obscure, et c’est bien le cas de TITANIC. D’autant plus que le travail de restauration de James Cameron est assez impressionnant. L’image en 4K sublime l’œuvre et certains passages en 3D sont saisissants, alors qu’à l’époque le film n’avait pas été prévu pour ce format. Cameron, prouve une fois de plus qu’il est TELLEMENT en avance sur son époque car son film reste, 25 ans plus tard, visuellement époustouflant (mis à part les rares plans larges avec un bateau « numérique » naviguant sur les flots.). Il avait privilégié les effets « pratiques » aux effets « numériques » et c’est un pari gagnant car tout semble palpable et surtout ça permet au film de très bien vieillir et de ne rien avoir à envier en terme de spectacle aux blockbusters du moment. Il y a un énorme souci du détail, que ce soit au niveau des décors ou des costumes et on en prend plein les yeux, d’autant plus que Cameron a un sens du spectacle inouï et comme à son habitude, enchaine les scènes qui sont devenues cultes avec le temps. Que ce soit, la scène du naufrage en elle-même, les scènes de panique ou bien les scènes aquatiques, c’est d’une efficacité rare qui encore aujourd’hui cloue le spectateur au fauteuil… On notera aussi un soin particulier aux transitions entre les époques. Clairement, son film est, comme à son habitude, techniquement irréprochable. Alors, oui, l’écriture a rarement été son fort, et même si c’est encore le cas ici, ça reste beaucoup plus abouti dans ce domaine que le reste de sa filmographie… Et puis, son but reste de nous offrir des films familiaux à grand spectacle qui nous envoie des émotions en pleine face, et de ce côté-là, c’est une véritable réussite. Certains, lui reproche son côté réécriture de Roméo et Juliette, mais pourtant c’est pour moi la plus grande idée du film. Le fait d’intégrer la « petite » histoire à la « grande », lui permet de nous faire voyager sur ce navire de la première à la troisième classe en nous faisant passer par les salles des machines. Et puis, il faut dire qu’il a aussi été aidé par son casting impressionnant. Avec bien sur Leonaro Dicaprio et Kate Winslet, qui prouvaient déjà à l’époque leur immense talent qui en aura fait deux des comédiens les plus talentueux de leur époque. Car clairement, l’alchimie entre les deux fonctionne à merveille, et ce n’est pas étonnant que Sam Mendes ait aussi fait appel à eux pour son bijou LES NOCES REBELLES. Ils enchainent les scènes, souvent touchantes, mais aussi parfois extrêmement poétiques et plus surprenant, très drôles. Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur un film que la plupart a surement déjà vu, sauf que si vous n’avez pas vu ce film en salle, alors vous n’avez jamais réellement vu ce chef d’œuvre du cinéma… Et dans ce cas : FONCEZ !!! Partager

  • Un cri brûlant pour la liberté d’informer.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle FEMME NON-RÉÉDUCABLE Un cri brûlant pour la liberté d’informer. FEMME NON-RÉÉDUCABLE ❤️❤️❤️💛 Un cri brûlant pour la liberté d’informer. Au centre de la scène, une cible… Quoi de plus symbolique pour introduire ce spectacle qui dresse le portrait d’Anna Politkovskaïa, journaliste et militante des droits de l’homme. Elle s’est battue sans relâche pour dénoncer l’horreur du conflit tchétchène, s’attirant l’inimitié des deux camps, jusqu’à son assassinat… le jour de l’anniversaire de Vladimir Poutine. Le spectacle pourra en dérouter certains par son approche documentaire et didactique, mais il dégage une puissance remarquable. Il rend un hommage saisissant à cette femme dont le courage n’avait d’égal que son altruisme. La scénographie ingénieuse nous fait voyager à travers les moments clés de son combat, sans jamais perdre le spectateur, grâce notamment aux titres projetés en fond de scène. Le texte dénonce la corruption, la violence et l’horreur de la guerre. Il résonne avec force face à l’actualité et à la multiplication des conflits à travers le monde. Les scènes s’enchaînent et provoquent souvent la sidération : des attentats de Grozny à l’interview glaçante du Premier ministre tchétchène, en passant par une troublante séquence de série télévisée, la pièce enchaine les moments tétanisants. Le texte témoigne de la corruption, la violence et l’horreur de la guerre, et résonne fortement avec l’actualité et les différents ses conflits. Les scènes s’enchainent et provoque souvent la sidération. Que ce soit, les attentas de Grozny, l’interview du premier ministre Tchétchène ou cette série télévisée, la pièce enchaine des moments tétanisants. Caroline Rochefort, déjà nommée Révélation féminine aux Molières 2022, confirme ici tout son talent. Elle incarne Anna Politkovskaïa avec une intensité et une humanité impressionnante. À ses côtés, Pierre Berçot interprète l’ensemble des autres rôles avec justesse et sobriété. J’ai été fasciné, suspendu à leurs lèvres, découvrant un conflit et une femme que je ne connaissais finalement que très peu. Ensemble, ils nous bouleversent et offrent un moment théâtral d’une rare intensité. Plus qu’un spectacle, c’est un vibrant hommage à une femme d’un courage exceptionnel, et à la liberté de la presse. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Charlotte Le Bon en route vers son César ?

    Découvrez notre critique du film NIKI . Charlotte Le Bon en route vers son César ? NIKI ❤️❤️❤️💛 Charlotte Le Bon en route vers son César ? Le biopic n’est pas un genre cinématographique que j’affectionne particulièrement. Au-delà de l’aspect didactique, ce sont souvent des films « Wikipedia » qui se contentent de dérouler un cours magistral, avec une tendance fréquente à glorifier le personnage... Mais NIKI ne fait pas partie de cette catégorie. Il est vrai que je connaissais assez peu Niki de Saint Phalle, et j’ai donc découvert sa vie sur grand écran. Le film se concentre exclusivement sur sa jeunesse, avant qu’elle n’explose aux yeux du grand public. Le choix radical de ne jamais montrer les œuvres de l’artiste, imposé par des problèmes de droits, s’avère finalement extrêmement judicieux. Il permet au film de se consacrer à l’acte de création et, surtout, à son personnage. Et c’est là que le plus grand atout du film entre en jeu : Charlotte Le Bon. Elle est solaire, omniprésente à l’écran, et elle imprègne la pellicule. Elle livre une prestation aussi complexe que la personnalité de son personnage, qui lutte constamment contre ses pulsions et ses traumatismes, pour mieux s’émanciper et libérer son art. Charlotte Le Bon déploie une palette d’émotions impressionnante, alliant vulnérabilité et force, avec des ruptures de rythme saisissantes. J’ai été littéralement hypnotisé par son interprétation. Mais le film ne s’appuie pas uniquement sur son actrice principale et n’oublie jamais de faire du cinéma. Il y a un vrai travail sur le cadrage, avec notamment des split-screens judicieux qui racontent toujours quelque chose à travers l’image. Le film exploite également beaucoup le hors-champ, que ce soit pour les œuvres de l’artiste ou pour son traumatisme. Au final, plus qu’une simple découverte de la vie d’une artiste, j’ai vécu un vrai bon moment de cinéma. Un film qui pourrait bien propulser Charlotte Le Bon aux Césars… Partager

  • Une fresque ambitieuse qui nous rappelle l’importance de la parole donnée.

    Découvrez notre critique du film LES MISÉRABLES . Une fresque ambitieuse qui nous rappelle l’importance de la parole donnée. LES MISÉRABLES ❤️❤️❤️💛 Une fresque ambitieuse qui nous rappelle l’importance de la parole donnée. Après Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo , le cinéma français s’attaque à un autre monument de la littérature avec Les Misérables . Un nouveau défi que Fred Cavayé relève avec une adaptation ambitieuse du chef-d’œuvre de Victor Hugo. Les moyens sont au rendez-vous : décors soignés, costumes travaillés et une véritable volonté de donner vie à cette fresque historique. Avec près de trois heures au compteur, impossible évidemment de tout raconter. Cavayé est donc contraint de faire des choix, de condenser certains passages et de prendre quelques libertés avec le texte original . Mais il parvient à en tirer une grande fresque romanesque, portée par des destins qui s’entrecroisent et des thèmes toujours aussi puissants : la rédemption, la misère, la justice et le libre arbitre. Mais Les Misérables , c’est avant tout l’histoire d’un homme qui tient sa parole. Jean Valjean prend un engagement et s’y tient, quitte à bouleverser sa propre existence. Dans un monde où les promesses se font et se défont au gré des intérêts, cette fidélité à la parole donnée prend une résonance particulière. Le film rappelle combien cet engagement, qui devrait être une évidence, semble devenu rare . Ces misérables ne sont pas seulement ceux que la société condamne à la pauvreté. Tous les personnages, à leur manière, sont prisonniers de leur condition et cherchent une issue . Certains tentent de se racheter, d’autres de survivre, de s’élever ou simplement de ne pas sombrer, quitte à écraser les autres au passage. C’est toute la richesse du récit : personne n'échappe vraiment à sa condition, mais chacun conserve une part de liberté dans la façon de l'affronter. Une galerie de destins qui donne toute sa portée humaine au récit et fait écho, deux siècles plus tard, à des préoccupations toujours aussi actuelles. Pour donner vie à cette galerie de personnages, le film s’appuie sur un casting quatre étoiles pleinement investi . Vincent Lindon impose sa présence en Jean Valjean, tandis que Tahar Rahim campe un Javert habité par ses convictions. Camille Cottin et Benjamin Lavernhe donnent une nouvelle dimension aux Thénardier. Noémie Merlant compose une Fantine bouleversante, tandis que Marie Colomb rend son personnage particulièrement touchant en lui insufflant une fragilité qui ne laisse pas indifférent. Cavayé ne se contente d’ailleurs pas de transposer Hugo à l’écran. Il s’autorise plusieurs libertés , notamment en étoffant le passé de Javert ou en faisant de Camille Cottin la véritable tête pensante du couple Thénardier. Des choix qui apportent un éclairage différent à certains personnages, même s’ils risquent de faire tiquer les puristes. Le film a beau avoir les moyens de ses ambitions, notamment avec ces centaines de figurants, il lui manque parfois une véritable signature visuelle . Tout est soigné, cadré, reconstitué, mais aussi un peu trop propre. Il manque cette crasse, cette promiscuité et cette brutalité qui auraient donné davantage de chair au Paris du XIXe siècle. Loin de l’atmosphère poisseuse et sensorielle du Parfum , Cavayé livre une fresque classique et efficace, mais qui tient parfois davantage de la belle illustration historique que d’une véritable plongée dans son époque. Deux siècles après Victor Hugo, les misérables n'ont pas disparu. Les inégalités demeurent, les destins se brisent et chacun cherche encore sa porte de sortie. C'est dans cette résonance contemporaine que le film trouve sa véritable force. Malgré une mise en scène parfois trop sage, Cavayé rappelle que les grands classiques ne survivent pas seulement par la beauté de leurs histoires, mais par leur capacité à parler de notre époque . Sans être irréprochable sur le plan formel, cette adaptation ambitieuse fait ainsi revivre le monument de Hugo avec générosité. Fred Cavayé privilégie le souffle romanesque, l’émotion et la force des destins, quitte à lisser un peu trop les aspérités de son univers . Mais son film remet au premier plan une idée aussi simple qu’essentielle : dans un monde où chacun semble avoir ses raisons de renier ses engagements, tenir parole reste une forme de courage. Sans être irréprochable dans sa mise en scène, cette adaptation ambitieuse a donc le mérite de faire revivre un monument littéraire avec générosité, en privilégiant le souffle romanesque, l’émotion et la force de son récit. Partager

  • L’amour dans tous ses éclats

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle RING L’amour dans tous ses éclats RING ❤️❤️❤️❤️ L’amour dans tous ses éclats Sur scène, le ring est délimité par un carré de plantes au milieu duquel trône un canapé. Un décor sobre dans lequel les saynètes disséquant le couple vont s'affronter au court de seize rounds. Humour, drame, tendresse, poésie, toute une pléiade d'émotions qui seront encaissés par le spectateur. Ici on ne va pas parler de l’histoire d’un couple en particulier mais de l’amour avec un grand A. Il sera question donc de l’amour sous toutes ses facettes. De la flamme des débuts à l’angoisse de devenir parents, de cette routine qui s'installe aux moments de doute, des non-dits, de l'angoisse d'être parents, de la jalousie, de séparation, des regrets... Forcément à un moment ou un autre le public ne peut que s’identifier à ce qui se passe sous ses yeux. Ainsi la pièce apportera des moments de rire, elle est souvent très drôle, mais aussi des moments beaucoup plus touchant, comme cette chorégraphie sur les "cris silencieux" qui m’a littéralement arraché les poils... Les comédiens sont au diapason. Jina Djemba illumine la scène et nous fait tomber instantanément sous son charme, et Amaury de Crayencour lui donne admirablement la réplique et ne cesse de m'impressionner à chaque fois que je le retrouve dans une nouvelle pièce. On croit à chaque version du couple qu'ils nous proposent et l'émotion en est décuplée. On notera aussi la beauté de la mise en scène avec notamment des transitions travaillées qui apportent une grande fluidité. On assiste aussi à quelques moments suspendus d'un onirisme rare. Léonore Cofino nous offre une ode à l'amour, avec ce qu'il a de plus beau, mais aussi ses travers, rappellant que l'amour n'est pas un conte de fée et la nécessité d'entretenir cette petite flamme si fragile, mais cruciale. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une promesse tenue… faire vaciller notre cœur…

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA PROMESSE DE L'AUBE Une promesse tenue… faire vaciller notre cœur… LA PROMESSE DE L'AUBE ❤️❤️❤️❤️ Une promesse tenue… faire vaciller notre cœur… Avec cette adaptation de La Promesse de l’aube , Tigran Mekhitarian poursuit un chemin artistique désormais bien affirmé : celui de se réapproprier les classiques de la littérature française . Après s’être emparé de Dom Juan et du Malade imaginaire , il s’attaque ici à un monument du patrimoine, le roman culte de La Promesse de l’aube signé Romain Gary. Un choix ambitieux, tant l’œuvre est dense, intime et profondément romanesque. La mise en scène, volontairement sobre, sans d’artifices superflus, pour mieux laisser toute la place au texte. Et au cœur du récit, il y a cet amour inconditionnel, presque démesuré, d’une mère prête à tout pour que son fils devienne un grand homme — une force motrice qui irrigue chaque instant du spectacle. Sur scène, Tigran Mekhitarian devient le narrateur de sa propre destinée. Il ne joue pas seulement Gary : il le raconte et le porte. Son phrasé si particulier — lent, parfois saccadé, mais d’une précision remarquable — peut d’abord surprendre. Pourtant, ce rythme singulier trouve peu à peu sa musicalité, presque scandée, aux airs de slam, qui vient amplifier la poésie du texte . Et derrière cette maîtrise formelle, il livre une incarnation d’une grande sensibilité, toute en retenue. Mais même si son interprétation est d’une efficacité redoutable, il y a tout de même ce sentiment de « déjà vu » qui s’installe, tant on est proche de ses personnages dans les œuvres de Molière… Mais la véritable révélation vient clairement de Delphine Husté. Même dans un rôle secondaire en apparence, elle impose une présence saisissante. Sa composition de cette mère envahissante, excessive, mais infiniment aimante, est magistrale . Elle ne se contente pas de jouer : elle se métamorphose. Au fil du spectacle, on a littéralement la sensation de la voir vieillir sous nos yeux, comme si le temps lui-même s’inscrivait dans son corps. Son amour débordant devient presque palpable, à la fois étouffant et bouleversant. À leurs côtés, Léonard Stefanica endosse tous les autres rôles avec une grande agilité, tout en enrichissant le spectacle d’une partition musicale délicate. Sa présence apporte des respirations, des instants suspendus, où la poésie surgit presque sans prévenir. Mais surtout, il y a cette émotion, diffuse au départ, qui s’installe doucement avant de gagner en intensité. Le spectacle navigue avec finesse entre la comédie et le drame, provoquant des rires sincères avant de serrer la gorge . Jamais il ne tombe dans le pathos que l’on pourrait redouter d’une telle histoire. Au contraire, il le contourne avec intelligence, préférant toujours la justesse à l’excès. Le spectateur se retrouve alors happé par ce destin hors du commun et surtout par cette relation fusionnelle entre une mère et son fils. À travers elle, la pièce aborde des thèmes universels : l’émancipation, la construction de soi, le poids et la force des liens familiaux. Et lorsque les lumières se rallument, difficile de ne pas sortir avec le cœur lourd et les yeux embués. Comme une urgence douce, presque intime, s’impose alors : celle de dire à sa mère à quel point on l’aime. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • LES CHOSES HUMAINES : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film LES CHOSES HUMAINES . LES CHOSES HUMAINES ❤️❤️❤️❤️ Alexandre est étudiant dans une grande université américaine. Lors d’un week-end à Paris, il rencontre Mila, la fille du nouveau compagnon de sa mère, qui l’accompagne à une soirée d’anciens étudiants. Le lendemain, la police débarque chez lui : Mila a déposé une plainte pour viol… Le film sera divisé en trois parties Lui, elle et le procès. Les deux premières vont prendre le temps de nous présenter les deux personnages avec un certain recul, mais en les traitants toujours sur un pied d’égalité. Même si dans un premier temps, on prend instinctivement parti pour Mila, au fur et à mesure des doutes nous assaillent et on est assez perturbé quand arrive le procès qui sera le plus grand segment de ce film et certainement la plus aboutie. Et c’est là que la mise en scène d’Yvan Attal prend toute son importance. Chaque intervenant sera filmé en plan séquence, se focalisant sur ce qu’il a à dire, sans nous monter les réactions des autres personnes. Ce qui donne au spectateur une immersion totale en le mettant à la place du juré pour se forger sa propre opinion sur ce terrible drame. Le procès est clairement un des plus passionnants que j’ai vu ces dernières années et on est suspendu à chaque mot. Au fur et à mesure, nos convictions s’envolent en éclats et on vient se demander qu’elle est la vérité, comment on aurait réagi à la place de la victime, bien sûr, mais aussi de l’accusé et de leur entourage. Il sera bien difficile pour le spectateur de se faire son propre jugement. La grande force du film, et certainement ce qui divisera une partie du public, est qu’il n’est jamais manichéen. Clairement dans l’air post #metoo, le film abordera les sujets du viol, du consentement et de cette fameuse zone grise, mais le fait avec intelligence. Alors certes, c’est perturbant, le spectateur ressent un malaise et il aurait préféré que les choses soit plus simple, mais au final c’est diablement efficace. Et à une époque où les gens ont tendance à tout de suite faire un lynchage public sur les réseaux sociaux l’impact du film est encore plus fort. Au niveau du casting, comme on pouvait s’y attendre avec les têtes d’affiches présentes, il y a du level. Mais c’est clairement les deux jeunes acteurs qui sortent du lot et surtout la jeune Suzanne Jouannet qui livre une prestation bouleversante. Et le fait d’avoir choisi une actrice jusqu’à maintenant inconnue et non identifiée pour ce rôle renforce l’impact qu’elle a sur nous en tant que « juré » de ce procès. Bref une très bonne surprise. Un film intelligent et nuancé dans ses propos, certes malaisant mais qui interrogera le spectateur et ne laissera pas indifférent. Partager

  • LES NUITS DE MASHHAD : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film LES NUITS DE MASHHAD . LES NUITS DE MASHHAD ❤️❤️❤️❤️ C’est un thriller, basé sur une histoire vraie, retraçant l’histoire d’un serial killer ayant décidé de «purifier» Mashhad des prostitués au nom de dieu. Il est réalisé par Ali Abbasi, un réalisateur Danois d’origine Iranienne. On comprend très vite pourquoi le film n’a pas été tourné en Iran, tant le film critiquera la misogynie extrême du peuple, la corruption de sa société et la façon dont elle a accouché d’un tel monstre. De même ce n’est pas anodin qu’un des premiers rôles soit campé par Zar Amir Ebrahimi, une Iranienne qui a été condamnée et a dû fuir son pays, suite à la divulgation d’une sextape. Elle y incarne même une journaliste dont le personnage fictif qui a été créé pour le film et qui en deviendra même la représentation de la misogynie subit par les femmes. Mais même si elle a un rôle central concernant la traque du tueur, le film surprendra en prenant le parti pris de faire du personnage du psychopathe son protagoniste, incarné par un Mehdi Bajestani glaçant. La première partie est un thriller très cru et naturaliste. Il mettra constamment le spectateur dans une situation de malaise, jusqu’à filmer les meurtres de façon très crue et frontale, mais sans jamais être dans la complaisance, en montrant justement ce que la société ne voulait pas voir à l’époque. Mais le film prendra réellement son envol dans sa deuxième partie après un virage assez surprenant (j’aurais d’ailleurs même aimé que le film s’attarde plus sur cette partie). Il deviendra même passionnant par le regard qu’il porte sur la société Iranienne et pouvoir de masse qu’une religion peut avoir sur le peuple. En ce sens, il rappelle la très bonne série SUR ORDRE DE DIEU, où il est aussi question de féminicide et de la place de la femme dans une communauté mormons. Bref un triller extrêmement efficace et perturbant. Un film qui fera se questionner le spectateur et clairement ne le laissera pas indemne, à l’image de sa scène finale aussi terrifiante que lourde de sens… Partager

  • Vous prendrez bien une tranche de rire avec ça ?

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle UNE BONNE BIÈRE Vous prendrez bien une tranche de rire avec ça ? UNE BONNE BIÈRE ❤️❤️❤️❤️ Vous prendrez bien une tranche de rire avec ça ? En général, la comédie est un genre qui me fait un peu peur au Festival d’Avignon. Il faut dire que, comme au cinéma, je ne suis pas amateur de l’humour potache, alors que ce type de spectacle remplit les salles. Et Une bonne bière , avec son affiche et son nom en lettres capitales jaunes sur fond bleu, semblait tout droit sorti de cette catégorie. Mais on me l’a conseillé et il y a des noms sur l’affiche que je connais, donc j’ai fini par pousser la porte. Et quelle bonne idée !!! J’ai vraiment passé un très bon moment. La pièce m’a offert de bonnes barres de rire. Son secret : choisir un thème fort et universel et surtout des dialogues ciselés et une belle galerie de personnages. On est ici dans une pièce humoristique qui rappelle le style du Splendid. Les jeux de mots et les blagues fusent avec un sens du rythme comique parfaitement maîtrisé. Ces trois frères et cette sœur vont déterrer les secrets de famille pour notre plus grand bonheur, et surtout l’écriture prend le temps de développer ses personnages. Le talent des comédiens fait le reste. Le quatuor fonctionne à merveille. Marie Le Cam, dont la froideur et la justesse sont savoureuses. Xavier Martel, à mourir de rire dans son rôle de catholique coincé. Jérémy Malaveau, dans ce rôle de comédien raté qui enchaîne les punchlines. Et évidemment, Gilles Dyrek, irrésistible, pour qui le public aura forcément une tendresse particulière. Ensemble, ils nous proposent une pièce à l’humour caustique ravageur mais aussi quelques moments plus tendres. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • BIEN AU DESSUS DU SILENCE critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle BIEN AU DESSUS DU SILENCE BIEN AU DESSUS DU SILENCE ❤️❤️❤️ Je suis allé voir ce spectacle intrigué par le projet, car on a affaire ici à de la poésie théâtralisée. Mais même on ne suit pas réellement une histoire, le choix judicieux des textes fait en sorte que ça raconte tout de même quelque chose. Car quel que soit l'époque d'où sont tirés les dizaines de poèmes, ils résonneront énormément avec notre société actuelle, en abordant des thèmes comme la misère, le racisme, le sexisme, la résistance... Et si le tout fonctionne aussi bien, c'est en grande partie grâce aux cinqs comédiens dont le jeu transcende les textes et dégage énormément d'humanité de l'ensemble. On notera aussi les quelques chorégraphies d'une puissance rare mettant un point d'orgue à cet ovni théâtral, pour le bonheur des amateurs de poésie. Et à en voir les applaudissements et une partie du public debout, ils étaient nombreux aujourd'hui... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Moderne, malin, hilarant : Fêlures bouscule les codes et régale

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle FÊLURES Moderne, malin, hilarant : Fêlures bouscule les codes et régale FÊLURES ❤️❤️❤️❤️ Moderne, malin, hilarant : Fêlures bouscule les codes et régale Chaque année, le Festival OFF est aussi l’occasion de découvrir de nouvelles troupes qui viennent marquer durablement mon parcours de spectateur. Et cette année, Anthony Dubos et sa bande s’imposent sans hésitation dans cette catégorie. Dès les premières minutes, Fêlures frappe fort avec une proposition hybride mêlant théâtre et cinéma, pour offrir une expérience résolument moderne . Et le ton est donné immédiatement : la pièce démarre sur les chapeaux de roue avec une ouverture terriblement efficace, qui capte l’attention et annonce d’emblée la couleur. Ici, la vidéo est loin d’être un simple gadget : elle fait partie intégrante du spectacle . Fêlures crée un véritable dialogue entre les codes du cinéma et ceux du théâtre… dont les comédiens sortiraient littéralement de l’écran pour prendre vie sous nos yeux. Le procédé devient particulièrement bluffant lorsque les actions à l’image et sur scène se synchronisent avec précision, créant des effets d’une fluidité saisissante. Ce parti pris est renforcé par une scénographie épurée, dominée par cet écran central , véritable pivot du spectacle. Autour de lui, quelques éléments modulables suffisent à installer les espaces et à soutenir un rythme soutenu. Ce minimalisme sert pleinement la narration et accentue encore cet équilibre entre cinéma et théâtre. La construction du récit, elle aussi, emprunte au langage cinématographique. Non linéaire, découpée en chapitres, elle n’est pas sans rappeler certains films à la narration éclatée, où plusieurs trajectoires finissent par se percuter au cours d’une même nuit. Trois histoires, trois destins, qui s’entrecroisent progressivement dans une mécanique aussi ludique qu’efficace . Et pourtant, à trop vouloir souligner l’inventivité formelle du spectacle, on en oublierait presque l’essentiel : Fêlures est avant tout une comédie hilarante . L’écriture fait mouche, le sens du timing est redoutable, et les répliques s’enchaînent à un rythme effréné… tout comme les éclats de rire dans la salle. Cette efficacité est portée par une troupe visiblement heureuse d’être sur scène, dont l’énergie et le plaisir de jeu deviennent rapidement communicatifs, créant un véritable lien avec le public. Mais derrière les rires, la pièce laisse aussi apparaître ses aspérités. Car ces fameuses “fêlures” donnent au spectacle une profondeur inattendue . Les trois récits ont en commun ces personnages jeunes, un peu paumés, qui font des choix discutables pour tenter de s’en sortir. Des décisions jamais glorifiées, et dont les conséquences viennent constamment les rattraper, apportant au récit une gravité inatendue. On pourra toutefois noter un léger déséquilibre dans la tonalité de l’humour entre les différents arcs narratifs. Là où le duo masculin assume pleinement un registre burlesque — deux véritables pieds nickelés, accumulant les bourdes avec une efficacité comique redoutable — le duo féminin adopte une approche plus grave . Sans être dénué d’humour, leur parcours apporte une densité émotionnelle qui contraste avec l’énergie plus débridée de leurs homologues masculins. Enfin, malgré une première mise en scène impressionnante de maîtrise et d’ambition, tout n’est pas encore parfaitement abouti. On pourra notamment regretter un mixage sonore parfois inégal sur les parties vidéo, ainsi qu’un antagoniste au traitement un peu caricatural, dont l’arc apparaît moins abouti que le reste. Mais cela reste finalement secondaire au regard de la générosité de l’ensemble. Car Fêlures séduit par son audace, son inventivité et le plaisir évident qu’il procure . Une proposition hors normes, portée par une jeune troupe à suivre de très près, et que je vous invite vivement à découvrir. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une scénographie dingue pour faire revivre un destin hors du commun.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA FEMME QUI N'AIMAIT PAS RABBI JACOB Une scénographie dingue pour faire revivre un destin hors du commun. LA FEMME QUI N'AIMAIT PAS RABBI JACOB ❤️❤️❤️💛 Une scénographie dingue pour faire revivre un destin hors du commun. Avec La Femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob , Jean-Philippe Daguerre nous raconte une histoire vraie aussi méconnue qu’étonnante . On y découvre le destin tragique de Danielle Cravenne, dont le geste radical interroge notre rapport à l’idéalisme politique et aux convictions que l’on est prêt à défendre. On est d’ailleurs surpris qu’un fait divers aussi sidérant ne soit pas davantage connu, tant cette histoire mérite d’être racontée. Visuellement, le spectacle est une véritable claque. La scénographie, complètement folle , s’appuie sur des écrans mobiles qui transforment l’espace et nous font passer d’un lieu à l’autre avec une fluidité bluffante. Le rendu est tout simplement dingue et participe pleinement à l’immersion. Côté interprétation, Charlotte Matzneff m’a particulièrement impressionné. Si, dans un premier temps, elle semble enfermée dans un rôle de femme un peu nunuche, la comédienne révèle une tout autre dimension dès que le registre devient plus dramatique . Elle se montre alors bluffante, notamment lors d’un discours antipatriarcal sidérant, où elle donne toute la mesure de son talent. Julien Cigana mérite également d’être salué pour son interprétation de Louis de Funès. Il parvient à évoquer la personnalité et l’énergie du comédien sans se contenter d’une simple imitation, et offre une scène caricaturale aussi assumée qu’hilarante . Malgré toutes ces qualités, j’ai trouvé que la pièce mettait un certain temps à démarrer , avec un long temps d’exposition. Dans un premier temps, si on ne connait pas la finalité de l’histoire, les motivations du personnage restent difficiles à saisir, ce qui retarde notre implication émotionnelle. On observe davantage qu’on ne ressent, alors même que le destin de Danielle Cravenne possède un potentiel dramatique considérable. Heureusement, la deuxième partie m’a véritablement emporté . Le récit prend une tout autre ampleur et nous confronte à la trajectoire tragique de cette femme, à ses convictions et aux conséquences de son engagement. Mais la pièce ne se contente pas de raconter un destin hors du commun : elle nous interroge aussi sur la manière dont cette tragédie s’est résolue. Les circonstances de son issue soulèvent des questions troublantes et donnent à cette histoire une résonance qui dépasse largement le simple fait divers. Au final, malgré un démarrage poussif, le spectacle a fini par me happer . Porté par une scénographie spectaculaire et des interprétations convaincantes, il ressuscite une histoire oubliée qui laisse un goût amer et de nombreuses questions. Car derrière l'idéalisme de Danielle Cravenne se dessine aussi une interrogation vertigineuse : jusqu’où peut-on aller au nom de ses convictions, et comment une société répond-elle à ceux qui prétendent vouloir changer le monde ? Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

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